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« 2 000 euros de frais » : après la grève chez EasyJet, ces passagers racontent leur galère pour rentrer

Publié par Ambre Détoit le 23 Août 2026 à 16:30
Passager assis au sol dans un aéroport avec valises

Un week-end d’août censé sonner la fin des vacances, et voilà des centaines de voyageurs bloqués à l’autre bout de l’Europe. La grève des hôtesses et stewards d’EasyJet a fait exploser les plans de milliers de familles entre le 14 et le 16 août. Certains ont dû sortir la carte bleue pour des sommes qui donnent le vertige.

Un week-end d’août transformé en cauchemar logistique

Le 15 août, l’un des week-ends les plus chargés de l’été, aurait dû ressembler à n’importe quel retour de vacances. Il a viré au chaos pour des centaines de passagers d’EasyJet. À l’origine du mouvement : une intersyndicale réunissant le SNPNC-FO, l’UNPNC-CFDT et l’UNAC-CFE-CGC, qui a appelé les personnels navigants commerciaux à cesser le travail.

Le mouvement a été massivement suivi. Selon le syndicat SNPNC-FO, 68 % des PNC programmés ce week-end-là s’étaient déclarés grévistes, un chiffre qui grimpe à 80 % à Lyon. Pour limiter la casse, la compagnie a préféré annuler préventivement une centaine de vols dès le vendredi.

Au final, 98 vols ont sauté sur le week-end : 47 le samedi, 51 le dimanche. De quoi rappeler d’autres galères récentes, comme cette pénurie de kérosène en Europe qui menace déjà les vols de l’été. EasyJet assure de son côté avoir prévenu les passagers et proposé transferts gratuits, remboursements et hébergement si nécessaire. Mais sur le terrain, plusieurs récits racontent une tout autre réalité, bien loin de cette procédure officielle disponible sur Le Figaro.

Des passagers livrés à eux-mêmes, la facture s’envole

Julia, lycéenne de 18 ans, devait relier Barcelone à Bâle le 14 août au soir. Après un premier retard de trente minutes, les passagers embarquent le couloir d’accès à l’avion, avant d’être finalement renvoyés en arrière. Quarante minutes plus tard, l’annulation tombe.

Aucune solution immédiate ne lui est proposée, si ce n’est un vol de remplacement… le mercredi suivant. Avec son amie, elle doit tout organiser seule : hôtel réservé dans l’urgence, taxis, nouveau billet chez une autre compagnie. Résultat : environ 2 000 euros de frais à deux. « En tant qu’étudiante, c’était très compliqué de devoir sortir une telle somme », confie-t-elle.

Jules Duthu, 21 ans, vivait le même scénario depuis Tenerife. Prévenu la veille de son départ, il contacte l’assistance EasyJet sans obtenir la moindre réponse concrète. « L’agent m’a indiqué n’avoir aucune solution à me proposer avant de clôturer la discussion », raconte-t-il. Direction Édimbourg puis Paris avec deux compagnies différentes, et neuf heures d’attente à l’aéroport entre restitution de la voiture de location et appartement déjà rendu.

Julie Masson, elle, a dû prolonger son séjour à Tenerife alors que son couple devait reprendre le travail dès le lundi. Nouveaux billets, escale imposée : la note grimpe elle aussi à environ 2 000 euros pour deux personnes, entre le vol à 1 300 euros sans bagages, la prolongation de la location de voiture et l’Airbnb supplémentaire.

Salle d'embarquement vide avec avion sur le tarmac

Le vrai problème : le remboursement qui n’arrive jamais

EasyJet affirme pouvoir prendre en charge ces frais « sur présentation de reçus de paiement valides et lisibles », renvoyant les passagers vers sa procédure officielle. Sauf que dans les faits, l’attente peut durer des semaines, voire des mois, comme le montre le témoignage de Grace Bassangui, chargée de relations clients de 27 ans.

Son vol Paris-Nice du 14 juillet avait été annulé une heure et demie avant le décollage. Après trois heures d’attente au guichet, elle apprend qu’aucun hôtel ne lui sera proposé. Elle doit régler elle-même une chambre à 60 euros la nuit et organiser son trajet vers Nice, pour une facture totale d’environ 280 euros. Près d’un mois plus tard, elle n’a toujours pas vu la couleur d’un remboursement.

Ce type de délai n’est pas nouveau : à la sortie de la crise sanitaire déjà, plusieurs compagnies low-cost avaient été épinglées pour leur lenteur à indemniser les passagers en cas de retard ou d’annulation.

Un point commun avec d’autres secteurs sous tension, comme les mesures d’urgence face à la crise énergétique qui obligent parfois à revoir toute une organisation en catastrophe.

Pour les voyageurs concernés cet été, la seule certitude reste l’attente, avec des reçus soigneusement conservés et l’espoir de voir la compagnie tenir sa promesse de remboursement.

Deux mille euros de frais, des reçus qui s’accumulent, et une attente qui n’en finit pas : voilà le vrai coût d’un billet low-cost quand tout part de travers. La prochaine fois que vous réservez un vol à petit prix pour un week-end chargé, y penserez-vous encore ?

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