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Immergés à -130°C pendant 3 minutes : la technique choc des coureurs du Tour de France pour dormir malgré la canicule

Publié par Mathieu le 14 Juil 2026 à 9:16
Coureur immergé dans une cabine de cryothérapie glacée

Cette année, le Tour de France se dispute sous un cagnard qui ne descend jamais sous les 30 degrés depuis le départ de Barcelone. Les images d’arrivée sont devenues un spectacle à part entière : coureurs aspergés d’eau glacée, avant-bras plongés dans des bassines, sprint direct vers le bus climatisé.

Mais dans l’ombre du peloton, une méthode bien plus radicale s’est imposée chaque soir, et elle tient dans un simple camion garé près des hôtels d’étape.

Un peloton à bout de souffle sous une chaleur qui ne faiblit jamais

La neuvième étape, tracée ce dimanche en Corrèze, a même dû être raccourcie : le département était placé en vigilance rouge. Un signal fort sur l’ampleur de la fournaise qui frappe la Grande Boucle cette année.

Le maillot jaune Tadej Pogacar lui-même n’échappe pas à la règle : il s’arrose systématiquement d’eau glacée avant de filer en interview. Cette gestion de la chaleur n’a plus rien d’anecdotique, elle conditionne directement la performance et la récupération de chaque coureur, un peu comme d’autres sportifs cherchent des parades face aux vagues de canicule de juillet 2026 qui touchent aussi le grand public.

Chez Decathlon CMA CGM, l’équipe de Paul Seixas a poussé le curseur plus loin que les autres formations. Les bains froids classiques, très prisés dans le peloton, ont été complétés par un dispositif bien plus impressionnant. De quoi rappeler que même les techniques les plus simples pour lutter contre la chaleur ne suffisent plus quand le thermomètre s’affole autant.

Un camion transformé en machine à -130 degrés

Le détail est presque invisible depuis les routes du Tour : un camion, garé discrètement près de l’hôtel d’étape, abrite une véritable cabine de cryothérapie. À l’intérieur, les coureurs s’immergent dans un bain gazeux d’azote glacé, seule leur tête émergeant de la cabine cylindrique.

« Ça dure trois minutes, on est le plus souvent à moins 110 degrés mais on peut descendre jusqu’à moins 140 degrés », détaille Nicolas Huret, assistant de l’équipe, qui a ouvert les portes de son camion à RMC Sport vendredi, après l’étape remportée à Bordeaux par Tim Merlier.

Vers 21 heures, une fois le dîner terminé, les coureurs défilent un à un devant la cabine : de Paul Seixas à Aurélien Paret-Peintre, en passant par Nicolas Prodhomme et l’Américain Matthew Riccitello. Un rituel presque aussi réglé que celui des équipes qui traquent le moindre gain de performance, à l’image des innovations testées ailleurs dans le sport ou même dans des domaines aussi inattendus que le recyclage énergétique.

Camion de cryothérapie garé près d'un hôtel d'étape

La vraie raison de ce sacrifice glacé : dormir plus vite

Contrairement à une idée reçue, l’objectif premier n’est pas de soigner une tendinite ou une inflammation musculaire, même si la cryothérapie est aussi reconnue pour ces vertus dans le sport de haut niveau. La priorité, chaque soir, c’est de faire chuter la température corporelle avant le coucher pour mieux affronter des nuits caniculaires.

« C’est extrêmement froid, mais ça fait du bien avec la chaleur qu’il y a dehors. J’aime bien faire ça en soirée, surtout quand la clim ne marche pas trop à l’hôtel », sourit Matthew Riccitello, 24 ans, encore marqué par une chute lors de la troisième étape.

Le résultat est spectaculaire selon l’encadrement de l’équipe. « Paul ne met plus que dix ou quinze minutes à s’endormir. Il n’y a aucune obligation mais c’est quelque chose qu’il apprécie, il est là tous les soirs depuis le départ du Tour de France.

Avec lui, on règle la machine à moins 130 degrés« , précise Nicolas Huret.

Un investissement qui a un prix : une unité de cryothérapie itinérante coûte environ 45 000 euros, mais elle est devenue un outil incontournable dans un peloton confronté à des chaleurs record, un peu comme certains ménages cherchent désormais des alternatives accessibles à la climatisation pour tenir l’été.

Trois minutes à -130 degrés contre des nuits de sommeil sauvées : voilà le troc improbable qu’ont trouvé les coureurs du Tour pour tenir sous ce soleil de plomb. Reste à savoir si cette parenthèse glacée deviendra un jour aussi banale qu’une bouteille d’eau tendue au bord de la route.

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