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5 novembre : le jour où un complot a failli raser le Parlement anglais, et où Vivien Leigh est née

Publié par Ambre Détoit le 04 Nov 2026 à 20:01

Trente-six barils de poudre noire, cachés sous le palais de Westminster, prêts à faire sauter un roi et tout son Parlement. Le 5 novembre est une date qui sent la fumée, les feux de joie et les secrets d’État.

Ce jeudi 5 novembre 2026, on remonte le temps : un complot raté qui se fête encore, un homme qui pensait redevenir roi, des naissances célèbres et deux anecdotes que tu ressortiras à l’apéro. Le plus étonnant arrive pourtant assez tard.

1605 : trente-six barils sous le Parlement

Dans la nuit du 4 au 5 novembre 1605, un homme est arrêté dans les caves du Parlement de Londres. Il s’appelle Guy Fawkes, il surveille 36 barils de poudre. Dans quelques heures, le roi Jacques Ier doit y ouvrir la session parlementaire.

Derrière lui, un groupe de conspirateurs catholiques, exaspérés par les persécutions religieuses. Leur plan : tuer le roi, ses ministres et une bonne partie de l’aristocratie d’un seul coup. Une lettre anonyme envoyée à un lord a pourtant tout fait capoter.

Fawkes est torturé, puis condamné à une mort atroce. Mais le détail qui surprend, c’est la suite : l’Angleterre a décidé de commémorer l’échec du complot. Depuis plus de quatre siècles, on y allume des feux de joie chaque 5 novembre, la Bonfire Night. Reste à savoir comment un traître est devenu un masque pop.

Cave médiévale avec barils de poudre et conspirateur éclairé

Le visage du traître est devenu un symbole mondial

Au XXe siècle, le visage souriant de Guy Fawkes quitte les livres d’histoire. La bande dessinée « V pour Vendetta » en fait le masque d’un justicier anarchiste, puis le film de 2005 le propulse dans la culture populaire.

Aujourd’hui, ce masque blanc à moustache fine est porté par des manifestants aux quatre coins du globe, des cortèges d’Anonymous aux rassemblements contre les banques. Un conspirateur catholique du XVIIe siècle est devenu l’emblème de la contestation moderne.

Le plus ironique ? Les droits du masque appartiennent à une grande major américaine, qui touche donc une commission sur chaque exemplaire vendu. Mais ce n’est pas la seule histoire de ce jour qui implique un homme à la mauvaise réputation.

1914 : la Grande-Bretagne entre dans la danse contre la Turquie

Le 5 novembre 1914, trois mois après le début de la Première Guerre mondiale, le Royaume-Uni et la France déclarent la guerre à l’Empire ottoman. Quelques jours plus tôt, des navires turcs avaient bombardé des ports russes de la mer Noire.

Cette déclaration ouvre un nouveau front, du Proche-Orient aux Dardanelles. Elle prépare aussi, sans que personne ne le mesure encore, le dépeçage de l’Empire ottoman et le tracé de frontières dont on paie encore les conséquences un siècle plus tard.

Le conflit venait de changer d’échelle : ce qui était une guerre européenne devenait une guerre mondiale à part entière. Mais un autre 5 novembre a changé le visage d’un pays à l’échelle du vote.

1912 : Wilson, le professeur qui devient président

Le 5 novembre 1912, les Américains élisent Woodrow Wilson, un ancien professeur d’université, 28e président des États-Unis. Il profite d’une division spectaculaire chez les républicains, où l’ancien président Theodore Roosevelt s’est présenté contre son propre successeur.

Résultat : Wilson l’emporte largement en nombre de grands électeurs. Il entrera dans l’histoire pour avoir engagé son pays dans la Première Guerre mondiale en 1917, puis pour avoir défendu l’idée d’une Société des Nations, ancêtre de l’ONU.

Foule britannique autour d'un grand feu de joie nocturne

1940 : Roosevelt fait ce que personne n’avait osé

Le 5 novembre 1940, Franklin D. Roosevelt remporte un troisième mandat présidentiel, un fait inédit dans l’histoire américaine. Jusque-là, la tradition voulait qu’un président s’arrête à deux mandats, comme George Washington l’avait fait.

Avec la guerre qui fait rage en Europe, les électeurs choisissent la continuité. Roosevelt sera même réélu une quatrième fois en 1944. C’est ce qui poussera les Américains à limiter la fonction à deux mandats par amendement constitutionnel, quelques années plus tard.

Ce jour-là, les États-Unis ont donc voté pour la stabilité en pleine tempête. Mais il y a aussi des histoires de pouvoir qui se règlent sans urnes.

1956 : Suez, le dernier coup de force des vieilles puissances

Le 5 novembre 1956, des parachutistes britanniques et français sautent sur Port-Saïd, en Égypte. L’objectif : reprendre le contrôle du canal de Suez, nationalisé par Nasser quelques mois plus tôt.

L’opération militaire est un succès sur le terrain, mais un désastre politique. Les États-Unis et l’URSS, pourtant rivaux, exigent le retrait immédiat. Londres et Paris reculent en quelques jours, humiliés.

La crise de Suez marque un tournant : elle montre que les anciennes puissances coloniales ne peuvent plus décider seules du destin du monde. Mais l’histoire ne retient pas que les canons de ce jour, elle retient aussi des visages.

Ces célébrités qui soufflent leurs bougies un 5 novembre

La date a vu naître l’une des plus grandes actrices du cinéma américain : Vivien Leigh, née en 1913 à Darjeeling, en Inde britannique. Elle deviendra Scarlett O’Hara dans « Autant en emporte le vent », puis Blanche DuBois dans « Un tramway nommé Désir », deux rôles couronnés d’un Oscar.

Tatum O’Neal est née en 1963 à Los Angeles. À 10 ans seulement, elle décroche l’Oscar du meilleur second rôle pour « La Barbe et la Mine », et reste à ce jour la plus jeune lauréate de l’histoire de la cérémonie.

Côté musique, Art Garfunkel, la voix angélique de Simon & Garfunkel, est né le 5 novembre 1941 à New York. Et Bryan Adams, auteur de « Summer of ’69 », est venu au monde en 1959 à Kingston, au Canada.

Le point commun entre tous ces destins ? Aucun n’était écrit d’avance. Reste à voir ce que cette date cache de plus étrange.

Les anecdotes insolites que le calendrier ne raconte pas

Première curiosité : en Angleterre, on brûle encore chaque année des effigies de Guy Fawkes sur des bûchers géants. Les enfants les fabriquent avec de vieux vêtements et mendient quelques pièces en criant « un penny pour le Guy ». Une tradition qui mélange fête populaire et mémoire d’un attentat raté.

Deuxième curiosité : la comptine « Remember, remember, the fifth of November » est apprise par tous les écoliers britanniques. Elle rappelle que la poudre et la trahison ne doivent jamais être oubliées.

Et selon l’histoire populaire, Guy Fawkes serait le seul homme à être entré au Parlement avec les meilleures intentions… de le faire exploser. Une plaisanterie bien britannique qui résume tout le personnage.

Si tu aimes ces plongées dans le calendrier, tu peux commencer par la veille, avec Toutânkhamon et poursuivre avec ce chien parti dans l’espace en 1957.

Tu peux aussi remonter jusqu’à Marie-Antoinette née un 2 novembre, ou le séisme qui a rasé Lisbonne. Une histoire insolite sur la poudre et le feu te tente ? Orson Welles a fait croire à l’Amérique que Mars attaquait, et ça valait le détour.

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