4 novembre : le jour où Toutânkhamon a ressurgi du sable, et où Matthew McConaughey est né
Un escalier de pierre dégagé par un jeune garçon qui portait de l’eau, un président élu après une nuit électorale historique, un coup de feu tiré à la fin d’un rassemblement pour la paix. Le 4 novembre a vu défiler des moments qui ont fait basculer des vies, des pays, parfois le monde entier.
Mais ce n’est pas tout : cette date a aussi vu naître des visages que tu connais par cœur, et caché quelques histoires que les manuels oublient. Prêt à remonter le temps ?
Le jour où une marche enfouie a mené au plus grand trésor d’Égypte
Nous sommes en 1922, dans la Vallée des Rois. L’archéologue britannique Howard Carter fouille le site depuis des années, financé par Lord Carnarvon, qui s’impatiente et commence à perdre espoir. Le 4 novembre, un jeune porteur d’eau heurte une pierre qui n’a rien de naturelle : c’est la première marche d’un escalier taillé dans le roc.
Carter fait dégager l’ensemble. Il découvre une porte scellée, encore intacte, portant les sceaux de la nécropole royale. Il comprend vite qu’il tient peut-être quelque chose d’immense, mais il attend l’arrivée de Lord Carnarvon pour franchir le seuil.

Le 26 novembre, il perce un trou dans la seconde porte et glisse une bougie. Son associé lui demande s’il voit quelque chose. Sa réponse est entrée dans l’histoire : « Oui, des choses merveilleuses. » Il venait de trouver la tombe de Toutânkhamon, pratiquement intacte, avec plus de 5 000 objets.
Et le plus étonnant dans cette histoire, c’est le sort de celui qui l’a financée. Tu vas voir pourquoi la légende d’une malédiction est née dans les mois qui ont suivi.
La « malédiction » qui a fait vendre des millions de journaux
Lord Carnarvon meurt en avril 1923, à peine cinq mois après l’ouverture de la tombe. La cause : une septicémie, consécutive à une piqûre de moustique infectée que le comte avait écorchée en se rasant. Rien de surnaturel, mais la presse s’emballe.
Les journaux britanniques alignent les titres sur une prétendue malédiction du pharaon. Le romancier Arthur Conan Doyle, créateur de Sherlock Holmes, alimente lui-même la rumeur en évoquant des « esprits élémentaires » créés par les prêtres. Le public adore et en redemande.
Pourtant, Howard Carter, le premier à être entré dans la chambre, a vécu jusqu’en 1939. Il est mort à 64 ans d’un cancer lymphatique. Les statistiques, elles, démontrent que les membres de l’expédition ont vécu en moyenne aussi longtemps que leurs contemporains.
Une nuit de 2008 où l’Amérique a changé de visage
On avance de 86 ans. Le 4 novembre 2008, des millions d’Américains se pressent aux urnes lors d’un scrutin à la participation record depuis 1968. Vers 23 heures, heure de la côte Est, les chaînes américaines déclarent Barack Obama vainqueur.
Le sénateur de l’Illinois, âgé de 47 ans, devient le premier président noir de l’histoire des États-Unis. Il l’emporte avec 365 grands électeurs contre 173 pour John McCain, et dépasse les 69 millions de voix, un record à l’époque.

À Chicago, devant plus de 200 000 personnes réunies à Grant Park, il prononce son discours de victoire. Dans la foule, des visages en larmes, d’autres qui n’osaient pas y croire. Certains avaient connu la ségrégation, et parlaient d’un moment qu’ils pensaient ne jamais vivre.
Mais un autre 4 novembre, quinze ans plus tôt, avait plongé un autre pays dans la stupeur. Cette fois, ce n’était pas une élection qui se jouait, mais une vie.
1995 : le coup de feu qui a suivi un chant pour la paix
Le 4 novembre 1995, Tel-Aviv accueille un immense rassemblement en faveur du processus de paix avec les Palestiniens. Le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, 73 ans, monte sur scène, chante même avec la foule l’hymne de la paix. Il plie ensuite la feuille de paroles et la glisse dans sa poche.
En quittant l’estrade, il est abattu de trois balles dans le dos par Yigal Amir, un étudiant israélien d’extrême droite opposé aux accords d’Oslo. Rabin meurt à l’hôpital quelques minutes plus tard. La feuille ensanglantée, retrouvée dans sa veste, est aujourd’hui conservée dans un musée israélien.
Cet assassinat a durablement fragilisé le processus de paix. Beaucoup d’historiens estiment qu’il a marqué un tournant, et que la région n’a jamais retrouvé ce fragile élan.
Les autres rendez-vous que ce 4 novembre n’a pas oubliés
Remontons plus loin. En 1501, le prince Arthur Tudor, fils aîné d’Henri VII d’Angleterre, épouse Catherine d’Aragon à Londres. Il meurt cinq mois plus tard. Sa jeune veuve épousera son frère cadet, le futur Henri VIII, avec les conséquences que l’on sait sur l’Église d’Angleterre.
En 1979, la prise d’otages de l’ambassade américaine à Téhéran commence : des étudiants iraniens s’emparent du bâtiment et retiennent 52 Américains pendant 444 jours. Cette crise a durablement pesé sur la présidence de Jimmy Carter et sur les relations entre les deux pays.
En 1956, les chars soviétiques entrent dans Budapest pour écraser l’insurrection hongroise. En quelques jours, des milliers de Hongrois sont tués et près de 200 000 prennent la route de l’exil. Le monde regarde, mais personne ne bouge.
Et pour finir sur une note culturelle : le 4 novembre 1939, au Waldorf Astoria de New York, plusieurs inventions marquent l’époque. Mais c’est surtout au cinéma que cette date a laissé sa trace, comme tu vas le découvrir en parcourant les visages nés ce jour-là.
Ces célébrités qui soufflent leurs bougies un 4 novembre
Commençons par un acteur à l’accent texan inimitable. Matthew McConaughey est né le 4 novembre 1969 à Uvalde, au Texas. Révélé dans « Dazed and Confused », il a longtemps incarné les comédies romantiques avant de se réinventer. Son rôle dans « Dallas Buyers Club » lui a valu l’Oscar du meilleur acteur en 2014, après un amaigrissement spectaculaire.
Même jour, 1969 aussi : Sean « Diddy » Combs voit le jour à Harlem. Producteur, rappeur et homme d’affaires, il a marqué le hip-hop des années 1990 avec son label Bad Boy Records, qui a lancé The Notorious B.I.G. Son parcours est devenu un feu roulant d’actualité judiciaire ces dernières années.
Côté sportif, on retient aussi la naissance de Ludivine Sagnier en 1979 : l’actrice française, révélée dans « Huit femmes » de François Ozon, a su s’imposer au cinéma comme à la télévision. Trois destins très différents pour un même jour de calendrier.
Les petites histoires que le 4 novembre garde pour la fin
Voici de quoi briller au prochain dîner. En 1922, au moment même où Carter découvre cette fameuse marche, la presse n’est pas encore au courant. Il faudra attendre plusieurs jours pour que le monde apprenne la nouvelle par télégramme, et le Times de Londres négociera l’exclusivité de toute l’histoire.
Autre curiosité : le 4 novembre 1952, la National Security Agency est officiellement créée aux États-Unis par un mémo secret du président Truman. Pendant des années, ses initiales ont fait dire aux initiés qu’elles signifiaient « No Such Agency », tant son existence était tue.
Si tu aimes ces plongées dans le calendrier, ne t’arrête pas là. Remonte la veille : l’éphéméride du 3 novembre raconte comment un chien a quitté la Terre en 1957 sans jamais y revenir. Et si le thème des grands bouleversements te passionne, l’éphéméride du 1er novembre te réserve un séisme qui a rasé une capitale européenne en quelques minutes.