Ryanair prévient : les passagers bloqués aux contrôles ne verront pas leur avion les attendre
Vous partez en vacances cet été et vous comptez sur votre marge habituelle de deux heures avant l’embarquement ? Mauvaise nouvelle : ça risque de ne plus suffire. Un nouveau système de contrôle aux frontières fait exploser les temps d’attente dans plusieurs aéroports européens, et certains voyageurs ratent déjà leur vol à cause de ça.
Et le patron de Ryanair vient d’enfoncer le clou avec un message qui ne laisse aucune place au doute.
Un nouveau système qui transforme les aéroports en zones de tension

Depuis avril, l’Union européenne a totalement déployé son nouveau système d’entrée et de sortie, l’EES. Concrètement, ce dispositif numérique enregistre les entrées et sorties des voyageurs non-européens dans l’espace Schengen, avec prise d’empreintes et photo à la clé.
Le problème, c’est que la machine tourne mal. Dans plusieurs aéroports, les files d’attente s’étirent sur des heures, et certains passagers se retrouvent piégés sans avoir le temps de rejoindre leur porte d’embarquement.
Ce nouveau contrôle aux frontières a d’ailleurs déjà provoqué jusqu’à 5 heures d’attente dans certains cas, un chiffre qui fait froid dans le dos pour qui prépare un vol de correspondance serré.

« Nous n’attendrons personne » : la sentence de Michael O’Leary
Interrogé sur le podcast Travel Expert du Telegraph, le patron de Ryanair a été sommé de répondre à une question très concrète. Simon Calder, animateur et expert voyage, lui a demandé ce qui se passerait pour un passager bloqué dans une file d’un kilomètre à l’aéroport de Milan Bergame.
La réponse de Michael O’Leary a été cash : « Rien. Nous n’attendrons personne. Si vous êtes coincé, si vous n’êtes pas à la porte d’embarquement quand nous terminons l’embarquement, l’avion partira sans vous. »
Il a enfoncé le clou en précisant que ce n’était pas à la compagnie de compenser les lenteurs administratives : « Nous ne retardons pas nos vols pour des gens bloqués aux contrôles de passeport. Ils doivent arriver plus tôt à l’aéroport, mais ils doivent être à la porte d’embarquement, sinon ils ne voleront pas. »
Un discours ferme, presque brutal, qui tranche avec les habitudes de certains passagers pensant encore pouvoir jouer la montre. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que le dirigeant de la compagnie irlandaise surprend par ses positions tranchées, lui qui a récemment évoqué l’idée d’interdire l’alcool dans les aéroports dès le matin.
Les aéroports où il vaut mieux prévoir large
Simon Calder n’a pas mâché ses mots non plus. Il a qualifié ce nouveau système de « Euro shambles », littéralement un « bazar européen », et a pointé du doigt plusieurs plateformes particulièrement touchées.
Selon lui, Milan Malpensa, Lisbonne, Paris Charles-de-Gaulle, Francfort et Copenhague figurent parmi les pires élèves en la matière. Des noms qui devraient alerter tous ceux qui transitent par ces hubs cet été.
Il a raconté sa propre mésaventure à Milan Malpensa : « La prise d’empreintes a pris une heure, et j’étais le premier à descendre de l’avion EasyJet en provenance de Gatwick. Puis je suis passé par l’autre terminal pour ma sortie, et ça a encore pris 45 minutes, car ils voulaient reprendre mes empreintes, ce qui n’est absolument pas dans les règles. »
Un témoignage qui illustre parfaitement le chaos ambiant, même pour un voyageur aguerri comme lui. D’ailleurs, ce n’est pas la seule mauvaise surprise que réservent les aéroports européens en ce moment : entre les grèves annoncées en Espagne et les pénuries de kérosène qui menacent de faire annuler des vols en masse, l’été s’annonce mouvementé pour les voyageurs.
Pourquoi les hubs de correspondance sont les plus à risque

Simon Calder a insisté sur un point crucial : le problème est particulièrement aigu pour les voyageurs en correspondance. « J’ai entendu des histoires terribles venant de Lisbonne, et d’autres endroits fréquemment cités, Paris Charles-de-Gaulle et Francfort », a-t-il ajouté.
Ces deux aéroports concentrent énormément de trafic régional britannique qui transite ensuite vers d’autres destinations. « C’est acceptable si vous partez vers l’intercontinental, mais si vous essayez de rejoindre une autre ville européenne, c’est terrible », a-t-il expliqué.
Autrement dit, plus votre correspondance est courte, plus le risque de la rater grimpe. Un détail à intégrer absolument si votre trajet passe par l’un de ces hubs, surtout si vous voyagez avec un simple bagage cabine gratuit en low cost et que vous comptiez gagner du temps sur l’enregistrement.
Ce que ça change concrètement pour vos vacances
Le message est donc limpide : arrivez à l’aéroport bien plus tôt que d’habitude, surtout si vous transitez par l’un des hubs cités. Les compagnies aériennes, Ryanair en tête, ne feront aucune exception, peu importe la raison du retard.
Pour limiter les risques, mieux vaut aussi vérifier les nouvelles règles européennes sur les droits des passagers aériens, qui encadrent notamment les bagages et les indemnisations en cas de souci. Ça ne rattrapera pas un vol raté, mais ça peut éviter d’autres mauvaises surprises.
Une chose est sûre : cet été, la marge de sécurité à l’aéroport n’est plus un détail, c’est une nécessité absolue.