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« Je me suis mis à courir » : un drone russe traque un marchand de légumes à Kherson et explose sur lui (vidéo)

Publié par Elodie le 07 Août 2026 à 15:05

Une vidéo tourne en boucle depuis ce mardi et elle donne froid dans le dos. À Kherson, dans le sud de l’Ukraine, un homme tente d’échapper à un drone qui le suit, lentement, méthodiquement, comme un prédateur qui ne lâche jamais sa proie. Ce que montrent ces images dépasse le simple fait divers de guerre. Car derrière cette course-poursuite absurde se cache une stratégie que les autorités ukrainiennes dénoncent avec une rare fermeté.

Une course-poursuite filmée en pleine rue

Les images ont été diffusées ce mardi 4 août par la police ukrainienne. On y voit un homme en vêtements sombres, âgé de 52 ans, contourner un véhicule en pleine rue pour tenter d’échapper à un drone de type FPV. L’engin le suit sans relâche, à faible vitesse, comme s’il calculait chaque mouvement de sa cible avant de porter le coup final.

La scène se déroule à Kherson, ville régulièrement visée par des frappes russes depuis le début du conflit. Ce territoire, repris par l’armée ukrainienne fin 2022, reste une zone où la tension ne redescend jamais vraiment. Les habitants y vivent sous la menace constante de tirs d’artillerie et, désormais, de ces drones capables de traquer un individu isolé jusque dans les rues du centre-ville.

L’homme, identifié comme un marchand de légumes, n’avait visiblement aucune chance de s’en sortir seul. Sa course désespérée autour de la voiture, filmée depuis les airs, illustre à quel point la guerre a changé de visage.

Ce ne sont plus seulement des soldats ou des positions militaires qui sont visés, mais des civils ordinaires, en train de vaquer à leurs occupations quotidiennes, comme on l’a déjà vu avec d’autres infrastructures civiles touchées ailleurs dans le pays.

« Je me suis mis à courir » : un drone russe traque un marchand de légumes à Kherson et explose sur lui

« Je me suis mis à courir » : le récit d’un homme pris au piège

Selon les autorités ukrainiennes, l’homme aurait tenté de fuir dès qu’il a repéré le drone au-dessus de lui. « Je me suis mis à courir », aurait-il expliqué après les faits, selon les éléments relayés par la police locale. Un réflexe humain, presque instinctif, mais totalement dérisoire face à un engin conçu pour ne rien laisser échapper.

Le drone finit par exploser directement sur lui. La charge explosive détonne alors que l’homme se trouve encore en mouvement, incapable de trouver un abri suffisant. D’après les informations communiquées, il souffrirait de blessures et d’une commotion cérébrale. Un bilan qui aurait pu être bien plus lourd, tant la trajectoire du drone semblait millimétrée.

Ce type d’attaque n’est pas isolé. Les drones FPV, initialement conçus pour des usages sportifs ou de loisir, sont devenus des armes redoutables sur le front ukrainien. Peu coûteux, rapides à produire, ils permettent une précision chirurgicale sur des cibles mouvantes, y compris des individus isolés repérés en pleine rue. Leur usage contre des civils constitue une violation grave du droit international, mais les preuves de ces frappes ciblées se multiplient depuis plusieurs mois dans les zones frontalières.

Drone survolant un étal de légumes abandonné

Une « stratégie délibérée » selon les autorités ukrainiennes

C’est le mot employé par les responsables ukrainiens qui frappe le plus : « délibérée ». Loin d’un incident isolé ou d’une erreur de ciblage, les autorités accusent la Russie de mener une véritable politique de terreur visant les civils de Kherson. La diffusion de cette vidéo par la police n’est d’ailleurs pas anodine : elle vise à alerter l’opinion internationale sur ce qu’elles qualifient de phénomène en pleine expansion.

Plusieurs témoignages recueillis ces derniers mois évoquent des scènes similaires : des habitants pris pour cible alors qu’ils circulaient à vélo, faisaient leurs courses ou, comme ici, vendaient simplement des légumes sur un marché. Ces attaques, souvent filmées par les drones eux-mêmes, sont ensuite diffusées à des fins de propagande, renforçant le sentiment d’insécurité permanente chez les habitants qui refusent de quitter leur ville.

Kherson, régulièrement présentée comme l’une des zones les plus exposées du conflit, concentre ainsi une attention médiatique particulière. Chaque nouvelle vidéo relance le débat sur la nature de ces frappes et sur la responsabilité qui devra, un jour, être établie devant les instances internationales. En attendant, les habitants continuent de vivre, ou plutôt de survivre, sous la menace constante de ces engins silencieux qui rôdent dans le ciel.

Un homme a couru pour sa vie en pleine rue, filmé depuis les airs par l’arme même qui allait le blesser. Cette image résume, à elle seule, l’absurdité et la brutalité d’une guerre qui s’invite désormais jusque dans le quotidien le plus banal. Combien d’autres scènes de ce genre restent-elles, pour l’instant, non filmées ?

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