« Je ne sors pas avec des hommes qui veulent des enfants » : à 29 ans, elle se fait stériliser et ne regrette rien

Choisir de ne jamais avoir d’enfants, c’est une chose. Le faire graver dans son corps à 29 ans, c’en est une autre. Katija Cortez, mannequin et influenceuse australienne, a franchi le pas il y a un an en optant pour une stérilisation définitive. Son parcours, entre effets secondaires dévastateurs de la contraception et refus médicaux en série, raconte bien plus qu’un choix individuel.
Katija Cortez : 13 ans de contraception hormonale, puis le déclic
Depuis ses 16 ans, Katija utilisait une contraception hormonale. Pendant plus d’une décennie, ses implants successifs n’ont posé aucun souci. La routine d’une jeune femme qui gère sa fertilité comme des millions d’autres dans le monde.
Mais en 2025, tout bascule. Après la pose d’un nouvel implant, son corps déraille. Insomnie, épuisement chronique, brouillard mental, fringales incontrôlables, saignements fréquents. En quelques semaines, son quotidien devient invivable. Elle qui vivait à Sydney avec une santé qu’elle pensait solide se retrouve incapable de fonctionner normalement.
Pendant deux mois, les médecins multiplient les tests. Résultat : rien. Aucun diagnostic. « Personne ne m’a jamais suggéré que ma contraception pouvait en être la cause », confie-t-elle au quotidien britannique Metro. Un aveu qui en dit long sur la façon dont certains symptômes féminins restent invisibilisés par le corps médical.
La suite lui donne raison de façon spectaculaire. Après le retrait de l’implant — une intervention qu’elle décrit comme « très traumatisante » — tous ses symptômes disparaissent en moins de 24 heures. Pour Katija, le verdict est sans appel : elle en a définitivement fini avec la contraception hormonale. Mais alors, que faire quand on sait qu’on ne veut pas d’enfants et qu’on refuse de dépendre d’une pilule ou d’un implant ?
Se faire stériliser à 29 ans : le parcours du combattant
La réponse de Katija est radicale, assumée et mûrement réfléchie : la stérilisation définitive. Pas une ligature, mais un retrait complet des trompes, rendant la procédure irréversible. Un choix qu’elle porte depuis toujours. « J’ai toujours su ce que je voulais », explique-t-elle.
Son médecin traitant la soutient. Mais il la prévient aussi : trouver un professionnel prêt à pratiquer l’opération sera compliqué. La raison ? Elle est « jeune, célibataire et sans enfants ». Trois mots qui, dans le monde médical, fonctionnent encore comme un mur. Beaucoup de praticiens lui posent la même question : et si un futur partenaire voulait des enfants ?
La réponse de Katija claque : « Je ne sors pas avec des hommes qui veulent des enfants. C’est une question que je pose dès le premier rendez-vous. » Pas d’ambiguïté, pas de place au doute. Après des mois d’attente et de rendez-vous, elle finit par obtenir le droit de disposer de son corps comme elle l’entend.
Son témoignage pose une question qui dépasse largement son cas personnel. Pourquoi une femme de 29 ans doit-elle se battre pendant des mois pour une décision qui ne concerne qu’elle ?
« La santé des femmes et le droit de choisir de ne pas avoir d’enfants ne sont tout simplement pas assez discutés », insiste-t-elle. Surtout quand on est célibataire, ajoute-t-elle — comme si l’absence d’un homme dans l’équation rendait la décision encore plus suspecte aux yeux du système en place.

Zéro regret : ce que la stérilisation a changé dans sa vie
Assumer un choix médical lourd devant le monde entier, ça demande du cran. En pleine convalescence, Katija souffre encore de fatigue, de douleurs et de crampes. Mais une chose ne vacille pas : sa certitude.
Elle ne regrette rien. Pas une seconde. Au contraire, elle affirme que cette décision a transformé sa vie sentimentale. Désormais, elle fréquente des hommes qui correspondent exactement à ce qu’elle recherche. Plus besoin de négocier, de justifier, de s’excuser. Le filtre est posé, clair et net, dès la première conversation.
Ce qui frappe dans le parcours de Katija Cortez, c’est la cohérence. Entre ses 16 et 29 ans, elle a testé la contraception hormonale sans broncher. Quand son corps a dit stop, elle a écouté. Quand la médecine a freiné, elle a insisté. Et quand la société lui a demandé de douter, elle a tenu bon.
Son témoignage résonne particulièrement à une époque où le droit des femmes à disposer de leur corps fait l’objet de débats violents dans plusieurs pays. En Australie comme ailleurs, la stérilisation volontaire reste un tabou, surtout pour les femmes sans enfants.
Un corps, un choix, zéro regret : Katija Cortez prouve qu’une femme de 29 ans peut savoir exactement ce qu’elle veut — et l’obtenir. Reste une question inconfortable : pourquoi faut-il encore autant de courage pour faire accepter un « non » définitif à la maternité ?