Attaqués depuis l’Iran : 8 pétroliers et 2 navires américains visés, le baril dépasse 100 dollars

La nuit a été chaude dans le Golfe. Après des mois de tensions, l’engrenage militaire entre l’Iran et les États-Unis vient de franchir un nouveau cap. Des missiles ont volé, des navires ont été visés, et le baril de pétrole flirte désormais avec un seuil que personne n’avait plus vu depuis longtemps. Reste à savoir jusqu’où cette spirale peut aller, et ce que cela va coûter à la pompe.
Une nuit de frappes qui change la donne dans le Golfe
Tout est parti mardi d’une frappe américaine contre cinq pétroliers iraniens, dans le golfe d’Oman et près de l’île de Kharg. Washington affirme avoir prévenu les équipages avant de détruire les navires, présentant cette opération comme une réponse à deux tentatives iraniennes de viser un bâtiment de guerre américain avec des missiles balistiques.
Le secrétaire d’État Marco Rubio n’a pas mâché ses mots : « À chaque fois qu’ils le font ou tentent de le faire, ils vont perdre des pétroliers. » Une déclaration qui sonne comme un avertissement, alors que le prix du pétrole s’envole déjà depuis plusieurs jours dans la région.
Le chef d’état-major iranien, Ali Abdollahi, avait pourtant prévenu en amont : toute nouvelle attaque contre des pétroliers entraînerait des frappes directes contre les bases américaines de la zone. Une menace qui n’a pas tardé à se concrétiser, plongeant un peu plus le détroit d’Ormuz dans l’incertitude.
La riposte iranienne : missiles sur la Jordanie, navires visés dans le Golfe
La réponse iranienne s’est jouée sur deux fronts. D’abord, des missiles balistiques tirés depuis le territoire iranien contre la base d’Al-Azraq, en Jordanie, utilisée par les forces américaines. Selon l’armée jordanienne, vingt missiles ont été lancés, dont dix-huit interceptés par la défense aérienne, les deux autres tombant dans des zones inhabitées sans faire de victime.
Les Gardiens de la Révolution affirment avoir visé les installations accueillant des avions de combat américains F-35, F-16 et F-15, assurant avoir causé d’importants dégâts aux abris et aux lieux de déploiement.
Parallèlement, Téhéran a revendiqué une série d’attaques dans le Golfe et aux abords du détroit d’Ormuz : deux bâtiments américains, huit pétroliers ainsi que dix autres navires auraient été pris pour cible. Le communiqué des Gardiens de la Révolution, relayé par l’agence officielle Irna, évoque « des dégâts considérables » infligés à la marine américaine.
Ces affirmations n’ont toutefois pas été confirmées de manière indépendante, une constante dans ce type de conflit où chaque camp communique ses propres versions des faits. La tension monte aussi ailleurs, avec les craintes d’un embrasement plus large évoquées par plusieurs observateurs.

Le baril dépasse 100 dollars, la facture menace d’exploser en France
Conséquence immédiate de cette escalade : le Brent a franchi mercredi la barre symbolique des 100 dollars le baril, un niveau qui alimente déjà les inquiétudes sur les marchés énergétiques mondiaux. Dans la nuit, les prix continuaient de grimper en Asie, le baril s’approchant toujours plus de ce seuil critique.
La situation régionale n’arrange rien. Les Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, ont eux aussi intensifié leurs opérations contre l’Arabie saoudite, faisant des dizaines de blessés et touchant des installations pétrolières. Le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour près d’un cinquième de l’approvisionnement pétrolier mondial, voit son trafic maritime fortement perturbé.
Pour les automobilistes français, l’équation s’annonce délicate. Une flambée durable du baril à 100 dollars se répercute mécaniquement sur les prix à la pompe, dans un contexte déjà tendu depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Reste à voir si une désescalade, comme celle observée après de précédents épisodes, viendra calmer le jeu avant que la facture ne devienne insoutenable.
Un baril à 100 dollars, des navires visés dans deux directions, et un détroit stratégique sous tension : la spirale semble s’accélérer plus vite que les diplomaties. Combien de temps avant que cette escalade ne se traduise concrètement sur les prix en France ?