« Un jeune pacifié, sans jamais faire de disgusto » : un basketteur de 24 ans meurt en plein match, sous les yeux de ses proches

Un match de quartier comme il s’en joue des milliers chaque week-end en République dominicaine. Des amis, des voisins, une cancha bondée un vendredi soir. Et puis, en une fraction de seconde, tout bascule.
Le pays entier retient son souffle depuis ce drame survenu en pleine compétition amateur. Ce que sa famille a révélé dans les heures qui ont suivi va bouleverser bien plus que sa seule commune.
Un vendredi soir de Torneo Municipal qui vire au drame
La scène se déroule le vendredi 10 juillet, à Villa Altagracia, dans la province de San Cristóbal. C’est là que se joue une rencontre du Torneo Municipal de Baloncesto, ce championnat local de basket qui fait vibrer les quartiers populaires du pays chaque été, un peu comme certains tournois régionaux rassemblent les habitants en France.
Eddi Manuel de Jesús Robles, 24 ans, porte les couleurs de son équipe, Las Estrellas del INVI, face au club La Tribu de Pajarito. Le jeune homme, surnommé affectueusement « Eddi el Yaniquequero » par son entourage, est un habitué de la cancha du quartier.
Et puis, en plein effort, il s’effondre. Sans prévenir. Le match s’arrête net, les joueurs se figent, et c’est la panique qui gagne le public venu assister à ce simple tournoi de rue.
Des proches se précipitent immédiatement pour lui porter secours, pendant qu’on attend les secours d’urgence. Le genre de scène qu’on espère ne jamais vivre, mais qui rappelle à quel point le corps peut lâcher sans le moindre signal préalable, un peu comme ces drames évoqués récemment autour des alertes sanitaires de l’été.
Malgré les secours, le verdict tombe en quelques minutes
Les secouristes arrivent rapidement sur place et tentent de réanimer le jeune sportif avant de le transporter en urgence vers un centre médical. Mais le pronostic est sombre dès les premières minutes.
Son décès est confirmé peu après son arrivée à l’hôpital. Les causes exactes n’ont, à ce stade, pas été établies de manière officielle par les autorités sanitaires dominicaines.
Les premières hypothèses évoquées par l’entourage médical pointent vers un possible infarctus fulminant, un scénario qui reste malheureusement fréquent chez de jeunes sportifs en apparence en pleine forme. Ce type d’événement soudain, sans antécédent connu, questionne régulièrement la médecine sur les limites du dépistage cardiaque chez les athlètes amateurs.
La nouvelle se propage à toute vitesse dans la petite ville de Villa Altagracia, où tout le monde semble connaître Eddi Manuel de Jesús. Un basketteur discret, apprécié, dont la disparition brutale laisse une communauté entière sous le choc, un traumatisme qui rappelle d’autres drames qui secouent des villages entiers en quelques heures.

Le baseball abandonné pour une simple passion
Le lendemain, entre les larmes et les embrassades, la famille du jeune homme ouvre sa porte à ceux qui viennent partager leur peine. Son père, José Altagracia de Jesús, dresse le portrait d’un fils sans histoires : « un jeune pacifique et entièrement dévoué à sa routine : le travail, la maison et le basket, sans jamais causer de souci à personne ».
Mais c’est sa grand-mère, Ana Luisa Candelario, qui livre le détail le plus touchant de cette histoire. Avant de se consacrer au basketball, Eddi Manuel pratiquait le baseball, sport roi en République dominicaine et voie royale vers les grandes ligues américaines.
Il avait même été à deux doigts d’être recruté par un club professionnel. Un rêve que beaucoup de jeunes dominicains poursuivent avec acharnement, tant le baseball peut ouvrir les portes d’une carrière lucrative à l’étranger.
Pourtant, Eddi a fait un choix radical : renoncer à cette opportunité pour suivre sa véritable passion, celle qui l’attendait sur les terrains de basket de son quartier. Un choix de cœur, loin des calculs de carrière, qui résume à lui seul la personnalité de ce jeune homme.
La nouvelle a également résonné jusqu’aux plus hautes sphères du sport dominicain. Le ministre des Sports, Kelvin Cruz, a publiquement exprimé ses condoléances sur les réseaux sociaux, mettant les services de son ministère à la disposition de la famille endeuillée.
Dès le samedi matin, amis, voisins et proches ont afflué vers la maison familiale pour rendre un dernier hommage à Eddi Manuel. Les funérailles se tiendront à Villa Altagracia, sa ville natale, celle où il a grandi et découvert sa passion pour le sport qui l’aura finalement emporté.
Une passion choisie contre toute logique de carrière, et qui restera, jusqu’au bout, sa véritable identité. Villa Altagracia pleure aujourd’hui bien plus qu’un athlète : un fils, un voisin, un jeune homme sans histoires parti bien trop tôt.