« On dépensait deux fois plus » : ce couple quitte tout pour un tour du monde avec sa fille de 6 ans

Un salaire confortable, une maison, une routine bien huilée : sur le papier, Hayley et Lewis Trow avaient tout pour être satisfaits. Sauf qu’en faisant leurs comptes un soir de 2022, ils ont découvert un chiffre qui a tout fait basculer. Leur vie en Angleterre leur coûtait deux fois plus cher que de parcourir la planète. Voici comment ce couple a transformé un tableau Excel en aventure familiale.
Un déclic né d’un simple calcul de budget
Tout commence en 2022, lors d’un long séjour en Australie. Le couple, installé dans le Cheshire, dans le nord-ouest de l’Angleterre, en revient avec une idée fixe en tête. Hayley, 37 ans, et Lewis, 45 ans, travaillaient tous les deux dans le recrutement, elle plutôt côté informatique. Des carrières solides, des années à gravir les échelons. Et paradoxalement, c’est justement cette réussite professionnelle qui va finir par les pousser dehors.
Pendant sept mois, le couple prépare son projet dans les moindres détails. Pour économiser un maximum, ils quittent leur logement et s’installent chez les parents de Lewis pendant six mois. L’objectif : mettre de côté suffisamment pour partir l’esprit tranquille, un peu comme ce Français qui a troqué son loyer contre un camping-car pour changer radicalement de vie.
En juillet 2025, direction les routes du monde avec leur fille Nyla, 6 ans. Un choix qui n’a pas fait l’unanimité autour d’eux.
« Quand vous avez suivi les normes de la société pendant si longtemps, la plupart des gens autour de vous se demandent pourquoi vous laisseriez tomber des emplois bien payés et un mode de vie confortable », raconte Hayley, qui admet elle-même avoir eu le vertige avant le grand saut, un peu comme cette jeune femme qui a construit sa propre maison contre l’avis de son entourage.
Le chiffre qui a tout changé : deux fois moins cher
C’est en préparant leur budget de voyage que le couple tombe sur l’écart qui va tout justifier. En Angleterre, leurs dépenses mensuelles oscillaient entre 4 000 et 5 000 livres, soit environ 4 500 à 5 700 euros une fois le logement et les frais courants comptés. Un montant qui, une fois posé noir sur blanc, les a littéralement sidérés.
Sur la route, leur budget mensuel tombe entre 2 000 et 3 000 livres, soit 2 270 à 3 400 euros. Concrètement, la famille estime économiser environ la moitié de ce qu’elle dépensait en restant sédentaire. Un constat qui rejoint celui de ces retraités français installés au Maroc, qui ont eux aussi vu leur pouvoir d’achat exploser en changeant simplement de latitude.
L’itinéraire des Trow démarre en douceur, avec un passage par Disneyland Paris pour l’anniversaire de Nyla. Suivent quatre semaines en Italie, avec un détour par Venise, avant un vol pour Bali, où la famille prévoit de rester jusqu’en novembre. Un rythme de croisière loin des standards du tourisme classique, et qui explique en grande partie pourquoi la facture globale reste aussi légère.

L’école à distance et le pari sur le temps qui passe
Reste la question qui coince souvent les familles tentées par ce genre d’aventure : la scolarité de l’enfant. Les Trow ont retiré Nyla de son établissement en Angleterre, une décision soutenue par l’école elle-même. La fillette suit désormais des cours particuliers en ligne calés sur le programme britannique, tout en étant inscrite temporairement dans une école multiculturelle à Bali.
Pour Hayley, l’âge de sa fille rendait ce moment particulièrement décisif. « À six ans, Nyla veut encore passer chaque seconde avec nous, et on sait que ça ne durera pas », confie-t-elle. Une fenêtre de tir qu’elle ne voulait pas laisser filer, contrairement à d’autres qui préfèrent attendre la retraite pour ce genre de virage.
Elle ne cache pas non plus les difficultés du quotidien. Les crises existent toujours, et vivre ensemble 24 heures sur 24 a demandé un vrai temps d’adaptation après des années de vies professionnelles parallèles.
Ce genre de bascule radicale n’a d’ailleurs rien d’isolé : en mai dernier, une autre famille britannique vendait sa maison 400 000 euros pour s’installer en Thaïlande, dans une villa avec piscine louée 815 euros par mois. À la différence des Trow, elle n’a prévu aucun retour.
Entre le calcul budgétaire froid et le pari affectif sur l’enfance de Nyla, les Trow ont réussi un tour de force rare : transformer une angoisse financière en argument de départ. Et si le vrai luxe, finalement, n’était pas de rester chez soi ?