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Voiture de Delphine Aussaguel : les trois détails qui contredisent encore le récit de Cédric Jubillar

Publié par Cassandre le 02 Sep 2026 à 4:23

Après plus de cinq ans de silence et de dénégations, Cédric Jubillar a fini par avouer. Des ossements ont été retrouvés à Mailhoc, dans le Tarn, et identifiés comme ceux de Delphine Aussaguel. Une avancée majeure, mais pas une fin. Car son nouveau récit, notamment sur l’usage de la Peugeot 207 familiale cette nuit-là, se heurte à trois zones d’ombre que les enquêteurs n’ont toujours pas éclaircies.

cedric jubillar rebondissement enquete avant processs

Un aveu qui rouvre le dossier plutôt que de le fermer

Le 6 juillet 2026, les avocats de Cédric Jubillar révèlent l’existence d’une lettre manuscrite. Leur client y reconnaît sa responsabilité dans la disparition de Delphine, disparue sans laisser de trace dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines. Un séisme judiciaire, alors qu’il avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025 par la cour d’assises du Tarn.

Le 15 juillet, lors de son audition, Jubillar livre enfin un récit détaillé. Il dit avoir étranglé Delphine pendant une dispute, puis placé son corps dans le coffre de la Peugeot 207.

Pour ne pas réveiller les voisins, il aurait laissé la voiture descendre la rue au point mort, avant de démarrer le moteur en contrebas. Une mise en scène minutieuse, presque cinématographique, qui a pourtant permis aux gendarmes de localiser un terrain agricole précis, à une dizaine de kilomètres du domicile.

C’est là, le 16 juillet, que les ossements ont été exhumés.

L’identification génétique confirme, mais ne dit pas tout

Le 19 juillet, les analyses de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale tombent : les restes appartiennent bien à Delphine Aussaguel. Cette identification confirme un fait crucial pour l’accusation : Cédric Jubillar connaissait précisément l’emplacement du corps depuis cinq ans.

Mais l’enquête ne s’arrête pas là. Après plus de cinq années passées dans la terre, en l’absence d’un squelette complet, les médecins légistes pourraient ne jamais parvenir à établir la cause exacte du décès. Un vide médico-légal qui pèsera lourd dans la qualification pénale des faits, et qui redonne une importance inattendue à un objet resté au cœur du dossier depuis le premier jour : la voiture de Delphine.

Trois éléments, déjà scrutés lors du premier procès, prennent aujourd’hui une résonance nouvelle face au récit de Jubillar. Le premier concerne le coffre lui-même : aucune trace biologique n’a jamais été retrouvée permettant de démontrer que le corps y avait été transporté. Une absence qui n’invalide pas forcément le récit — un corps peut être déplacé sans laisser de trace exploitable des années plus tard — mais qui interroge.

Terrain agricole isolé sous ciel gris d'hiver

Stationnement inversé et buée suspecte : les zones d’ombre persistantes

Deuxième détail troublant : le matin de la disparition, la Peugeot 207 était garée dans le sens de la descente. Des témoins avaient qualifié ce positionnement d’inhabituel dès l’origine de l’enquête. Ce constat rejoint étonnamment le récit du point mort dévoilé par Jubillar, mais il avait été fermement contesté par sa propre défense lors du premier procès — une contradiction que la justice devra désormais examiner à la lumière des aveux.

Le troisième élément, c’est la buée. Les premières gendarmes arrivées sur place avaient relevé de la condensation à l’intérieur du véhicule.

Un expert entendu en 2025 avait estimé que cela pouvait traduire une montée récente de température dans l’habitacle, sans pouvoir déterminer si elle provenait d’une personne vivante, d’un corps ou d’une autre source de chaleur. Pris séparément, ces indices ne prouvent rien.

Confrontés aux aveux et aux nouvelles constatations sur le terrain, ils pourraient enfin trouver une explication cohérente — ou au contraire fragiliser le récit.

Le procès en appel, initialement prévu à partir du 21 septembre 2026, a été renvoyé au premier semestre 2027. La cour d’appel de Toulouse justifie ce délai par le temps nécessaire aux expertises complémentaires et au respect du contradictoire pour toutes les parties.

L’enjeu juridique se déplace désormais vers la qualification pénale. La défense pourrait plaider une requalification en violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, écartant ainsi le meurtre. L’accusation, elle, devra démontrer que ce nouveau récit reste compatible avec les éléments matériels du dossier.

Cinq ans de mensonges effacés par une lettre, mais trois détails sur une voiture qui refusent de se taire. Le procès en appel de 2027 ne jugera plus seulement un homme : il devra trancher entre un aveu et les indices qui le contredisent encore.

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