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Tour de France femmes : des soutiens-gorges rembourrés pour aller plus vite ?

Publié par Mathieu le 05 Août 2026 à 12:16
Contre-la-montre truqué : ces soutiens-gorges rembourrés qui font gagner 0,78 seconde par km

Un contre-la-montre, un chrono qui tombe, et une drôle d’histoire qui secoue le peloton féminin. Avant la 4e étape du Tour de France femmes 2026, plusieurs équipes ont tiré la sonnette d’alarme sur une pratique aussi discrète qu’efficace. On vous explique comment un simple sous-vêtement pourrait faire gagner des secondes précieuses, et pourquoi l’UCI est sous pression.

Un contre-la-montre sous tension à Dijon

Mardi, le peloton s’attaque à un exercice bien particulier : 21 kilomètres chronométrés entre Gevrey-Chambertin et Dijon. Un format où chaque détail compte, où l’aérodynamisme se joue au millimètre et où la moindre astuce peut faire basculer un classement. C’est justement dans ce genre d’épreuve que la polémique a éclaté.

Le média néerlandais spécialisé WielerFlits révèle que plusieurs formations sont venues se plaindre auprès de l’organisation. Leur accusation : certaines coureuses truqueraient leur tenue pour gagner en vitesse, une pratique qui rappelle d’autres controverses techniques où la performance dépend d’un détail invisible à l’œil nu.

Sans référence dans l’exercice, Pauline Ferrand-Prévot a d’ailleurs souffert lors de ce chrono, finalement remporté par la championne du monde Marlen Reusser. De quoi alimenter les soupçons sur ce qui distingue vraiment les temps réalisés, à l’image de ces écarts surprenants qu’on retrouve parfois dans des classements inattendus.

Le rembourrage qui change tout dans l’air

Le procédé mis en cause s’appelle le rembourrage de soutien-gorge. L’idée : simuler artificiellement une poitrine plus généreuse pour modifier la façon dont l’air circule autour du buste et des cuisses de la coureuse.

Le professeur d’aérodynamique Bert Blocken, de l’Université Heriot-Watt en Écosse, a détaillé le phénomène schéma à l’appui. Selon lui, il s’agit d’un véritable « carénage de poitrine qui modifie le flux d’air autour du corps », réduisant la surpression sur les cuisses et donc la résistance globale à l’avancement.

Concrètement, le gain estimé atteindrait 0,78 seconde par kilomètre. Sur les 21 kilomètres du parcours dijonnais, l’addition devient vite significative, presque comparable aux économies obtenues grâce à certaines astuces du quotidien qui, mises bout à bout, finissent par peser lourd. Sauf qu’ici, l’enjeu, c’est un maillot, pas une facture.

Casque et chronomètre posés près d'une ligne d'arrivée

Une règle qui existe mais que personne n’applique

Le règlement de l’Union Cycliste Internationale interdit pourtant clairement toute modification artificielle des vêtements de course. Le problème, note WielerFlits, c’est que cette interdiction reste très peu contrôlée sur le terrain.

Les équipes plaignantes, dont l’identité n’a pas été révélée, ont formulé une demande précise. Elles réclament la mise en place d’une vérification systématique après le chrono, dans une tente fermée, « pour voir si elles ne cachent rien ». Une mesure radicale mais qui pourrait mettre fin aux doutes une fois pour toutes.

Face à la pression, l’UCI a annoncé un renforcement des contrôles sur les tenues avant le contre-la-montre de Dijon. De quoi rassurer les équipes inquiètes, dans une course déjà marquée par un classement mouvant : la Norvégienne Sigrid Ytterhus Haugset a remporté la 3e étape à Poligny, récupérant le maillot jaune des mains de Lorena Wiebes.

Un rembourrage, quelques secondes gagnées, et tout un peloton qui s’interroge : la performance sportive se joue-t-elle encore uniquement dans les jambes ? Le contre-la-montre de Dijon, désormais scruté de près, pourrait bien donner la première réponse concrète à cette question qui dépasse largement le cadre du cyclisme féminin.

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