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Zidane sélectionneur des Bleus : le contrat qu’il a arraché à la FFF dépasse tout ce que Deschamps avait obtenu

Publié par Mathieu le 03 Août 2026 à 9:09
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Il y a des moments où le football français retient sa respiration. Le mardi 28 juillet 2026 en fut un. Une salle de conférence, un pupitre, un homme en costume sombre, et cette voix un peu timide qu’on connaît depuis vingt-huit ans. Zinédine Zidane venait officiellement de devenir le sélectionneur de l’équipe de France.

Zinedine Zidane

Tout le monde savait. C’était le secret le plus mal gardé de l’histoire du sport hexagonal. Depuis des mois, des années presque, on murmurait que le poste lui reviendrait dès que Didier Deschamps rendrait son tablier. Le scénario s’est déroulé exactement comme prévu.

Mais derrière la belle image du champion du monde 98 qui revient au bercail, il y a autre chose. Quelque chose de beaucoup plus concret. Un chiffre. Un contrat. Une négociation menée dans le plus grand secret entre l’entourage de Zizou et les dirigeants de la Fédération française de football.

Et ce que Zidane a obtenu dépasse tout ce que la FFF avait jamais consenti à un sélectionneur. Tout. Y compris ce que touchait son prédécesseur après quatorze ans de bons et loyaux services et une Coupe du monde soulevée. Accrochez-vous.

Quatorze ans, 185 matchs et une sortie par la petite porte

Pour comprendre l’ampleur de ce qui vient de se passer, il faut d’abord regarder l’homme qui vient de quitter la chaise. Didier Deschamps, 57 ans, natif de Bayonne, a dirigé l’équipe de France pendant quatorze années. Cent quatre-vingt-cinq matchs. Un record absolu de longévité.

Personne avant lui n’avait tenu aussi longtemps sur ce siège éjectable. Personne. Ni Michel Hidalgo, ni Aimé Jacquet, ni Raymond Domenech. Deschamps est arrivé le 9 juillet 2012, après le départ de Laurent Blanc, avec un contrat de deux ans reconductible.

Deux ans. Il en a fait quatorze. Et pas n’importe lesquelles : une finale d’Euro en 2016, une Coupe du monde remportée en 2018 face à la Croatie, une Ligue des nations en 2021, une finale de Mondial perdue aux tirs au but contre l’Argentine en 2022.

Mais la fin a été moins glorieuse. Trois demi-finales consécutives perdues, à chaque fois face au même bourreau : l’Espagne. L’Euro 2024. La Ligue des nations 2025. Et enfin la Coupe du monde 2026, sa dernière compétition.

Didier-Deschamps-en-froid-avec-un-celebre-champion-du-monde

Le 18 juillet 2026, il dirigeait son ultime match sur le banc tricolore. Un match pour la troisième place complètement dingue face à l’Angleterre. Dix buts inscrits. Défaite 6-4. Un feu d’artifice cruel pour un homme qu’on a toujours accusé d’être trop prudent.

Et puis cette phrase, lâchée au micro de M6 juste après la rencontre, qui a glacé tout le monde. Deschamps a expliqué être parti « pour le bien de l’équipe de France », évoquant un « environnement qui était devenu irrespirable ». Irrespirable. Le mot était lancé.

Le jour où Deschamps a annoncé qu’il partirait

Il faut remonter au 8 janvier 2025 pour trouver le point de bascule. Ce jour-là, dans un entretien accordé à TF1, Didier Deschamps prend tout le monde de court. Il annonce qu’il ne poursuivra pas au-delà de la Coupe du monde 2026.

Ses mots sont d’une simplicité désarmante. « Je suis là depuis 2012, je suis prévu jusqu’en 2026 pour la prochaine Coupe du monde, mais ça s’arrêtera là, parce qu’il faut que ça s’arrête. » Parce qu’il faut que ça s’arrête. Difficile de faire plus clair.

À partir de cette seconde, le compte à rebours était lancé. Dix-huit mois de spéculations. Dix-huit mois pendant lesquels un seul nom a circulé, encore et encore, dans les rédactions sportives, sur les plateaux télé, dans les tribunes.

Un nom que tout le monde prononçait avec une forme de gourmandise. Celui d’un ancien numéro 10, champion du monde en 1998 aux côtés de Deschamps, devenu l’un des entraîneurs les plus titrés de sa génération sur la scène européenne.

Le hic ? Cet homme-là ne disait rien. Il attendait. Depuis 2021 et son départ du Real Madrid, il avait refusé plusieurs projets. Il laissait entendre qu’un seul poste l’intéressait vraiment. Celui-là.

Brigitte Macron Didier Deschamps @TF1 capture

Et pendant que la France entière jouait aux devinettes, dans les couloirs de la Fédération, on préparait déjà quelque chose. Un dossier. Un budget. Une enveloppe qui allait faire grincer bien des dents.

Combien Deschamps touchait vraiment : le vrai point de départ

Avant de parler du nouveau, parlons de l’ancien. Parce que c’est là que tout se joue. Quand Didier Deschamps arrive à la tête des Bleus en 2012, la France sort du traumatisme de Knysna et d’un Euro raté. L’image de l’équipe nationale est au fond du trou.

À l’époque, la FFF ne déroule pas le tapis rouge financier. Deschamps signe pour environ 150 000 euros par mois. Une belle somme, évidemment, mais rien de comparable aux salaires des grands entraîneurs de clubs européens de l’époque.

Il faut dire que Deschamps ne vient pas en position de force absolue. Il sort d’un passage à l’Olympique de Marseille terminé sur une dixième place en Ligue 1 et des tensions avec le directeur sportif José Anigo. Son départ de l’OM lui rapporte une indemnité de 900 000 euros.

Mais Deschamps a un argument massue : il gagne. Toujours. Partout. Une Ligue des champions comme capitaine de l’OM en 1993, une Coupe du monde comme joueur en 1998, un Euro en 2000, une Coupe de la Ligue quatre fois comme entraîneur.

Et il va gagner encore. Alors son salaire va grimper. Doucement d’abord, après la qualification arrachée au Mondial 2014 lors du barrage héroïque contre l’Ukraine. Puis franchement, après le sacre planétaire du 15 juillet 2018 au stade Loujniki.

Au moment de quitter son poste en juillet 2026, Didier Deschamps émargeait à 3,8 millions d’euros par an. Soit un peu plus de 300 000 euros par mois. Son salaire avait exactement doublé en quatorze ans. Et beaucoup pensaient que c’était le plafond indépassable.

Brigitte Macron et Didier Deschamps @capture TF1

Là où l’affaire devient croustillante, c’est qu’en France, on ne fait pas ce qu’on veut avec l’argent d’une fédération sportive. Il existe une règle. Une vraie. Écrite noir sur blanc dans la réforme du sport professionnel.

Cette réforme plafonne la rémunération annuelle des dirigeants de fédérations sportives à 450 000 euros par an. Quatre cent cinquante mille. Pas un centime de plus, en théorie. L’idée était d’éviter les dérives dans des structures qui reçoivent de l’argent public.

Sauf que voilà. Un sélectionneur d’équipe de France de football, ce n’est pas exactement un dirigeant fédéral comme un autre. C’est une machine à générer des revenus. Des droits télé, du sponsoring, du merchandising, des billetteries de matchs à guichets fermés.

La question était donc posée : le futur sélectionneur allait-il devoir se contenter de cette enveloppe ? Ou la Fédération allait-elle trouver un moyen de contourner l’obstacle pour attirer l’homme qu’elle voulait ?

La réponse est arrivée par la voix de la ministre des Sports, Marina Ferrari. Elle a indiqué que le nouveau sélectionneur serait autorisé à déroger à cette règle. Une dérogation. Pour un seul homme. Ça vous donne une idée du personnage.

Et ça vous donne surtout une idée du montant en jeu. Parce qu’on ne réclame pas une dérogation ministérielle pour dépasser un plafond de 450 000 euros si on négocie 500 000. On la réclame quand on est très, très loin au-dessus.

Le gamin de La Castellane qui a fait trembler l’Europe

adil rami nude didier deschamps

Pour saisir pourquoi la FFF était prête à casser sa tirelire et à faire plier une loi, il faut regarder le parcours de celui qui prend la suite. Et ce parcours commence très, très loin des lambris de la Fédération.

Place Tartane, cité de La Castellane, 16e arrondissement de Marseille. Six mille habitants entassés dans des barres d’immeubles. Un père, Smaïl, arrivé d’Aguemoune en Kabylie le 17 septembre 1953 pour travailler sur les chantiers. Une mère, Malika. Cinq enfants.

Le petit dernier s’appelle Zinédine Yazid. Né le 23 juin 1972 à Marseille. Pour tout le quartier, c’est « Yazid » ou juste « Yaz ». Il passe ses journées à taper dans un ballon sur l’esplanade en face de l’immeuble, avec ses frères Madjid, Farid, Noureddine.

À l’école, il s’ennuie. Le football et le judo, qu’il pratique jusqu’à 11 ans au centre social, sont ses seules obsessions. À neuf ans, il signe à l’AS Foresta, le club du quartier, et porte déjà le brassard de capitaine.

Puis l’US Saint-Henri en 1982. Puis le SO Septèmes-les-Vallons en 1983. Un détail qui n’en est pas un : le 23 juin 1984, jour de ses douze ans, il assiste à la demi-finale de l’Euro entre la France et le Portugal au Vélodrome. Comme ramasseur de balles.

Le gamin ramasse les ballons de Michel Platini. Vingt-deux ans plus tard, il portera le même numéro 10 en finale de Coupe du monde. Le football écrit parfois des scénarios que personne n’oserait imaginer.

Le recruteur qui a dit oui malgré un petit pont raté

Décembre 1986. Le jeune Marseillais est convoqué au CREPS d’Aix-en-Provence pour un stage de trois jours avec la sélection des meilleurs cadets de la Ligue Méditerranée. Dans les tribunes, un homme observe : Jean Varraud, recruteur de l’AS Cannes.

adil rami nude didier deschamps

Varraud revient le voir le 11 janvier 1987 à Saint-Raphaël, accompagné de Gilles Rampillon, directeur du centre de formation cannois. Ce jour-là, le gamin joue libéro. Et il rate un petit pont dans sa propre surface de réparation.

Son équipe encaisse un but sur l’action. Une bourde qui aurait pu tout faire capoter. Sauf que Varraud a vu autre chose. Il a vu la technique, le toucher, cette façon de caresser le ballon. Il propose un stage d’une semaine.

Les parents hésitent longtemps. Smaïl Zidane avait déjà refusé une offre de l’AS Saint-Étienne pour Noureddine, le troisième frère, jugé trop jeune pour quitter la maison. Cette fois, il accepte. Mais à une condition ferme : son fils sera hébergé dans une famille d’accueil.

À l’été 1987, à quinze ans, le gamin de La Castellane débarque à Cannes. Il vit chez Nicole et Jean-Claude Élineau, à Pégomas. Un square du village porte son nom depuis 2007. Il passe un CAP en parallèle pendant deux ans.

Et le 20 mai 1989, il entre en jeu à douze minutes de la fin d’un match de Division 1 au stade de la Beaujoire. Face au FC Nantes. Dans cette équipe nantaise, ce soir-là, il y a Marcel Desailly. Et un certain capitaine de vingt ans nommé Didier Deschamps.

Deux destins qui se croisent depuis trente-sept ans

C’est peut-être l’histoire la plus folle de tout ce feuilleton. Zidane et Deschamps ne se sont pas rencontrés en équipe de France. Ils se sont croisés bien avant, sur une pelouse nantaise, un soir de mai 1989.

Le premier a dix-sept ans à peine, il entre en fin de match et tire sur le poteau. Le second est déjà capitaine du FC Nantes, un statut hallucinant à son âge, obtenu grâce à un caractère de meneur d’hommes que tout le monde lui reconnaît.

Didier Deschamps sourit en survêtement blanc de l’équipe de France sur la pelouse d’un stade, un sifflet à la main, lors d’un entraînement d’avant-match en 2018.

Sept ans plus tard, ils se retrouvent. À Turin. Deschamps a signé à la Juventus le 6 mai 1994 et a survécu à une opération du tendon d’Achille qui l’a écarté six mois des terrains. « J’ai eu peur de ne jamais retrouver mes moyens », confiera-t-il.

Zidane, lui, arrive à l’été 1996 en provenance des Girondins de Bordeaux, pour 35 millions de francs. Il hérite du numéro 21 et découvre la préparation physique italienne, d’une brutalité qu’il n’avait jamais connue en France.

Et c’est là que le lien se tisse pour de bon. Zidane peine à s’adapter. C’est Deschamps qui l’aide, qui le guide, qui lui explique les codes du vestiaire bianconero. Le Basque taiseux et le Marseillais timide forment un duo improbable.

Ensemble, ils gagnent deux Scudetti, en 1997 et 1998. Ensemble, ils perdent deux finales de Ligue des champions, contre le Borussia Dortmund puis contre le Real Madrid. Et ensemble, ils vont vivre le 12 juillet 1998.

Le soir où l’un a marqué et l’autre a soulevé

Ce soir-là au Stade de France, la répartition des rôles est limpide. Le milieu défensif basque est le relais d’Aimé Jacquet sur le terrain, le patron, celui qui replace, qui parle, qui gueule. Le numéro 10 marseillais, lui, est censé faire la différence.

Il fera bien mieux que ça. Deux buts de la tête sur corner face au Brésil. Deux coups de casque qui font basculer un pays entier dans une joie inédite. La France gagne 3-0 et devient championne du monde pour la première fois de son histoire.

Et c’est Deschamps, capitaine, qui soulève le trophée. Il avait pressenti quelque chose. « Pendant le trajet, de Clairefontaine au Stade de France, j’ai compris que cette finale ne nous échapperait pas », racontera-t-il plus tard.

« J'étais anéanti » : Didier Deschamps brise le silence après la perte de sa maman Ginette

Il ajoutera cette phrase magnifique : « Il y avait une telle ferveur autour de nous que tous les gars étaient gonflés à bloc, galvanisés, prêts à livrer le match parfait. À la mi-temps, je savais que c’était gagné. Ce jour-là, rien ne pouvait nous arriver ! »

Cinq jours plus tard, trente-cinq élèves de l’école de football de l’Aviron bayonnais forment une haie d’honneur pour accueillir le capitaine. Deux mille personnes sur la place de la Liberté. Le stade est baptisé à son nom.

Le Marseillais, lui, reçoit le Ballon d’or en décembre 1998. Quatrième Français de l’histoire à décrocher la récompense. Vingt-huit ans plus tard, ces deux-là vont se passer le témoin. Et le second va négocier bien mieux que le premier.

La volée de Glasgow et les trois Ligues des champions

Il y a une raison très simple pour laquelle la FFF a accepté de dérouler le chéquier. Elle ne recrute pas seulement un champion du monde. Elle recrute l’entraîneur le plus décoré du football européen récent.

Retour en arrière. Le 8 juillet 2001, le transfert du siècle est officialisé. Le Real Madrid de Florentino Pérez achète le milieu français pour 75 millions d’euros. Un record mondial absolu à l’époque. Alfredo Di Stéfano lui remet le maillot numéro 5.

Le 15 mai 2002, à Glasgow, en finale de Ligue des champions contre le Bayer Leverkusen, il inscrit une reprise de volée du pied gauche à l’entrée de la surface. Un geste que les supporters madrilènes baptiseront « la volée de Glasgow ».

Élu homme du match. Première Ligue des champions après trois finales perdues. Le but est encore diffusé aujourd’hui dans tous les documentaires sur le football. Il entre dans l’histoire du club merengue par la grande porte.

Didier Deschamps

Mais c’est en tant qu’entraîneur qu’il va vraiment devenir intouchable. Après avoir été l’adjoint de Carlo Ancelotti puis avoir dirigé le Castilla, l’équipe réserve, il est nommé entraîneur en chef du Real Madrid en janvier 2016.

Ce qui suit relève de la science-fiction. Trois Ligues des champions consécutives. 2016, 2017, 2018. Personne n’avait jamais fait ça dans l’ère moderne de la compétition. Personne. Il ajoute un titre de champion d’Espagne, puis un second en 2020 lors de son retour sur le banc.

Cinq ans d’attente et un seul poste en tête

Voilà où le récit devient particulièrement savoureux. Après avoir quitté le Real Madrid en 2021, l’homme aux trois Ligues des champions disparaît des radars. Cinq années entières sans banc de touche.

Cinq ans, dans le football moderne, c’est une éternité. Les entraîneurs de ce calibre enchaînent normalement les projets, les clubs, les pays. Lui non. Il attend. Il refuse. Il patiente.

Pendant ce temps, son prédécesseur enchaîne les campagnes internationales avec les Bleus. L’Euro 2024 et son unique but marqué dans le jeu sur toute la compétition. La fronde du public contre le style pragmatique de l’équipe. Les sifflets.

Le président de la FFF, Philippe Diallo, confirme pourtant Deschamps dans ses fonctions après l’Euro 2024. Officiellement, tout va bien. Officieusement, tout le monde sait que la fin approche et que la relève est déjà identifiée.

Le 8 janvier 2025, l’annonce de Deschamps sur TF1 change tout. À partir de là, le successeur n’a plus qu’à attendre le coup de sifflet final de la Coupe du monde 2026. Et à préparer ses conditions.

Brigitte Macron Didier Deschamps

Parce que quand on a attendu cinq ans en refusant tout, quand on est le seul homme que la France entière réclame, quand on a trois Ligues des champions dans la poche, on ne signe pas n’importe quel contrat. On négocie. Fort.

Une Coupe du monde 2026 qui a tout précipité

La dernière compétition de Deschamps aura été un feuilleton en soi. Premier de son groupe après trois victoires : le Sénégal battu 3-1, l’Irak balayé 3-0, la Norvège écrasée 4-1. Sur le papier, un parcours parfait.

Mais au milieu de cette phase de groupes, un drame personnel. Le 23 juin 2026, Didier Deschamps quitte temporairement le camp de base des Bleus. Sa mère, Ginette, vient de mourir. Il rentre en France pour assister aux obsèques.

Son adjoint Guy Stéphan dirige l’équipe contre la Norvège. Ce n’était pas la première fois : en juin 2022, Stéphan avait déjà assuré l’intérim face au Danemark après le décès du père du sélectionneur, Pierre, survenu le 31 mai 2022.

Deschamps revient pour les seizièmes de finale. La France élimine la Suède 3-0, le Paraguay 1-0, le Maroc 2-0 en quart. Trois matchs, trois victoires, aucun but encaissé. La machine tourne.

Et puis l’Espagne. Encore. Toujours. Défaite 2-0 en demi-finale. La troisième fois consécutive que la Roja brise les rêves français dans une compétition majeure. Le symbole était trop lourd pour être ignoré.

Restait ce match pour la troisième place complètement fou contre l’Angleterre. 4-6. Dix buts. Une sortie de scène digne d’un film. La FFF lui a rendu hommage : « Sous son autorité, pendant quatorze ans, l’Équipe de France a retrouvé crédibilité, respect et amour en demeurant au plus haut niveau mondial. »

Didier Deschamps actu

Un contrat de quatre ans et deux compétitions à conquérir

Le 28 juillet 2026, dix jours seulement après le dernier match de Deschamps, la passation est officialisée. Conférence de presse, présentation du nouveau sélectionneur, feuille de route dévoilée. Tout va très vite.

Le contrat signé court sur quatre années. Jusqu’en 2030. Ce n’est pas un intérim, ce n’est pas un pari à court terme. C’est un mandat complet, avec deux échéances majeures inscrites au calendrier.

D’abord l’Euro 2028, organisé au Royaume-Uni et en Irlande. Un tournoi européen dans des stades bouillants, face à des sélections qui n’attendent qu’une chose : faire chuter les Bleus. Objectif clair.

Ensuite la Coupe du monde 2030, celle du centenaire, qui se déroulera sur plusieurs continents à la fois. Uruguay, Argentine, Paraguay, Espagne, Portugal et Maroc. Une édition inédite dans l’histoire du tournoi.

Quatre ans, deux compétitions majeures, une génération de joueurs décrite comme exceptionnelle. Sur le papier, le contrat de rêve. Sauf que pour signer ce contrat de rêve, il a fallu poser sur la table une somme jamais vue.

Et c’est précisément sur ce point que les négociations ont été les plus âpres. Parce que le nouveau sélectionneur n’est pas venu les mains dans les poches. Il est venu avec des exigences très précises.

Mbappé, Blanc, Enzo : le concert de louanges

Didier Deschamps

L’accueil réservé à la nomination a été unanime. Rare. Dans un pays où le football national se déchire à propos de tout, personne n’a trouvé à redire. Pas une voix discordante.

Premier à dégainer : Kylian Mbappé, qui a récupéré le maillot numéro 10 en équipe de France, celui-là même que portait le nouveau sélectionneur en 1998 et en 2006. Son message tient en trois mots. « Bienvenue chez [lui]. »

Chez lui. La formule est belle et lourde de sens. Elle signifie que pour Mbappé comme pour beaucoup, cet homme-là n’arrive pas en terre étrangère. Il rentre à la maison, vingt ans après avoir quitté le maillot bleu.

Deuxième réaction, plus intime celle-là. Son fils aîné Enzo, né le 24 mars 1995 à Bordeaux et prénommé en hommage à Enzo Francescoli, l’idole d’enfance de son père, a exprimé publiquement sa « fierté » d’être le fils de Zizou.

Troisième voix, et pas la moindre : Laurent Blanc. Champion du monde 98 lui aussi, ancien sélectionneur des Bleus de 2010 à 2012, celui-là même à qui Deschamps avait succédé. Il connaît la maison mieux que quiconque.

Son analyse est limpide : « Il va endosser le costume avec grand plaisir. On a une génération exceptionnelle, il va vouloir la faire briller. » Une génération exceptionnelle. Un sélectionneur légendaire. Et un salaire à la hauteur des deux.

Le premier geste : un hommage à celui qu’il remplace

Il y a un détail qui en dit long sur l’homme. Lors de sa toute première prise de parole officielle en tant que sélectionneur, il n’a pas commencé par parler de lui. Ni de ses ambitions. Ni de son projet de jeu.

Brigitte Macron Didier Deschamps

Il a commencé par rendre hommage au parcours de Didier Deschamps. À ses quatorze ans à la tête des Bleus. À ce mandat considéré comme l’un des meilleurs de l’histoire de l’équipe de France, malgré les critiques sur le style.

Le geste n’était pas anodin. Les deux hommes se connaissent depuis 1989. Ils ont partagé un vestiaire à Turin, un titre mondial en 1998, un Euro en 2000. Ils ont aussi connu des relations plus distantes au fil des années.

Mais ce jour-là, dans cette salle de conférence, le nouveau a salué l’ancien. Une passation en douceur, comme les aime le football français quand il ne se déchire pas. Sauf que sous la surface, tout n’était pas si simple.

Parce que pendant que les caméras filmaient les sourires et les poignées de main, les chiffres du contrat, eux, restaient soigneusement dissimulés. Officiellement, la FFF n’a rien communiqué sur la rémunération.

Officieusement, l’information a fini par filtrer. Et elle est spectaculaire.

Ce que le nouveau sélectionneur a réellement arraché à la Fédération

Voici donc le chiffre. Selon les informations de RMC Sport, le nouveau sélectionneur de l’équipe de France percevra un salaire fixe de 300 000 euros par mois. Soit 3,6 millions d’euros annuels de base.

Un montant déjà considérable, mais légèrement inférieur aux 3,8 millions annuels que touchait Didier Deschamps en fin de mandat. Sauf que le fixe n’est qu’une partie de l’équation. La vraie négociation s’est jouée ailleurs.

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Sur les primes. C’est là que Zinédine Zidane a fait la différence. Son entourage a obtenu un système de bonus qui fera grimper sa rémunération mensuelle à 450 000 euros. Soit la coquette somme de 5,4 millions d’euros par an.

Cinq millions quatre cent mille euros. Si ces chiffres sont avérés, il s’agit tout simplement d’un record absolu. Jamais la Fédération française de football n’a déboursé autant pour un sélectionneur. Jamais.

Et le détail est savoureux : ces 450 000 euros mensuels correspondent exactement au plafond annuel de 450 000 euros que la réforme du sport professionnel impose aux dirigeants de fédérations. Zidane gagne en un mois ce que la loi autorise en un an.

Ce que ce record dit du football français

Le contraste est vertigineux. Quand Deschamps arrivait en 2012, il touchait 150 000 euros mensuels. Son successeur démarre à trois fois cette somme, primes comprises. En quatorze ans, le poste a triplé de valeur.

C’est aussi la preuve que la FFF n’avait aucune alternative crédible. Quand un seul homme est réclamé par les joueurs, les anciens, les médias et le public, il négocie en position de force absolue. Et il le sait.

La dérogation ministérielle accordée par Marina Ferrari prend soudain tout son sens. Sans elle, ce contrat était juridiquement impossible. Un traitement d’exception pour un cas jugé exceptionnel.

Reste maintenant l’essentiel : le terrain. Un salaire record crée des attentes records. À 5,4 millions par an, on ne juge plus un sélectionneur sur une demi-finale honorable. On le juge sur des trophées.

Euro 2028 au Royaume-Uni et en Irlande. Coupe du monde 2030 à cheval sur trois continents. Deux rendez-vous, quatre ans, une génération décrite comme exceptionnelle par Laurent Blanc lui-même.

Le champion du monde 98 a obtenu tout ce qu’il voulait. Le poste, la durée, le salaire, la dérogation. Il ne lui manque plus qu’une chose pour que la boucle soit parfaite : gagner. Comme joueur, il l’a fait. Comme sélectionneur, tout reste à écrire.

Ses premiers matchs sur le banc tricolore seront scrutés comme jamais. Et cette fois, personne ne pourra dire qu’il n’avait pas les moyens de réussir.

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