1 novembre : le jour où un séisme a rasé Lisbonne en 1755, et où Toussaint rime avec catastrophe
Le 1er novembre, la France se recueille. C’est la Toussaint, un jour férié, des chrysanthèmes sur les tombes, des cimetières bondés. Pourtant, dans l’histoire du monde, cette date a vu défiler des événements bien plus bruyants que ce calme de façade.
Une ville entière engloutie en pleine messe, une monnaie lancée sans cérémonie, un fantôme de la guerre froide qui hante encore les cartes. Et une poignée de naissances qui ont marqué le cinéma et la musique. On commence par le drame qui a tout changé.
Lisbonne s’effondre pendant la messe de la Toussaint
Nous sommes en 1755, un samedi, jour de la Toussaint. Vers 9h40, les Lisboètes sont à l’église, les bougies allumées par milliers. Le sol se met à trembler pendant plusieurs minutes, une première secousse qui fissure les murs des cathédrales.
Beaucoup de survivants courent alors vers le Tage, pensant y trouver refuge. Mauvais calcul : la mer se retire, puis revient en trois vagues géantes. Les bougies renversées des églises mettent le feu aux ruines, et l’incendie dure cinq jours.

Le bilan est vertigineux. Les historiens estiment entre 30 000 et 60 000 morts rien qu’à Lisbonne, soit près d’un habitant sur quatre. Le palais royal, l’opéra tout juste inauguré, la grande bibliothèque : tout disparaît, avec des archives précieuses du Portugal.
Mais le plus étonnant se joue après la catastrophe. Le détail qui a fait entrer ce séisme dans la philosophie reste à découvrir.
Le séisme qui a fait trembler la foi des philosophes
Voltaire en est resté bouleversé. Dans son poème sur le désastre de Lisbonne, il s’interroge : comment un Dieu bon peut-il laisser mourir des fidèles en pleine prière ? Le débat avec Rousseau fait rage dans toute l’Europe.
Côté pratique, le Premier ministre portugais, le marquis de Pombal, aurait lancé une phrase restée célèbre : « On enterre les morts et on nourrit les vivants. » Il fait reconstruire la ville avec des rues larges et des bâtiments antisismiques, testés grâce à des soldats qui marchaient autour de maquettes en bois.
On considère aujourd’hui ce chantier comme l’un des premiers exemples de génie parasismique. Et si le monde n’a pas fini de parler de l’argent, la date réserve un autre tournant, bien plus récent.
1999 : l’euro entre en scène sans bruit
Le 1er janvier 1999, l’euro naît officiellement, mais seulement sur le papier. Pour trouver l’ancêtre de la monnaie unique, il faut remonter au 1er novembre 1993 : le traité de Maastricht entre en vigueur ce jour-là, et l’Union européenne prend son nom actuel.
Ce texte fixe les règles du jeu : critères de convergence, dette limitée, inflation surveillée. À l’époque, peu de Français mesurent l’ampleur du changement. Les conséquences, elles, se compteront en milliards d’euros.
Le traité transforme une communauté économique en union politique, avec une citoyenneté européenne à la clé. Certains pays négocient même des exemptions, comme le Royaume-Uni, qui refuse de passer à la monnaie unique.
Et ce n’est pas le seul 1er novembre qui a modifié la carte de l’Europe. Un autre épisode, venu des États-Unis, a changé la façon de communiquer.
Le jour où l’Amérique a lancé sa première course à la Lune… ou presque

Le 1er novembre 1952, les États-Unis font exploser Ivy Mike, la première bombe à hydrogène, dans le Pacifique. L’île d’Elugelab, dans l’atoll d’Eniwetok, disparaît purement et simplement de la carte, remplacée par un cratère de près de deux kilomètres de large.
La puissance libérée dépasse 10 mégatonnes, soit environ 700 fois Hiroshima. Les scientifiques observent le champignon atomique monter à 40 kilomètres d’altitude, bien au-delà des nuages. L’armée américaine garde l’information secrète pendant des mois.
Ce test ouvre une nouvelle phase de la guerre froide, où chaque camp cherche à surpasser l’autre. Moins de dix mois plus tard, l’URSS réplique avec sa propre bombe thermonucléaire. L’escalade ne fait que commencer.
Ces visages nés un 1er novembre que vous connaissez par cœur
Côté cinéma, Gary Cooper naît le 7 mai 1901, mais Lyle Lovett, lui, vient au monde le 1er novembre 1957 à Klein, au Texas. Chanteur country, acteur chez Robert Altman, il a aussi été l’époux de Julia Roberts pendant deux ans.
Autre star née un 1er novembre : Aishwarya Rai Bachchan, en 1973 à Mangalore, en Inde. Élue Miss Monde en 1994, elle devient l’un des visages majeurs de Bollywood et fait même le tour des tapis rouges de Cannes.
Citons enfin le footballeur espagnol Fernando Torres, né un 20 mars, mais aussi Toni Collette, actrice australienne née en 1972, ou Rob Riggle. La date regorge de talents, souvent loin des projecteurs à leurs débuts. Et pour finir, une anecdote aussi absurde que vraie.
L’anecdote qui prouve que la Toussaint n’est jamais calme
En 1950, deux nationalistes portoricains tentent d’assassiner le président Harry Truman à Washington. Le 1er novembre, ils attaquent Blair House, la résidence temporaire du président pendant les travaux de la Maison-Blanche.
Truman, qui fait la sieste à l’étage, est réveillé par les coups de feu. Un policier tue l’un des assaillants, mais trouve la mort dans l’échange. Le président, lui, regarde la scène par la fenêtre, avant que les agents le fassent reculer.
L’autre assaillant survit, condamné à mort, puis gracié par Truman lui-même. Le geste surprend tout le monde : l’homme visé par l’attentat sauve son agresseur. L’histoire du 1er novembre ne manque jamais de rebondissements.
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