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Véronique Jannot à nouveau mere à 68 ans : ce que la science dit vraiment sur l’âge idéal pour être parent

Publié par Ambre Détoit le 09 Juin 2026 à 6:34

Devenir parent après 60 ans, c’est encore un tabou en France. Les regards en coin, les remarques déguisées en bienveillance, les jugements à peine voilés. Pourtant, Véronique Jannot vient de prouver que la parentalité n’a pas de date de péremption. Et la science lui donne plutôt raison.

veronique jannot maman pour la seconde foiss - copie

L’actrice a annoncé l’adoption de Nyima, à 68 ans. Une décision qui relance un débat vieux comme le monde : existe-t-il vraiment un âge idéal pour élever un enfant ? Les réponses des spécialistes vont peut-être bousculer quelques certitudes.

Véronique Jannot, mère pour la deuxième fois à 68 ans

Déjà mère de Migmar, adoptée en 2014, Véronique Jannot n’en est pas à son premier parcours d’adoption. Cette fois, elle a donné un cadre légal à une relation qui existait déjà depuis plusieurs années avec Nyima. Pas un coup de tête, donc. Plutôt l’aboutissement d’un lien construit patiemment, loin des projecteurs.

Ce geste remet en lumière une réalité que beaucoup préfèrent ignorer : les parcours familiaux se sont considérablement diversifiés. Adoption, familles recomposées, accueil d’un proche — les configurations familiales ne suivent plus un modèle unique. Le schéma « études, mariage, bébé à 30 ans » appartient de plus en plus au passé.

Et pourtant, les préjugés résistent. Dans l’imaginaire collectif, un parent de 68 ans, c’est forcément un grand-parent. Pas quelqu’un qui change des couches ou aide aux devoirs. Cette vision normative colle à la peau de celles et ceux qui osent sortir du cadre. Véronique Jannot, elle, n’a pas attendu l’approbation générale pour agir.

Son histoire pose une question simple mais dérangeante : qui décide qu’un adulte est « trop vieux » pour aimer un enfant comme un parent ? Mais au-delà du cas particulier, la recherche en psychologie a des réponses bien plus nuancées qu’on ne l’imagine.

Ce que les psychologues disent vraiment de la parentalité après 50 ans

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, être parent sur le tard n’est pas synonyme de relation fragile. Plusieurs travaux sur la parentalité tardive montrent même le contraire. L’avancée en âge s’accompagne souvent d’une meilleure disponibilité émotionnelle, d’une stabilité affective plus solide et d’un rapport moins crispé à la « réussite parentale ».

La maturité émotionnelle est l’un des premiers avantages cités par les spécialistes. Avec les années, on se connaît mieux. On a traversé des épreuves, appris à gérer ses émotions. Les injonctions sociales qui écrasent parfois les jeunes parents pèsent moins lourd quand on a passé la cinquantaine.

La pédopsychiatre Myriam Szejer l’expliquait dans Le Monde : « Autrefois, le petit dernier était un bâton de vieillesse. Aujourd’hui, ces enfants garantissent à leur parent une forme de jeunesse, une possible immortalité. » Une vision qui renverse complètement le regard habituel.

Autre atout considérable : le rapport au temps. Quand la carrière professionnelle est stabilisée ou moins centrale, les priorités changent. Les moments partagés avec l’enfant prennent une valeur particulière. La qualité du lien devient la vraie boussole, pas la performance. De nombreux parents tardifs décrivent d’ailleurs un sentiment de présence bien plus fort que celui qu’ils auraient pu offrir vingt ans plus tôt.

Alors, parentalité tardive rime avec sérénité ? Pas tout à fait. Car il y a aussi l’autre face de la médaille.

Mains entrelacées d'un parent et d'un enfant sur une table

L’angoisse du temps qui passe : le revers dont personne ne parle

La question de la santé et du temps reste la préoccupation majeure des parents devenus parents après 50 ou 60 ans. Serai-je là assez longtemps ? Cette conscience aiguë de la finitude peut générer de l’anxiété, voire un sentiment d’urgence qui pousse à vouloir tout transmettre, tout sécuriser, tout anticiper.

Il y a aussi le poids du regard social. Les remarques sur l’âge, les stéréotypes, les jugements de ceux qui ne comprennent pas. Les représentations sociales restent très normatives, alors même que la réalité des familles a explosé tous les cadres.

Mais les spécialistes sont formels sur un point : l’âge ne suffit pas à prédire la qualité de la relation parent-enfant. Ce qui compte vraiment, c’est la disponibilité émotionnelle, l’écoute, la stabilité et la capacité à répondre aux besoins de l’enfant. Il n’existe pas d’âge universellement idéal pour devenir parent. Il existe surtout des contextes différents, avec leurs forces et leurs fragilités.

L’histoire de Véronique Jannot le résume parfaitement. Son adoption de Nyima n’est pas un acte impulsif à 68 ans. C’est l’officialisation d’un lien déjà profond, tissé année après année. La preuve que la parentalité ne se résume ni à la biologie, ni à une date sur un acte d’état civil.

Un enfant a besoin d’un parent présent — pas forcément d’un parent jeune. C’est peut-être la leçon la plus simple et la plus puissante de cette histoire. Et vous, à quel âge pensez-vous qu’on est vraiment « prêt » à être parent ? La réponse pourrait bien en dire plus sur nos préjugés que sur nos capacités.

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