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Un légionnaire français enlevé en Colombie en pleine permission : ce que l’on sait

Publié par Elodie le 28 Août 2026 à 10:56
Route isolée en montagne colombienne au crépuscule

Il était rentré au pays le temps d’une permission, loin des rangs de la Légion étrangère française. José Olger Melo Charry ne s’attendait sûrement pas à ce que sa route se transforme en piège. Le 6 août dernier, ce caporal franco-colombien a disparu sur une route du sud-ouest de la Colombie. Voici ce que l’armée française a révélé sur les circonstances exactes de cet enlèvement, et sur ceux qui le retiennent.

Une permission qui vire au cauchemar

Ça se passe en plein été, dans le département de Nariño, une région du sud-ouest colombien connue pour abriter des groupes armés actifs. José Olger Melo Charry y circulait tranquillement le 6 août, comme n’importe quel militaire en repos rentré voir sa famille. Il ne savait probablement pas que cette route allait devenir le théâtre de sa capture.

L’information n’a été rendue publique que le 27 août, soit près de trois semaines plus tard. Un délai qui interroge, mais qui s’explique souvent par la discrétion nécessaire dans ce type de dossier sensible, où chaque déclaration publique peut compliquer une éventuelle négociation. Ce genre de situation d’urgence impose souvent la plus grande prudence aux autorités concernées.

Le caporal Melo Charry n’est pas un inconnu de l’institution militaire française : il sert dans la Légion étrangère depuis quatre ans. Un engagement de longue durée qui en dit long sur son parcours, mais qui a aussi, semble-t-il, joué contre lui au moment de sa capture. Reste à comprendre pourquoi cette appartenance a précisément motivé son enlèvement, et par qui.

Des ex-Farc voulaient précisément un légionnaire

Selon un rapport de l’armée consulté par l’AFP, les ravisseurs présumés sont des dissidents des Farc, cette ancienne guérilla officiellement dissoute mais dont certaines factions ont refusé de déposer les armes après l’accord de paix de 2016. Ces groupes n’ont jamais totalement disparu du paysage colombien, et continuent d’opérer dans plusieurs régions reculées du pays.

Le détail le plus troublant, c’est le mobile. D’après le document militaire, les rebelles auraient enlevé le caporal après avoir compris qu’il appartenait à la Légion étrangère française. Autrement dit, ce ne serait pas un enlèvement de circonstance, mais un ciblage précis une fois son identité découverte. Ce détail change complètement la nature de l’affaire.

Le groupe soupçonné d’être derrière cette prise d’otage est dirigé par un certain Ivan Mordisco, considéré comme le guérillero le plus recherché de Colombie actuellement. Son organisation, comme la plupart des groupes armés dissidents, tire ses revenus du trafic illégal de drogue et de l’exploitation minière clandestine. Les enlèvements y servent souvent de moyen de pression ou de source d’extorsion financière directe.

Officier militaire inquiet consultant une carte

Une Colombie sous tension politique

Ce qui rend cette affaire encore plus sensible, c’est le contexte politique dans lequel elle éclate. Le président Abelardo de la Espriella, tenant de la droite dure, vient tout juste d’arriver au pouvoir début août. Sa ligne est claire : une lutte sans concession contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec l’appui affiché des États-Unis.

Ce durcissement tranche radicalement avec la présidence précédente. Son prédécesseur de gauche, Gustavo Petro, ancien membre lui-même d’une autre guérilla aujourd’hui dissoute, avait multiplié les tentatives de paix. Le bilan est amer : la plupart de ses négociations ont échoué, et de nombreux experts estiment que les groupes armés se sont même renforcés pendant son mandat.

Cet enlèvement tombe donc à un moment charnière, où le nouveau pouvoir colombien tente d’imposer une fermeté retrouvée face à des groupes qui n’ont jamais vraiment cessé de sévir. Pour l’armée française, la priorité reste désormais de localiser précisément où est retenu son caporal, et d’obtenir des informations fiables sur son état. Les situations de crise de ce type nécessitent une coordination diplomatique délicate entre plusieurs pays.

Un légionnaire enlevé en pleine permission, un guérillero parmi les plus traqués du pays, et une Colombie qui change de cap politique : trois ingrédients qui font de cette affaire un dossier à suivre de très près. Reste une question en suspens : combien de temps faudra-t-il pour retrouver José Olger Melo Charry ?

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