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« Il sert à que dalle » : à Paris, le couvre-feu respecté mais jugé inutile après les pillages du 17 octobre

Publié par Elodie le 20 Oct 2026 à 10:53

Lundi soir, certains quartiers de Paris ont pris des airs de ville sous cloche. Rubalise tendue, policiers en travers des rues, passants qui font demi-tour : un couvre-feu a été instauré à Châtelet et à République après les pillages du 17 octobre. Selon Le Parisien, les Parisiens jouent le jeu. Mais une phrase revient, crue et sans détour, et elle dit beaucoup.

Rubalise, CRS et métro inaccessible : la scène qui résume la soirée à République

La mesure est entrée en vigueur lundi soir et devait courir jusqu’à mardi matin, six heures. Elle concerne plusieurs secteurs de la capitale, dont Châtelet et République, deux lieux que les Parisiens traversent d’ordinaire sans y penser. Là, ils se heurtent à des barrières.

Devant la place de la République, la place déjà marquée par les incidents du 17 octobre change de décor. Deux femmes soulèvent la rubalise et tentent de passer dessous. Un policier les arrête aussitôt.

« C’est fermé, c’est ça ? », demande l’une d’elles. « Voilà, c’est ça, vous faites le tour », répond un CRS à la barbe grisonnante. Le ton est calme, la consigne ferme, et personne ne discute longtemps.

Ce genre de scène, on la devine dans bien des rues bouclées : un geste d’hésitation, une réponse brève, un détour. Pourtant, la suite de l’échange raconte autre chose que de l’obéissance. Elle est bien plus embarrassante pour le dispositif, et les questions sur la présence policière face aux pillages restent dans toutes les têtes.

Respecté mais contesté : ce que pensent les Parisiens d’une mesure qui « sert à que dalle »

Premier constat, selon Le Parisien : le couvre-feu est bien respecté. Pas de bras de fer, pas de passage en force rapporté. Les deux femmes de République, une fois arrêtées, n’insistent pas.

Deuxième constat, plus piquant : beaucoup de Parisiens jugent la mesure inutile. Le titre du quotidien reprend d’ailleurs cette formule brute : « Il sert à que dalle ». Respecter une règle ne veut donc pas dire y croire.

C’est tout le paradoxe de la soirée. D’un côté, des habitants qui obéissent sans histoire. De l’autre, un doute assez répandu sur l’utilité de ces heures de fermeture, décidées après les pillages du 17 octobre.

Dans le climat politique tendu, les violences du 17 octobre ont aussi pesé sur le sommet de l’État. Une mesure de ce type se juge forcément à l’aune de ces événements. Et pour ceux qui vivent ou travaillent là, elle se juge surtout au trajet du soir.

Car République n’est pas un décor. La place a connu d’autres scènes lourdes, et chacun y projette ses souvenirs récents. Reste un détail de l’échange entre les deux femmes et le CRS qui en dit long.

Place parisienne déserte barrée par une rubalise rouge et blanche

« Comment on fait pour rentrer chez nous ? » : la question que personne ne savait trancher

Le détail est là, dans la suite du dialogue. « Mais comment on fait pour prendre le métro ? Comment on fait pour rentrer chez nous ? », reprend la seconde femme. Réponse du policier : « Ah bah ça, je ne sais pas, je n’ai pas cette info-là ».

Rien de scandaleux dans cette réponse, et surtout aucune agressivité. Mais elle révèle un trou dans la mécanique : la consigne est claire, l’alternative l’est beaucoup moins. On ferme, on dit de faire le tour, et chacun se débrouille.

Le métro est justement au cœur de la question. Ce ticket que les Parisiens valident chaque jour ne sert à rien quand les accès sont barrés. Se déplacer devient alors un casse-tête quotidien.

Voilà sans doute l’origine du « à que dalle » : une mesure d’ordre public, comprise dans son principe, mais vécue comme une contrainte sans mode d’emploi. On respecte, on rouspète, on rentre par un autre chemin.

Dans une capitale où l’espace public est aussi un terrain politique, comme l’a montré le concert interdit place de la République, chaque restriction fait débat. Celle-ci n’y échappe pas. Elle a au moins le mérite d’être suivie.

Un couvre-feu obéi mais jugé inutile : la formule résume la soirée. Respecter n’est pas approuver, et les deux femmes de République en sont la preuve vivante.

Et si ce genre de scène vous a laissé sur votre faim, ce qui est arrivé à ce chien de sécurité au pied de la tour Eiffel vous retournera tout autant.

Quant à ceux qui préfèrent les coulisses, ce que les ingénieurs du son disent vraiment du soi-disant playback de Céline Dion vaut le détour.

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