Nathanaël de Rincquesen licencié après trente ans à France Télévisions : ce qui s’est vraiment joué en coulisses

Trente ans d’antenne, et puis plus rien. Nathanaël de Rincquesen, visage familier des matinées de France Télévisions, a été licencié après une carrière passée entre Télématin et les journaux de franceinfo. Officiellement convoqué pour un entretien préalable, il assure pourtant avoir négocié son départ. Mais entre statut de salarié protégé, mandat syndical et réorganisation des journaux, la vérité est plus tortueuse qu’il n’y paraît.
Un licenciement encadré par un statut très protecteur
La procédure a démarré avec un entretien préalable au licenciement fixé au 15 mai 2026, révélé par le média professionnel La Lettre puis confirmé par Puremédias. Rien d’anodin : Nathanaël de Rincquesen siège comme administrateur salarié au conseil d’administration de France Télévisions, un statut qui fait de lui un salarié protégé au sens du droit du travail.
Conséquence directe, la direction ne pouvait pas le remercier sans l’aval préalable de l’inspection du travail. Ce garde-fou administratif explique pourquoi le dossier a traîné plusieurs mois avant d’aboutir à une sortie officielle fixée au 22 août 2026. Un délai qui tranche avec d’autres départs de la chaîne publique, à l’image de celui de Damien Thévenot, évincé de Télématin après vingt-sept ans dans des circonstances tout aussi discrètes. Reste une question : pourquoi la direction a-t-elle voulu se séparer d’un visage aussi identifié du service public, quitte à s’engager dans une procédure aussi lourde ?
Un déclassement professionnel qui a précédé la rupture
La réponse remonte à fin 2024. Le journaliste perd alors son statut de joker du 13 Heures de France 2, un rôle qu’il occupait en alternance et qui a été confié à Maya Lauqué puis à Mélanie Taravant. Le Parisien et Télé Star, relayés ensuite par La Voix du Nord, ont documenté ce retrait comme le premier signal d’un climat qui se dégrade.
À ce déclassement s’ajoute un facteur moins visible mais tout aussi déterminant : son mandat syndical à Force Ouvrière, qui le rendait régulièrement indisponible pour l’antenne. Un cumul de contraintes qui a fini par éroder la confiance entre le journaliste et la direction de l’information, dans un contexte où d’autres visages du 20 heures traversent eux aussi des turbulences, comme le montre la situation de Léa Salamé sur France 2. Face aux titres évoquant une « éviction » brutale, l’intéressé défend pourtant une tout autre version des faits.

Le récit apaisé qu’il oppose à la rumeur d’éviction
« Le groupe avait une vision différente de la mienne sur mon avenir. On s’est dit que c’était le bon moment pour que nos chemins se séparent intelligemment. On est tombés d’accord », confiait Nathanaël de Rincquesen à TV Mag. Une manière d’assumer une réalité juridique complexe : un licenciement peut parfaitement coexister avec une séparation négociée.