Tournée annulée : l’avocate de Patrick Bruel évoque des « menaces » reçues via les réseaux sociaux
Patrick Bruel a fini par céder. Le chanteur de 67 ans, visé par des dizaines d’accusations de violences sexuelles et mis en examen pour viol, a annoncé mardi 1er septembre qu’il renonçait à la tournée qu’il devait démarrer début octobre.

Une décision qu’il continue pourtant de justifier autrement qu’un aveu. Le lendemain, son avocate est montée au créneau pour expliquer les vraies raisons de ce renoncement.
Ce que révèle son avocate sur les menaces reçues
Invitée sur BFMTV ce mercredi 2 septembre, Me Fanny Colin a mis les choses au clair. Selon elle, l’annulation n’a rien à voir avec une quelconque reconnaissance de culpabilité.
« En aucun cas, la renonciation de ces concerts est un aveu », a-t-elle affirmé. « On peut tout à fait être innocent et se remettre en question. »
L’avocate a surtout évoqué des « menaces qui ont été faites via les réseaux sociaux ». Parmi elles, des appels à des intrusions directement dans les salles de spectacle.
« Il n’a voulu prendre aucun risque », a résumé la défense du chanteur. Une phrase qui en dit long sur le climat de tension entourant chacun des 35 concerts initialement prévus.
Le message que Bruel avait posté sur Instagram
La veille, c’est le chanteur lui-même qui avait pris la parole sur Instagram pour annoncer l’annulation de ses 35 concerts.
« Si j’ai voulu jusqu’ici maintenir la tournée, ce n’était ni un défi, ni une provocation », avait-il écrit. Il évoquait une tournée devenue « l’incarnation d’un débat qui la dépasse ».
Bruel avait justifié sa décision par un souci « d’apaisement ». Mais il avait tenu à préciser que cela « ne signifie en aucun cas » qu’il renonce à se défendre devant la justice.
Une nuance importante, alors que la pression ne cesse de monter autour de lui depuis plusieurs mois. Des voix du monde de la musique se sont d’ailleurs exprimées sur l’affaire, dans un sens comme dans l’autre.
L’état exact du dossier judiciaire aujourd’hui

Le point sur la procédure permet de mesurer l’ampleur de l’affaire. Patrick Bruel a été mis en examen dans quatre dossiers distincts, notamment pour viol et tentatives de viol.
Dans quatre autres dossiers, il bénéficie du statut de témoin assisté, plus favorable puisqu’il n’implique pas de charges retenues contre lui. Un statut qui n’empêche pas les zones d’ombre de peser sur son avenir.
Selon le décompte établi par BFMTV, ce sont désormais 32 plaintes qui ont été déposées contre le chanteur. Un chiffre qui a considérablement grossi depuis les premières révélations.
L’affaire a également eu des répercussions ailleurs dans le milieu culturel. Gérard Darmon a lui aussi vu une pièce de théâtre annulée pour des raisons similaires, preuve que l’onde de choc dépasse le seul cas Bruel.
Une tournée maintenue coûte que coûte, jusqu’ici

Pendant des mois, Patrick Bruel avait pourtant refusé de céder. Il avait même maintenu sa tournée malgré une pétition ayant recueilli 60 000 signatures.
Certains concerts avaient déjà été annulés localement, comme celui prévu en Isère, sous la pression de municipalités refusant d’accueillir le chanteur. Plusieurs maires avaient exprimé leur opposition, forçant Bruel à s’exprimer publiquement à plusieurs reprises.
Le contexte judiciaire s’est également tendu ces derniers mois, avec un contrôle judiciaire allégé qui a immédiatement fait l’objet d’un appel du parquet. Une bataille juridique qui se joue en parallèle de la bataille d’image.
Reste une question en suspens : que devient l’engagement du chanteur à « se défendre » sans la scène pour s’exprimer ? La suite de l’instruction judiciaire devrait apporter des réponses dans les prochains mois.