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Venise pourrait faire payer votre journée 30 euros dès 2027 : voici pourquoi la ville s’y résout

Publié par Ambre Détoit le 07 Oct 2026 à 13:00
Venise pourrait faire payer votre journée 30 euros dès 2027 : voici pourquoi la ville s'y résout

Vous rêvez d’une balade romantique sur le Grand Canal ? Attention à la note finale. Venise envisage sérieusement de faire grimper sa taxe touristique journalière jusqu’à 30 euros, contre 5 à 10 euros actuellement. Une décision qui pourrait tomber dès 2027, et qui en dit long sur le ras-le-bol des Vénitiens face au surtourisme.

Un droit d’entrée qui ne suffit plus à décourager les foules

Depuis 2024, Venise fait figure de pionnière mondiale : c’est la première ville de cette envergure à instaurer un droit d’entrée pour lutter contre l’afflux massif de visiteurs. À l’époque, la note était modeste, 5 euros, appliquée sur seulement 29 journées entre avril et juillet. L’objectif était clair, freiner la ruée sans pour autant fermer les portes du tourisme qui fait vivre la cité des Doges.

Mais le dispositif s’est vite étoffé. En 2025, le nombre de journées taxées est passé à 54, avec une tarification à deux vitesses selon le délai de réservation. Et en 2026, la mesure a couvert 60 jours, du 3 avril au 26 juillet.

Résultat : près de 680 000 billets vendus et 5,2 millions d’euros de recettes engrangées. Un joli pactole, mais visiblement pas assez dissuasif aux yeux des autorités locales, qui pointent aussi les tensions autour de la fiscalité touristique en Europe.

Pourquoi Venise vise désormais 30 euros, voire plus

C’est Michele Zuin, l’adjoint chargé du budget et de la fiscalité de la ville, qui a mis les pieds dans le plat. Selon lui, rapporté par Reuters, le tarif actuel « est accessible à pratiquement tout le monde », ce qui annule l’effet dissuasif recherché depuis le départ.

L’élu a même évoqué, un temps, la possibilité d’un tarif à 50 euros par jour, avant de se raviser et de privilégier un plafond fixé à 30 euros. La municipalité réfléchit aussi à allonger la période concernée par cette taxe, histoire de couvrir un plus grand nombre de week-ends et de ponts très fréquentés. Le message est clair : à Venise, le portefeuille des touristes deviendra un vrai levier de régulation.

Venise pourrait faire payer votre journée 30 euros dès 2027 : voici pourquoi la ville s'y résout

Ce que cette hausse changerait vraiment pour les touristes

Au-delà de la simple question du prix, la ville cherche surtout à mieux étaler les flux de visiteurs dans le temps. L’idée : pousser les gens à éviter les journées où les ruelles et les places sont déjà saturées, et à privilégier des créneaux moins tendus. Un pari qui suppose que la taxe devienne enfin assez dissuasive pour changer les comportements, ce que le tarif actuel n’a manifestement pas réussi à faire selon les chiffres de fréquentation.

Cette stratégie n’est pas isolée. D’autres destinations très prisées commencent à réfléchir aux mêmes leviers, à l’image des chemins de Compostelle, confrontés à une fréquentation record ces dernières années.

En France aussi, la question agite les esprits : à Marseille, des riverains d’un petit port se sont récemment insurgés contre l’afflux de visiteurs, se disant « tassés comme des sardines » selon leurs propres mots.

Le surtourisme n’est donc plus un problème vénitien isolé, mais une préoccupation qui traverse toute l’Italie et au-delà.

Reste à savoir si ce nouveau tarif à 30 euros sera suffisant pour vider un peu les ruelles vénitiennes, ou si les touristes, une fois de plus, s’y résoudront sans broncher. Une chose est sûre : la gratuité de la Sérénissime appartient désormais au passé. Alors, êtes-vous prêt à payer plus cher pour flâner sur le Rialto ?

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