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Prichard Colon est mort à 33 ans, onze ans après un coup qui a détruit son cerveau sur un ring

Publié par Mathieu le 14 Août 2026 à 10:45
Prichard Colon est mort à 33 ans, onze ans après un coup qui a détruit son cerveau sur un ring

Un jeune boxeur plein de promesses, un dernier combat qui devait être comme les autres. Puis un coup, un seul, qui a tout basculé en quelques secondes sur un ring de Virginie. Prichard Colon vient de s’éteindre, onze ans après cette soirée d’octobre 2015 qui a scellé son destin. Retour sur une agonie qui aura duré plus d’une décennie.

Un combat qui devait être ordinaire

En octobre 2015, Prichard Colon monte sur le ring pour affronter Terrel Williams. C’est son 17e combat professionnel, rien d’exceptionnel sur le papier pour ce boxeur portoricain en pleine ascension. Son père, fidèle supporter, partage régulièrement sur Instagram des images de ses entraînements et de ses préparatifs avant chaque rencontre.

Ce soir-là pourtant, tout dérape. Un coup porté à l’arrière de la tête fait chuter le jeune homme, qui se relève en se tenant le crâne. L’arbitre retire un point à Terrel Williams pour ce coup irrégulier, mais le combat continue. Prichard Colon tiendra encore deux rounds avant que son coin ne stoppe l’affrontement à l’issue de la 9e reprise, inquiet de son état.

Ce genre de drame rappelle à quel point la pression du sport de haut niveau peut basculer en tragédie en un instant. Sorti du ring, le boxeur se plaint de vomissements et de vertiges. Direction l’hôpital, en urgence. Le diagnostic tombe alors, glaçant : hémorragie cérébrale. Ce qui devait être un simple combat de plus dans sa carrière allait devenir le point de départ d’un calvaire de onze ans.

Sept mois de coma et une vie à réapprendre

Malgré une opération d’urgence pratiquée dans les heures suivant son admission, les dégâts sont déjà considérables. Le cerveau de Prichard Colon a été trop endommagé pour espérer une guérison sans séquelles. Le boxeur sombre alors dans un coma qui va durer 221 jours, soit plus de sept mois d’incertitude absolue pour sa famille.

Quand il se réveille enfin, l’homme qui enchaînait les entraînements n’est plus que l’ombre de lui-même. Il souffre d’une paralysie partielle, de troubles cognitifs sévères et d’une aphasie qui l’empêche de parler, de lire, d’écrire ou même de comprendre ce qu’on lui dit. Un accident qui rappelle que même les situations les plus banales peuvent déraper en quelques secondes, sans qu’on puisse rien y faire.

Pendant plus d’une décennie, le boxeur va devoir composer avec ce corps et cet esprit qui ne répondent plus comme avant. Une réalité aussi brutale que celles rapportées lors d’autres drames qui bouleversent des familles entières du jour au lendemain. C’est dans ce quotidien bouleversé que va se jouer, jusqu’au bout, la dernière partie de la vie de Prichard Colon.

Chambre d'hôpital vide avec gant de boxe sur la table

Une famille qui n’a jamais lâché prise

Face à cette épreuve, les proches de Prichard Colon ne l’ont jamais abandonné. Ce sont eux qui se sont occupés de ses soins quotidiens et de son suivi médical pendant toutes ces années, un soutien sans faille qui rappelle l’importance des liens familiaux face à l’adversité. Son père, particulièrement présent depuis ses débuts sur les rings, avait toujours affiché sa fierté sur les réseaux sociaux, publiant photos et vidéos de sa préparation avant chaque combat.

C’est ce jeudi 13 août 2026 que Prichard Colon s’est finalement éteint, à l’âge de 33 ans, mettant un terme à onze années de lutte silencieuse contre les conséquences irréversibles de ce coup reçu en 2015. Son histoire s’ajoute à la longue liste de sportifs dont le corps a payé le prix fort d’une discipline exigeante, comme d’autres personnalités disparues récemment après un long combat contre la maladie.

Le drame de Prichard Colon relance inévitablement le débat sur la sécurité dans la boxe professionnelle, sport où un seul coup mal placé peut anéantir une carrière et une vie entière. Onze ans après ce funeste combat en Virginie, le nom du boxeur portoricain rejoint celui de nombreuses figures sportives parties trop tôt, dont les visages ont marqué toute une génération de fans.

Onze ans de souffrance silencieuse pour un seul coup, mal placé, un soir d’octobre. L’histoire de Prichard Colon rappelle une évidence que le sport de haut niveau préfère souvent taire : derrière chaque exploit, il y a un corps qui peut se briser à jamais. Combien d’autres athlètes vivent aujourd’hui les mêmes séquelles, loin des projecteurs ?

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