Incendie à Paris : le marché des Enfants-Rouges, classé depuis 1982, est « totalement détruit » selon les pompiers
Dans la nuit de dimanche à lundi, un violent incendie a ravagé le marché des Enfants-Rouges, rue de Bretagne, à Paris. Les flammes et un épais panache de fumée se voyaient au-dessus des toits du 3e arrondissement. Le constat des pompiers est tombé au petit matin, et il tient en une phrase très dure que vous découvrirez plus bas.

Une nuit de flammes dans le Marais : que s’est-il passé rue de Bretagne ?
L’alerte a été reçue par les pompiers lundi à 4h15. Très vite, d’importantes flammes se sont élevées au-dessus des immeubles du quartier. Les sapeurs-pompiers de Paris ont déployé une importante intervention pour tenter d’enrayer le sinistre.
Sur les réseaux sociaux, les images ont circulé en quelques minutes : un incendie « très violent » en plein centre de la capitale, un marché « entièrement pris feu », selon les messages relayés notamment par BFMTV. Le 39, rue de Bretagne s’est retrouvé au centre de toutes les attentions, alors que le quartier dormait encore. Les images de nuit donnent la mesure de l’ampleur du sinistre.
Quand un feu touche un site de ce genre, la crainte est toujours la même : les riverains, les commerçants, et les fameuses flammes qui se propagent plus vite qu’on ne l’imagine. Ici, la mobilisation a été rapide et massive. Le maire de Paris Centre, Ariel Weil, a pris la parole tôt dans la matinée.
Il a demandé aux habitants et aux automobilistes d’éviter le secteur, afin de faciliter les opérations de secours. Cette consigne rappelle d’autres journées où les flammes ont mobilisé de lourds moyens, comme lors des grands incendies du Sud-Ouest, même si l’échelle n’a rien de comparable. Reste la question que tout le monde se pose : que reste-t-il, exactement, du marché ?
« Totalement sinistré » : le constat sans appel des pompiers
La réponse est arrivée à 8h13, sur place, par la voix du lieutenant-colonel Pierre de Bouvier. « Le marché a été totalement détruit, il ne reste plus rien du marché couvert », a-t-il déclaré. Difficile d’être plus clair.
Quelques heures plus tôt, Ariel Weil avait déjà annoncé que le marché était « totalement sinistré », tout en précisant que l’incendie avait été maîtrisé. Les deux discours se rejoignent : le feu est sous contrôle, mais les dégâts sont considérables. Le bâtiment, lui, n’a visiblement pas résisté à la nuit.
Côté humain, le bilan reste limité. Selon le lieutenant-colonel, un pompier a fait un léger malaise, mais aucune autre victime n’est à déplorer. C’est la seule note rassurante d’un matin par ailleurs très sombre.
Dans la capitale, les lieux du quotidien changent parfois de visage, pour le meilleur comme pour le pire, comme le montre ce Métro des années 50 que plus personne ne reconnaîtrait. Mais ici, ce n’est pas le temps qui a transformé les lieux, c’est une seule nuit. Et le plus frappant reste peut-être ce qui se trouvait à l’intérieur.
Quatre siècles d’histoire et une grande inconnue : l’origine du feu
Avant d’aller plus loin, un détour par la capitale d’hier, celle des vieux repères qui disparaissent, avec cet exemple de décision ancienne dont on voit encore les traces partout. Car le marché des Enfants-Rouges, ce n’était pas un lieu comme les autres. Fondé en 1615, il était le plus ancien marché alimentaire couvert encore en activité dans la capitale.
Classé monument historique depuis 1982, il réunissait des commerçants, des artisans et de nombreux restaurants très fréquentés par les Parisiens comme par les touristes. Son activité remontait à plus de quatre siècles, au cœur du Marais. C’est ce patrimoine vivant qui s’est évanoui en quelques heures.
Reste l’essentiel : l’origine de l’incendie n’est pas connue. Les autorités n’ont pas non plus précisé l’étendue exacte des destructions, ni la durée de fermeture du marché. Aucune hypothèse n’a été avancée à ce stade, et il serait hâtif d’en formuler une.
Une enquête devra, comme souvent après un sinistre de cette ampleur, permettre d’y voir plus clair. D’ici là, les questions sur l’avenir du lieu et de ceux qui y travaillaient restent entières. Ce marché, lui, ne vit plus que dans la mémoire des habitués.
Le plus vieux marché couvert de Paris n’est plus qu’un champ de ruines, mais son histoire de 400 ans, elle, ne s’efface pas. Et si vous pensiez que seuls les lieux disparaissent, ce réflexe étrange que des milliers d’animaux déclenchent sans danger prouve que la nature aussi aime nous surprendre.
Et quand on parle de traces laissées par le temps, ce que la dent d’une momie de 700 ans vient de révéler est encore plus troublant.
