« Je ne voulais pas gagner » : en tête, il ralentit avant la ligne et offre la victoire à son rival

Dimanche 11 octobre, sur les 10 km des Voies Royales à Saint-Denis, un coureur a cru tenir la victoire à portée de foulée. Puis une erreur de parcours a tout renversé, à quelques mètres du Stade de France. Ce que Gaspard Cothias-Faure a fait ensuite, avec une simplicité désarmante, a fait le tour des réseaux, et ses propres mots expliquent tout.
Un faux virage devant le Stade de France, et la course bascule
Les 10 km des Voies Royales de Saint-Denis se terminent dans un décor mythique : l’arrivée se joue aux abords du Stade de France. Ce dimanche 11 octobre, la course semble déjà pliée. Selon Midi Libre, Abubakr Abdallah mène seul, à quelques encablures de la ligne.
Devant lui, une moto ouvreuse, censée tracer la route. Il la suit, comme n’importe quel coureur le ferait. Mais, toujours selon le média, elle l’aurait emmené dans la mauvaise direction, juste avant l’entrée dans le stade.
Une erreur de parcours, donc. Pas une défaillance physique, pas un coup de mou : un simple mauvais aiguillage au détour d’un virage. Sur une course sur route, quelques secondes perdues à ce moment précis peuvent ruiner une préparation entière.
Après plus d’une demi-heure d’effort, la tête ne cherche plus à réfléchir. Elle suit ce qu’on lui montre. Une moto devant soi, c’est la route, et personne ne s’attend à devoir la contredire.
Le sport sait produire ces retournements d’une seconde à l’autre, comme ce défenseur dont le salto avant sa touche a laissé tout le monde sans voix. Ici, pourtant, l’histoire ne fait que commencer, car quelqu’un revenait très vite dans le dos du leader.
Revenu de très loin, il passe devant… puis lève le pied
Ce quelqu’un, c’est Gaspard Cothias-Faure. Distancé à deux kilomètres de l’arrivée, le Français n’avait pas lâché l’affaire. Et l’égarement de son rival lui a offert ce qu’il n’espérait sans doute plus : revenir à sa hauteur.
Il a fait plus que revenir. Il a dépassé le leader, et s’est retrouvé seul en tête, avec le Stade de France à quelques mètres et la ligne devant lui.
Sur le papier, le scénario était idéal. Il n’y avait qu’à poursuivre l’effort, sans se retourner, pour s’offrir une victoire arrachée avec le cœur. Personne n’aurait vraiment pu lui reprocher de saisir cette chance : une erreur de parcours, après tout, fait partie des aléas d’une course.
Le sport amateur fait parfois la une pour de bien moins belles raisons, comme cet homme qui s’en prend à l’arbitre à Hénansal en Coupe de France. À Saint-Denis, c’est exactement l’inverse qui s’est joué.
Alors, que s’est-il passé dans les derniers mètres ? Pendant que chacun imaginait déjà le Français lever les bras, il a fait un tout autre choix. Il a ralenti.
Volontairement. Avant la ligne, Gaspard Cothias-Faure a levé le pied pour permettre à Abubakr Abdallah de revenir et de terminer premier. C’est ainsi que son rival a remporté l’épreuve en 31 minutes et 14 secondes.

« Je ne voulais pas gagner » : les mots simples derrière le geste
Ce genre de scène rappelle ces instants où le sport se met en pause pour laisser parler l’humain, comme ce geste de Michael Jordan envers un enfant, devenu viral. Ici aussi, la scène a circulé en images.
Le compte @stadion_actu a en effet relayé la séquence sur X : on y voit Abubakr Abdallah se tromper de parcours dans le dernier virage, puis Gaspard Cothias-Faure, pourtant en position de gagner, lui laisser la victoire dans les derniers mètres.
Interrogé par Stadion-actu, le coureur n’a pas cherché à enjoliver. Sa justification tient en une phrase : « Je ne voulais pas gagner alors que je savais que j’étais battu. »
Tout est là. Pour lui, la course était déjà tranchée avant l’erreur : son rival avait été le plus fort ce jour-là. Passer devant grâce à un faux virage, ce n’était pas gagner, c’était ramasser un résultat qui ne lui appartenait pas.
Le geste, selon Midi Libre, était spontané. Pas de calcul, pas de mise en scène : un coureur voit son adversaire se perdre, mesure ce que cela change, et choisit de rendre ce qui n’était pas à lui.
Une fois la ligne franchie, les deux hommes se sont chaleureusement tapé dans la main. Le vainqueur a pu remercier son rival pour cette preuve de fair-play, et tout s’est terminé sur un échange aussi simple que le geste lui-même.
Reste à comprendre pourquoi cette scène a autant touché ceux qui l’ont vue passer.
Ce que ce geste raconte, et pourquoi il circule autant
Sur les réseaux sociaux, les internautes ont rapidement salué le coureur, louant sa « grande classe ». Sous l’article de Midi Libre, c’est la même expression qui revient chez les lecteurs, accompagnée d’un sobre « Bravo monsieur ! ».
Un autre commentaire résume le sentiment général : un tel geste, c’est « vraiment rare, même dans le sport ». Dans un univers où la victoire est le seul juge, renoncer à un succès à portée de main frappe forcément les esprits.
Le média y voit une victoire morale qui dépasse largement le résultat sportif. Le classement, lui, retiendra le nom d’Abubakr Abdallah en haut du podium, mais l’histoire que l’on raconte porte celui de son rival.
Pour ceux que cette course donne envie de bouger, ce que disent les chercheurs d’Harvard du meilleur sport après 50 ans mérite un détour. Le sport ne sert pas qu’au chrono.
Et si c’est l’esprit de compétition loyale qui vous attire plus que la performance pure, des disciplines comme l’escrime, le tir à l’arc ou l’aviron cultivent aussi cette éthique du respect de l’adversaire.
Ce que la source ne dit pas, en revanche, c’est si les organisateurs ont réagi à l’incident de balisage. On sait seulement qu’Abubakr Abdallah a franchi la ligne en premier, et que son rival est reparti avec bien plus qu’une place d’honneur.
Ce dimanche à Saint-Denis, un coureur a choisi de perdre pour que la course reste juste, et c’est lui que tout le monde retient.
Et si la classe se cachait aussi dans les petits gestes du quotidien, cette façon de faire ses courses qui a fait baisser la note de plus de 500 € risque de vous étonner. Quant à votre chat, savez-vous si ce « chut » que vous lui lancez produit l’effet inverse de celui que vous espérez ?