Cette île portugaise « quasiment inconnue » possède un sable aux vertus médicinales uniques en Europe

Tu connais Madère. Mais sa petite sœur, presque personne n’en a entendu parler. Pourtant Porto Santo vient de décrocher une place inattendue dans un classement mondial des îles les plus sous-estimées de la planète, juste derrière une star des Caraïbes. Et la raison de cet engouement soudain tient dans une poignée de sable pas comme les autres.
Une île qui grimpe dans le classement mondial des pépites méconnues
Dans sa nouvelle « Island Hot List », le géant du voyage Expedia vient de placer Porto Santo à la deuxième position des îles les plus sous-évaluées au monde. Juste derrière Sainte-Lucie, star incontestée des Caraïbes. Un classement qui a de quoi surprendre pour cette petite île portugaise que même les habitués des voyages au Portugal connaissent à peine.
Rattachée à l’archipel de Madère, elle en est souvent présentée comme la « petite sœur ». Mais le contraste est saisissant. Là où Madère déploie une végétation luxuriante et des reliefs verdoyants, Porto Santo mise sur des falaises nues et un paysage minéral, presque lunaire.
Ce dépouillement n’est pas un défaut, c’est sa signature. L’île a délibérément tourné le dos au tourisme de masse qui a transformé certaines destinations en stations balnéaires saturées. Ici, pas de tours hôtelières : la réglementation locale interdit toute construction dépassant trois étages. Un choix urbanistique rare qui préserve l’authenticité du lieu et explique en partie pourquoi elle reste si confidentielle.
Un sable doré aux vertus quasi thérapeutiques
Le vrai trésor de Porto Santo, c’est sa plage. La Campo de Baixo s’étire sur près de 9 kilomètres le long de la côte sud, large de 50 mètres par endroits. Quand le soleil frappe les versants rocheux, ils prennent une teinte jaune doré qui vaut à l’île son surnom local : « Ilha Dourada », l’île dorée.
Mais ce sable n’est pas seulement beau à regarder. Des chercheurs des universités d’Aveiro, au Portugal, et d’Oslo, en Norvège, ont analysé sa composition et découvert qu’il contient naturellement du calcium, du magnésium, du strontium, du phosphore et du soufre. Une combinaison rare qui lui confère des propriétés apaisantes, notamment pour soulager certains troubles rhumatismaux, articulaires, musculaires et cutanés.
Un genre de curiosité scientifique que l’on croise rarement sur une plage, à mi-chemin entre le phénomène naturel insolite et la station thermale à ciel ouvert. Et côté baignade, pas de mauvaise surprise : l’Atlantique y affiche une teinte azur et grimpe jusqu’à 24 degrés en plein été, une température rare pour cette latitude.

Sur les traces de Christophe Colomb, entre moulins et musée
Avant même de devenir une pépite Discover du tourisme, Porto Santo avait déjà un lien avec l’Histoire. Le navigateur génois Christophe Colomb y a vécu il y a plus de 500 ans. En 1479, il y épouse Dona Filipa de Perestrelo e Moniz, fille du gouverneur de l’île, un mariage qui a marqué durablement la mémoire locale, un peu comme certaines dates qui ont changé le cours d’une vie restent gravées dans les livres.
La quasi-totalité des 5 500 habitants de l’île vit dans le bourg principal, Vila Baleira, où l’empreinte du célèbre marin reste palpable. Derrière l’église paroissiale Nossa Senhora da Piedade se dresse une bâtisse du XVe siècle, où Colomb aurait résidé. Impossible de le certifier à 100 %, mais le bâtiment abrite aujourd’hui le musée qui lui est consacré.
Autre vestige du passé : les moulins à céréales. L’île en comptait autrefois une quarantaine, aujourd’hui il n’en reste que trois, dressés au point de vue de Portela, comme des sentinelles silencieuses face à l’océan. Un patrimoine discret, à l’image de cette île tout entière, qui n’a jamais cherché à se montrer.
Un sable qui soigne, un navigateur légendaire, une plage de 9 kilomètres presque déserte : Porto Santo coche toutes les cases sans jamais avoir eu besoin de le crier. Reste à savoir combien de temps elle gardera ce statut de secret bien gardé avant que le monde entier ne s’y précipite.