Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Sport

Espagne championne du monde : le fisc américain va prélever 30% des primes des joueurs

Publié par Mathieu le 24 Juil 2026 à 10:34

L’Espagne vient de décrocher sa deuxième étoile mondiale, arrachée en prolongation face à une Argentine méconnaissable. Mais la fête risque d’être écourtée par une note salée venue d’outre-Atlantique. Le tournoi, organisé aux États-Unis, s’accompagne d’une législation fiscale que peu d’observateurs avaient anticipée.

Joueur espagnol soulevant le trophée de la Coupe du monde

Un but de Ferran Torres et une finale électrique

C’est un but en prolongation signé Ferran Torres qui a offert à Luis de la Fuente et à ses hommes leur sacre mondial. En face, une Argentine méconnaissable, davantage venue en découdre physiquement que jouer au football.

Le Mondial 2026 restera de toute façon comme un tournoi à part, jalonné de polémiques sur et en dehors du terrain. Les joueurs argentins pourraient d’ailleurs faire face à de sérieuses sanctions de la FIFA après leurs débordements en demi-finale comme en finale.

Mais si l’Espagne a de quoi pester contre quelqu’un, ce n’est pas contre la FIFA. C’est plutôt vers l’homme qui a remis le trophée que les regards se tournent désormais.

Trump sur l’estrade, l’IRS en embuscade

Donald Trump était présent sur scène lorsque Rodri a soulevé le trophée pour la Roja. Le président américain affichait une mine étrangement gênée, comme s’il savait déjà ce qui attendait les champions du monde.

Et pour cause : la fiscalité américaine, particulièrement stricte envers les athlètes étrangers, va s’appliquer sans distinction aux stars espagnoles. Selon les informations de Fox, environ 30% des gains du groupe pourraient être directement ponctionnés par l’IRS, l’administration fiscale américaine.

Le représentant américain Tim Burchett n’a pas mâché ses mots face à cette situation, qu’il qualifie carrément d’arnaque. « Je ne suis pas fan de ça, mais les Américains doivent s’y plier », a-t-il expliqué. « Les athlètes professionnels américains le font, donc ils savaient à quoi s’attendre en venant ici. »

Une règle qui ne fait aucune exception

La législation fiscale américaine est on ne peut plus claire sur ce point précis. Tout paiement versé à un athlète étranger non-résident est soumis à une retenue fédérale de 30%, sauf motif exceptionnel très encadré.

Burchett persiste dans sa critique du système, sans pour autant remettre en cause son application. « Je ne suis pas un grand fan de l’IRS », poursuit-il. « Ils ont gagné cet argent ici, j’imagine, mais je n’aime pas tout ça. On veut encourager ces gens à venir dépenser leur argent chez nous, et ensuite on en prend une grosse part. »

« Il faut qu’on ait un meilleur système fiscal », conclut-il, sans grande illusion sur une réforme rapide. La somme en jeu donne le vertige : 51 millions de dollars de gains au total pour la sélection espagnole.

Des millionnaires qui n’ont pas besoin de compassion

Difficile toutefois de s’apitoyer totalement sur le sort de ces joueurs, déjà parmi les footballeurs les mieux payés de la planète. Les stars évoluant en Premier League dans l’effectif espagnol, comme Pedro Porro, Rodri ou David Raya, touchent déjà des salaires colossaux chaque semaine.

Même le jeune Lamine Yamal, 19 ans seulement, a probablement déjà accumulé plus d’argent que la plupart des gens n’en gagneront sur toute une vie. Le prodige espagnol n’est sans doute pas habitué à voir une telle part de ses gains lui échapper aussi brutalement.

Le natif de Barcelone, aperçu en pleine séance de courses incognito dans un Walmart américain sans être reconnu, découvre les particularités du système fiscal local à ses dépens.

Une bague en guise de consolation

Il reste tout de même une consolation de taille pour les champions du monde, au-delà de l’exploit sportif accompli. Trump et la FIFA ont décidé d’offrir aux joueurs espagnols la toute première bague de champions du monde de l’histoire.

Un objet symbolique qui vient s’ajouter au palmarès d’une génération dorée, seule à avoir réussi pareil exploit avant elle. De quoi faire pâlir d’envie les Anglais, qui ont peut-être laissé filer leur meilleure chance de titre depuis des décennies.

Ces bagues version 1996 sont d’ailleurs disponibles à la vente pour la modique somme de 12 000 dollars, soit environ 8 930 livres sterling. Un prix qui reste dérisoire comparé à celui déboursé par les supporters présents lors de cette finale électrique entre l’Espagne et l’Argentine, sans oublier les péripéties de la mi-temps.

Reste à savoir comment l’Espagne va gérer administrativement cette ponction fiscale inédite pour une sélection nationale. Une chose est sûre : la prochaine Coupe du monde organisée sur le sol américain fera l’objet d’une préparation fiscale bien plus poussée du côté des fédérations qualifiées.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *