Dans les comptes de Chantal, aide-soignante en Ehpad à Vichy à 1 890 € nets par mois
Chantal, 54 ans, travaille de nuit trois fois par semaine dans un Ehpad de Vichy. Après vingt-huit ans de carrière, elle touche 1 890 € nets par mois, primes comprises. Voici comment elle répartit chaque euro, entre un crédit immobilier presque soldé et deux petits-enfants qu’elle garde le mercredi.
« Je fais ce métier depuis que j’ai 26 ans, je ne me vois pas faire autre chose. Mais je compte chaque euro depuis toujours », confie-t-elle.
Un salaire gonflé par les nuits et les dimanches
Chantal est aide-soignante en CDI à temps plein, échelon confirmé de la fonction publique hospitalière. Son salaire de base atteint 1 680 € nets par mois, hors primes.
S’ajoutent la prime de nuit (elle travaille trois nuits par semaine) pour 140 €, et la prime Ségur, revalorisation actée depuis 2021, incluse dans le calcul. Les dimanches et jours fériés travaillés lui rapportent en moyenne 70 € supplémentaires par mois, de façon variable.
Au total, Chantal perçoit 1 890 € nets mensuels, un montant qui grimpe légèrement les mois où elle enchaîne plus de gardes de nuit. « Les nuits, c’est physiquement dur, mais ça change vraiment la fin de mois », précise-t-elle.

Le crédit qui touche enfin à sa fin
Chantal est propriétaire d’un pavillon de 75 m² à Vichy, acheté en 2001 avec son ex-mari. Depuis leur séparation il y a huit ans, elle rembourse seule les 210 € de mensualité restants, sur un prêt qui s’achève dans quatorze mois.
La taxe foncière représente 68 € lissés sur douze mois. L’assurance habitation coûte 22 €, l’électricité et le gaz 95 € en moyenne annuelle, plus élevés en hiver avec le chauffage au gaz.
Son forfait mobile est à 12 €, la box internet à 24,90 €. Sa mutuelle santé, indispensable avec les rythmes de nuit qui usent le corps, lui coûte 58 € par mois. L’assurance auto pour sa Clio de 2015 s’élève à 41 €.
Elle cotise aussi 35 € par mois à une mutuelle retraite complémentaire volontaire, qu’elle a ouverte à 45 ans « en me disant qu’il valait mieux prévenir ». Total des charges fixes : environ 566 €.

Des courses calculées au centime près
Chantal fait ses courses principalement chez Lidl et au marché du samedi, pour 240 € par mois. Elle cuisine presque tout elle-même, y compris pour ses petits-enfants qu’elle garde chaque mercredi.
L’essence pour se rendre à l’Ehpad, situé à 12 km de chez elle, lui coûte 95 € mensuels. Elle ne prend quasiment jamais de repas au restaurant, hormis un déjeuner avec ses collègues une fois par mois, autour de 15 €.
Côté loisirs, Chantal s’accorde un abonnement à la piscine municipale à 28 € par mois et une sortie cinéma occasionnelle. Le shopping vêtements reste minimal, environ 40 € mensuels lissés sur l’année, principalement pour ses tenues de travail.
Un budget de 60 € est réservé chaque mois pour ses petits-enfants : sorties, petits cadeaux, goûters. « Je ne compte pas ça comme une charge, c’est ma respiration de la semaine », dit-elle en souriant.
Un dernier virement qui change tout dans quatorze mois
Une fois le loyer, les charges et les courses payés, il reste à Chantal environ 180 € en fin de mois. Une somme qu’elle place systématiquement sur un livret A, sans y toucher.
« Je sais que ce n’est pas énorme, mais dans quatorze mois, le crédit sera fini. Ces 210 € en moins, ça va tout changer », explique-t-elle. Elle prévoit alors d’augmenter son épargne retraite et de s’offrir enfin un vrai voyage, un projet repoussé depuis des années.
Chantal n’a aucun autre crédit en cours, hormis le prêt immobilier. Elle évite scrupuleusement le découvert bancaire, une discipline héritée de ses parents commerçants. Son budget serré mais tenu ressemble à celui de nombreuses aide-soignantes en France, où le salaire reste souvent en dessous de celui d’autres métiers du soin.
« Je gagne moins que le salaire médian en France, qui tourne autour de 2 100 € nets. Mais avec mon crédit qui se termine, je vais enfin respirer », résume Chantal. Un soulagement qu’elle attend depuis vingt-trois ans.