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Vuelta 2026 : cette influenceuse à 3,2 millions d’abonnés voit déjà ses accès aux coureurs restreints

Publié par Mathieu le 26 Août 2026 à 11:05

La Vuelta a lancé son édition 2026 samedi à Monaco avec une ambition claire : séduire un public qui ne suit jamais le cyclisme. Pour ça, l’organisation a fait appel à une influenceuse ultra-suivie sur les réseaux sociaux. Sauf que le pari tourne déjà au vinaigre, entre malaise général et restrictions d’accès imposées en urgence.

erola jons

Un pari osé pour attirer un public loin du vélo

Faire venir des stars du numérique dans le sport, c’est devenu une stratégie assumée. Le rappeur Snoop Dogg a officié à la TV américaine pendant les JO de Paris 2024 et ceux de Milan-Cortina 2026. Le streamer Speed s’est incrusté à la cérémonie de clôture de la Coupe du monde 2026, tandis que M6 a misé sur le créateur de contenus Michou pour la même compétition.

La Vuelta a donc suivi le mouvement en s’associant à Erola Jons, 3,2 millions d’abonnés sur Instagram et 2,9 millions sur TikTok. Cette Catalane de 28 ans, connue pour ses vidéos humoristiques et ses caméras cachées flirteuses, s’est même construit une image d’experte en séduction, jusqu’à publier un livre sur le sujet. Elle a aussi lancé une marque de cosmétiques, non sans polémique après l’annonce d’une fausse grossesse.

Problème : elle n’avait jamais approché le monde du cyclisme avant cette collaboration avec Unipublic, la société organisatrice appartenant à ASO, elle-même membre du groupe Amaury propriétaire de L’Équipe. Un choix qui allait vite se heurter à la réalité du peloton.

Des interpellations qui font grincer des dents

Dès la première étape à Monaco, Erola Jons a eu accès à la zone réservée aux coureurs. Elle y a appliqué le style de ses propres vidéos, avec des résultats plus que gênants. Face à Joshua Tarling, endeuillé après la mort de son cadet lors du Tour du Portugal, elle a lâché : « Je ne pense pas qu’il aime les interviews, surtout pas les miennes, haha, mais il me reste encore vingt étapes pour le convaincre. »

Même registre avec Tadej Pogacar, vainqueur du prologue : « Je ne sais pas où il en est au classement général, mais il est premier au mien. » Le vrai tollé survient un peu plus tard, quand elle lance au champion slovène : « Pourquoi fais-tu une crise d’hyperventilation quand tu me vois ? » Une question qui laisse Pogacar visiblement incrédule, avant qu’il esquive habilement le sujet en conférence de presse le lendemain.

La journaliste espagnole Laura Meseguer a publié un billet dans El País pour dénoncer ce qu’elle a observé pendant quarante minutes : un manque criant de connaissances cyclistes et une volonté de transposer un style de réseaux sociaux à un travail journalistique. Elle évoque aussi des « commentaires dégradants auxquels les femmes tentent d’échapper depuis des années ».

Micro tendu vers des coureurs cyclistes flous au départ

La riposte du peloton et les limites imposées

« C’est épuisant. Après tant d’années, on a l’impression de revenir à la case départ », a ajouté Laura Meseguer dans son billet, en imaginant l’ampleur qu’auraient eue de tels propos s’ils avaient été tenus par un homme lors du Tour de France femmes. Un constat partagé par plusieurs observateurs du cyclisme, agacés par le décalage entre les enjeux sportifs et le ton adopté par l’influenceuse.

Les conséquences n’ont pas tardé. L’équipe UAE Emirates-XRG, celle de Pogacar, a formulé une demande claire : Erola Jons ne pourra désormais s’adresser aux coureurs qu’après avoir obtenu l’autorisation explicite de leur équipe. Une restriction notable pour quelqu’un censé animer les réseaux sociaux de l’épreuve en toute liberté.

Unipublic a néanmoins maintenu son soutien à l’influenceuse, tout en reconnaissant la particularité de son style : « C’est un mode de communication très différent. Il s’agit de blagues et de divertissement, et il faut en comprendre le contexte. » Erola Jons conserve donc son rôle sur la Vuelta 2026, mais avec une marge de manœuvre nettement réduite pour la suite de la course.

Reste à voir si cette mise au pas suffira à calmer la polémique, alors que l’épreuve espagnole compte encore une vingtaine d’étapes à parcourir. Une chose est sûre : le pari de séduire un nouveau public sans froisser les puristes du vélo s’annonce plus périlleux que prévu pour les organisateurs.

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