« Ça faisait un moment » : Arthur Fils avoue une lourde panne face à Berrettini à Wimbledon

Wimbledon, le rêve d’une percée sur gazon, et puis ce coup d’arrêt en pleine lumière du Centre Court. Arthur Fils y jouait son tout premier match sur ce court mythique, face à un adversaire coriace, Matteo Berrettini. Sauf que rien ne s’est passé comme prévu : le Français a livré une prestation qu’il a lui-même du mal à s’expliquer, et son verdict d’après-match sonne comme un aveu rarement entendu dans sa bouche.
Une désillusion inattendue sur le Centre Court
Arthur Fils abordait ce deuxième tour avec l’ambition de confirmer son statut de valeur montante du tennis français. Face à lui, un finaliste de Roland-Garros habitué des grands rendez-vous : Matteo Berrettini, spécialiste reconnu du gazon.
Le début de match laissait pourtant entrevoir une belle bataille. « J’ai plutôt bien débuté la partie, j’ai eu une balle de break d’entrée, c’était pas mal », confie le Tricolore. Mais cette dynamique positive n’a pas tenu la distance face à la puissance de service de l’Italien.
Passé ce premier élan, les sensations se sont dégradées au fil des jeux. Arthur Fils l’admet sans détour : il n’a jamais réussi à trouver ses marques sur cette surface si particulière, où chaque échange se joue à la vitesse de la balle et du geste.
Un constat frustrant, quand on sait à quel point ce court représentait une étape symbolique de sa jeune carrière, un peu comme ces moments où l’on découvre un territoire inconnu et qu’on peine à s’y repérer.
Le retour, ce secteur habituellement solide qui a craqué
Ce qui frappe le plus dans l’analyse du joueur, c’est la panne d’un secteur qu’on lui connaît d’ordinaire performant : le retour de service. « D’habitude vous retournez bien, là vous avez eu du mal », lui fait-on remarquer en conférence de presse.
Sa réponse est limpide et sans excuse facile. Matteo Berrettini a multiplié les prises de balle identiques, brouillant totalement ses repères. « Je ne savais pas trop où me positionner. Ça, je l’ai mal géré », reconnaît Arthur Fils, évoquant un entre-deux permanent : ni assez agressif pour prendre l’initiative, ni assez reculé pour temporiser.
Ce flottement tactique, rare chez lui, en dit long sur l’ampleur de la pression exercée par l’Italien. Un rythme de service quasi identique à chaque fois, difficile à décrypter, un peu à la manière d’un algorithme imprévisible qui déjoue toutes les certitudes. « Il y en a pas mal qui m’échappent et qui normalement ne m’échappent pas », lâche-t-il, presque incrédule face à sa propre performance.

Le rythme de compétition, l’explication qui revient sans cesse
Au-delà du contexte tactique, Arthur Fils pointe une raison plus profonde à cette contre-performance : le manque de matches joués récemment. « Ce n’est jamais facile de revenir après une période sans jouer, il faut retrouver le rythme », explique-t-il, avant d’ajouter une phrase révélatrice : « Ça faisait un moment que je n’avais pas raté autant. »
Cet aveu, rare dans sa spontanéité, résume tout le paradoxe de cette défaite. Le Français avait des occasions à saisir, il le sait. « Il y a peut-être certaines occasions que je n’aurais pas manquées il y a quelque temps », admet-il, conscient que sa forme actuelle ne lui a pas permis de convertir les moments clés du match.
Physiquement, pourtant, tout semble aller pour le mieux. « Je me sens bien, tout va bien, pas de douleur, les voyants sont au vert », précise-t-il, écartant toute inquiétude médicale. C’est bien un déficit de jeu et de repères qui explique cette sortie prématurée, pas un souci physique. Un constat qui rassure sur le plan de la santé, même si l’ambition sportive, elle, a pris un sérieux coup dans l’aile ce jeudi.
Reste maintenant à transformer cette désillusion en tremplin. Arthur Fils l’a lui-même formulé : « C’est une défaite qui va me permettre de grandir », même si « elle n’est pas facile à avaler maintenant ». Le prochain rendez-vous du Français dira si cette leçon londonienne aura porté ses fruits, ou si le doute s’installe durablement dans son jeu.