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Le futur complexe sportif de Zinedine Zidane dans l’Aveyron accusé d’être construit sur des terres agricoles

Publié par Mathieu le 03 Juil 2026 à 7:23
Terrain agricole en friche bordé d'une clôture de chantier

Après Aix-en-Provence, Istres ou encore Turin, Zinedine Zidane voulait poser ses valises dans l’Aveyron pour y bâtir son nouveau complexe sportif. Un projet qui devait séduire une commune entière, séduite par la notoriété du champion du monde 1998. Mais derrière les paillettes du padel et du foot, une bataille juridique bien plus terre-à-terre s’est invitée dans le dossier.

Un projet XXL qui tourne au casse-tête administratif

Le nom du complexe donne le ton : Z5, comme les initiales de l’ancien numéro 5 des Bleus. Sur 20 000 m², à Onet-le-Château, il devait accueillir neuf terrains de padel, un petit terrain de football et un restaurant, juste en face du lycée La Roque.

Un investissement ambitieux, révélé par nos confrères de Centre Presse, qui a mis au jour les zones d’ombre du dossier foncier.

Car selon la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) de l’Aveyron, le terrain vendu à l’ancien joueur en février 2025 était encore classé en zone agricole au moment de la transaction. Un détail qui change tout, dans un pays où la protection des terres cultivables reste un sujet sensible, à l’image des débats récurrents sur l’usage des terres agricoles ailleurs en France.

Le permis de construire, lui, aurait été délivré avant même que la nature agricole du terrain ne soit officiellement levée. Un timing qui alimente désormais tous les soupçons chez les opposants au projet, prêts à porter l’affaire devant la justice administrative.

Un recours contre le maire et une préfecture qui tranche

En novembre 2025, un recours a été déposé auprès de la préfète de l’Aveyron. Le texte est sans détour : il accuse le maire d’Onet-le-Château d’avoir commis une « erreur manifeste d’appréciation » sur la date du permis et sur le statut agricole des parcelles concernées.

Une accusation lourde pour un édile local, qui se retrouve pris entre l’attractivité que représente l’installation d’une star planétaire et la contestation d’une partie de ses administrés. Ce genre de tension entre notoriété et cadre réglementaire local n’est pas sans rappeler d’autres dossiers où le patrimoine ou le foncier deviennent sources de conflit, comme cette affaire d’usucapion et de propriété disputée qui avait défrayé la chronique.

Finalement, la préfecture a choisi de ne pas remettre en cause la décision initiale du maire. Elle a confirmé la légalité du chantier, un soulagement de courte durée pour l’équipe de Zidane, puisque la bataille ne s’arrête pas là.

Le choix d’Onet-le-Château n’était d’ailleurs pas anodin : l’ancien numéro 10 des Bleus a une attache personnelle avec la région, sa belle-famille étant originaire de cette commune aveyronnaise. Un ancrage familial qui n’a visiblement pas suffi à désamorcer les tensions locales.

Agriculteur inquiet observant un chantier au loin

Deux recours au tribunal administratif relancent l’incertitude

Malgré la validation préfectorale, l’affaire est loin d’être classée. Le Collectif de protection des terres agricoles du Ruthénois a déposé deux recours distincts devant le tribunal administratif de Toulouse, bien décidé à faire annuler le permis de construire.

Pour ce collectif, l’enjeu dépasse le simple cas Z5 : il s’agit de préserver des surfaces cultivables dans une zone déjà sous pression foncière, entre expansion urbaine et projets privés d’envergure. Un sujet qui résonne bien au-delà de l’Aveyron, à l’heure où les questions écologiques et alimentaires prennent une place croissante dans le débat public.

Sur les réseaux, les avis divergent nettement. Certains commentateurs dénoncent des « riches qui se croient tout permis » et appellent à préserver le patrimoine agricole français. D’autres, à l’inverse, estiment que le pays souffre surtout d’un excès de contraintes administratives et que le projet devrait pouvoir aboutir si les règles ont bien été respectées.

Reste que l’issue juridique demeure incertaine. Le tribunal administratif de Toulouse devra trancher un dossier où se mêlent urbanisme, droit agricole et poids symbolique d’un nom mondialement connu. En attendant, le chantier reste suspendu à cette décision, et l’avenir du complexe Z5 à Onet-le-Château tient à un fil juridique que personne, pour l’instant, ne peut vraiment prédire.

Entre rêve sportif et réalité du cadastre, le feuilleton aveyronnais illustre à merveille ce moment où la notoriété d’un champion se heurte au droit du sol. La suite se jouera au tribunal, loin des terrains de padel.

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