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7 novembre : le jour où Marie Curie est née, et où la Révolution russe a basculé en une nuit

Publié par Ambre Détoit le 06 Nov 2026 à 20:01

Le 7 novembre n’a l’air de rien, au calendrier. Pourtant, cette date a vu naître une femme qui allait recevoir deux prix Nobel, assisté au basculement de la plus grande nation du monde et couronné un écrivain qui détestait qu’on lui colle une étiquette.

Voici ce que cette journée cache dans ses tiroirs, de la Pologne de 1867 aux rues de Petrograd, en passant par un désert algérien et un tribunal de la Libération.

Cette petite Varsovienne qui allait forcer les portes de la science

Le 7 novembre 1867, à Varsovie, naît Maria Salomea Sklodowska, la plus jeune de cinq enfants. À l’époque, la Pologne est sous domination russe, et les femmes n’ont pas le droit d’étudier à l’université.

Maria contourne l’obstacle : elle suit des cours clandestins dans ce qu’on appelle l’« université volante », puis part pour Paris à 24 ans. Elle y vit dans une mansarde sans chauffage, où l’eau gèle parfois dans sa cuvette.

Devenue Marie Curie, elle décroche le prix Nobel de physique en 1903, puis celui de chimie en 1911. Elle reste la seule personne à avoir été récompensée dans deux disciplines scientifiques différentes.

Jeune scientifique dans un laboratoire sous les toits de Paris

Détail que peu de gens connaissent : ses cahiers de laboratoire sont encore radioactifs aujourd’hui. Conservés à la Bibliothèque nationale de France, ils se consultent uniquement en signant une décharge et en portant une protection.

Mais cette date de 1867 n’est que la première surprise. Un demi-siècle plus tard, à des milliers de kilomètres de Varsovie, une autre histoire s’écrit en pleine nuit.

La nuit où un palais d’hiver a changé le destin d’un empire

Dans la nuit du 6 au 7 novembre 1917 (le 25 octobre du calendrier russe de l’époque, d’où le nom de « révolution d’Octobre »), les bolcheviks s’emparent des points stratégiques de Petrograd. Le Palais d’Hiver, siège du gouvernement provisoire, tombe presque sans combat.

Le chiffre surprend : on parle de quelques morts seulement lors de la prise du palais. Le célèbre assaut spectaculaire, avec des foules déferlant dans les escaliers, est en grande partie une mise en scène du cinéma soviétique, tournée dix ans plus tard par Eisenstein.

Lénine, qui était encore recherché quelques semaines plus tôt, prend la tête d’un nouveau pouvoir. Le basculement lance l’URSS, qui va peser sur la planète pendant plus de soixante-dix ans.

Foule marchant vers le Palais d'Hiver à Petrograd en 1917

Et le plus curieux reste à venir : certains événements de ce 7 novembre se sont déroulés sans qu’aucune armée ne bouge. Il suffit parfois d’un vote, ou d’un discours, pour changer une époque.

Du désert de Libye à la Maison-Blanche : ces autres dates qui comptent

Le 7 novembre 1916, Woodrow Wilson est réélu président des États-Unis avec un slogan resté célèbre : « Il nous a tenus hors de la guerre ». Quelques mois plus tard, l’Amérique entrait pourtant dans le conflit.

En 1940, c’est un autre drame qui se joue : le pont de Tacoma Narrows, dans l’État de Washington, s’effondre sous l’effet du vent. Surnommé « Galloping Gertie » parce qu’il ondulait comme un ruban, il est resté dans les manuels d’ingénieurs comme l’exemple type de l’erreur d’aérodynamique.

Le 7 novembre 1989, Berlin vit ses derniers jours de division : le gouvernement est-allemand démissionne en bloc, deux jours avant la chute du Mur. La date marque le début d’un effet domino politique que personne n’avait prévu dans cette ampleur.

Et pour la France, le 7 novembre 1942 marque un tournant discret mais décisif : à la veille du débarquement allié en Afrique du Nord, des résistants préparent un coup de force à Alger pour neutraliser les autorités de Vichy. Cette opération a permis aux troupes américaines de débarquer avec une résistance bien moindre que prévu.

Ces événements ont un point commun : ils semblaient mineurs sur le moment, et ils ont pesé lourd. Pour les naissances de cette date, c’est un peu la même histoire.

Ces célébrités nées un 7 novembre que vous connaissez déjà

Le 7 novembre 1913, à Mondovi, en Algérie française, naît Albert Camus. Fils d’une famille modeste, élevé par une mère quasi sourde, il devient à 44 ans le deuxième plus jeune lauréat du Nobel de littérature, en 1957. Son premier métier de cœur ? Gardien de but : il a failli faire carrière dans le football avant que la tuberculose ne l’en empêche.

Plus près de nous, Lorde, née en 1996 en Nouvelle-Zélande, a conquis la planète à 16 ans avec « Royals ». Elle a écrit ce titre en à peine quelques jours, et il lui a valu deux Grammy Awards.

Autre figure de la date : Billy Graham, né en 1918, prédicateur américain qui a prêché devant plus de 200 millions de personnes au cours de sa vie, record dans son domaine.

On compte aussi Joni Mitchell, née en 1943, que Bob Dylan lui-même cite comme l’une des plus grandes songwriters de son siècle. Elle a peint elle-même la plupart de ses pochettes d’albums.

Camus, lui, aimait répéter qu’il n’était pas philosophe. Une posture assez révélatrice : certains destins refusent les cases qu’on leur impose, comme le prochain personnage de cette liste.

Les anecdotes que l’histoire a presque oubliées

Premier fait insolite : en 1944, le 7 novembre, Franklin Roosevelt est réélu pour un quatrième mandat, un record qui n’a jamais été égalé et que la Constitution américaine a depuis rendu impossible avec le 22e amendement.

Deuxième histoire : le 7 novembre 1983, une bombe explose dans le bâtiment du Capitole à Washington, sans faire de victime, en représailles à l’intervention américaine à la Grenade. Le groupe responsable avait prévenu par téléphone dix minutes plus tôt, ce qui a permis l’évacuation.

Enfin, une anecdote plus légère : en 1991, Magic Johnson annonce publiquement qu’il est séropositif, un 7 novembre. Cette déclaration a bouleversé la perception du VIH aux États-Unis, à un moment où la maladie restait associée à la honte.

Le basketteur a pourtant continué à jouer, remporté une médaille d’or olympique en 1992 et vécu des décennies de plus que ce que les médecins prédisaient à l’époque.

Si cette plongée dans le 7 novembre vous a donné envie de remonter le temps, vous pouvez enchaîner avec la veille, où Napoléon a perdu un million de dollars en ruines. Et pour comprendre comment une seule nuit peut faire basculer un empire, direction le complot qui a failli raser le Parlement anglais.

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