Réveillés en pleine nuit par les contrôleurs antidopage, des coureurs du Tour dénoncent une injustice qui vise un Français précis
Le Tour de France 2026 vit sous haute tension. Depuis 72 heures, les contrôleurs de l’ITA multiplient les visites nocturnes au sein du peloton, sans prévenir personne. Résultat : des coureurs sortis du lit en pleine nuit, une colère qui monte, et une accusation qui tombe sur un jeune espoir français.
Des réveils à 2h du matin qui font grincer des dents
Tout a commencé dans la nuit de samedi à dimanche. Jonas Vingegaard a été tiré de son sommeil à 2 heures du matin pour un contrôle antidopage inopiné. Quelques heures plus tard, c’est Tadej Pogačar qui a subi le même sort, réveillé à 5 heures. Deux des plus grands noms du peloton, deux nuits sacrifiées à quelques jours d’intervalle.
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. À l’issue de la journée de repos, lundi, l’ITA a remis le couvert. Nouvelle série de contrôles, cette fois répartis entre la soirée et le petit matin, touchant plusieurs équipes du peloton. De quoi raviver les tensions à un moment stratégique de la course, alors que les organismes ont justement besoin de cette pause pour récupérer.
Un timing qui interroge, tant il tombe mal pour des coureurs déjà épuisés par des étapes qui se terminent tard le soir. Ce climat de suspicion permanente n’est pas sans rappeler d’autres polémiques sportives, comme celles qui ont marqué le football français par le passé. Sauf qu’ici, ce sont les organismes de contrôle eux-mêmes qui sont pointés du doigt.
Un coéquipier de Lenny Martinez dénonce un traitement inégal
L’équipe Bahrain-Victorious, dont fait partie Lenny Martinez, actuel 7e du classement général, a elle aussi eu droit à un réveil à 5 heures du matin. Une expérience visiblement très mal vécue par Matej Mohorič, coéquipier du Français. « Pour nous, c’est un peu pénible : cela nous prive de repos et consomme beaucoup d’énergie », a-t-il confié, amer.
Le coureur slovène ne s’est pas arrêté à une simple plainte de fatigue. « C’est pratiquement le milieu de la nuit pour nous, car nous nous couchons à minuit — les étapes se terminant tard — et nous prenons le petit-déjeuner à 10 heures », a-t-il détaillé. Un rythme de vie bousculé qui, selon lui, mériterait au minimum d’être appliqué équitablement à tout le monde.
Car c’est bien là que le bât blesse pour Mohorič. Il affirme que tous les coureurs ne sont pas logés à la même enseigne face à ces vérifications surprises. Une accusation grave, qui vise directement l’un des jeunes talents les plus suivis de cette édition, au moment où le calendrier de juillet 2026 bat déjà son plein sur d’autres terrains d’actualité.
Paul Seixas visé par une accusation de favoritisme
Comme souvent quand une polémique éclate, c’est un nom précis qui cristallise les tensions. Selon Mohorič, un coureur français bien placé au classement général aurait échappé à ces contrôles nocturnes. Sans le nommer explicitement dans un premier temps, le Slovène vise en réalité Paul Seixas, jeune prodige tricolore que tout le monde surveille de près sur ce Tour.
« Nous savons en effet que ce coureur français, bien placé au classement général, n’a pas subi ce contrôle », a-t-il lancé sans détour. Une phrase qui sonne comme un signal d’alarme, dans un sport encore marqué par des décennies de scandales de dopage. « Nous payons pour le passé du cyclisme, mais malgré cela, il serait bon d’établir certaines limites humaines ou, du moins, de garantir une égalité de traitement pour tous », a-t-il ajouté.
Mohorič n’a pas non plus épargné l’organisme de contrôle sur le plan financier. Selon lui, l’ITA « dispose d’un budget assez conséquent et doit, d’une manière ou d’une autre, le justifier ».
Une pique qui sous-entend que ces contrôles à répétition, aux heures les plus incongrues, serviraient presque à afficher un zèle de façade plutôt qu’une réelle efficacité.
D’autres formations, comme la Decathlon-CMA CGM, la Groupama-FDJ ou la Red Bull-Bora-Hansgrohe, ont elles aussi reçu la visite des contrôleurs lundi, mais en début de soirée, un horaire bien moins traumatisant pour des organismes en pleine récupération.
Reste à savoir si l’ITA justifiera ces horaires ou si la polémique enflera à l’approche des étapes de montagne. Une chose est sûre : sur ce Tour de France, la fatigue ne se joue plus seulement sur le bitume des cols.