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« No input signal » : les images glaçantes d’un journaliste touché en direct par une frappe israélienne

Publié par Elodie le 10 Sep 2026 à 9:15
Correspondant de télévision choqué par une explosion proche

Un micro à la main, un décor de guerre en toile de fond : c’est le quotidien de nombreux correspondants au Liban. Mais dimanche dernier, ce quotidien a basculé en quelques secondes, en direct, devant des milliers de téléspectateurs.

Les images, depuis, tournent en boucle sur les réseaux sociaux. Elles montrent un homme qui se prépare à parler face caméra, puis qui disparaît littéralement dans un nuage de poussière et de feu.

Ce qui s’est réellement passé à ce moment précis, et ce qu’il est devenu depuis, mérite d’être raconté sans raccourci.

Un reportage comme un autre, jusqu’à la déflagration

Tout commence à Nabatieh al-Fawqa, dans le sud du Liban, une région régulièrement visée par les bombardements israéliens ces derniers mois. Ce dimanche-là, une nouvelle journée de frappes s’abat sur le secteur.

Ali Chbib, correspondant de la chaîne Al-Manar, s’installe face à son cameraman. Il s’apprête à livrer son intervention en direct, comme il l’a probablement fait des dizaines de fois dans cette même zone.

Le climat régional n’a rien d’apaisant : entre les tensions autour du risque d’embrasement plus large et les inquiétudes sur les zones les plus exposées à un conflit, le sud-Liban reste sous très haute tension depuis des mois. Ali Chbib le sait. Son travail consiste justement à documenter cette violence, jour après jour, pour informer.

Personne, au moment où il ajuste son micro, ne s’attend à ce que la scène bascule en quelques secondes.

La caméra continue de tourner, malgré l’explosion

Sur la vidéo diffusée par la chaîne, tout se joue en un instant. Une déflagration retentit à proximité immédiate du journaliste. Ali Chbib se baisse instinctivement, tandis qu’une boule de feu s’élève juste derrière lui et que des débris volent dans toutes les directions.

Ce genre de scène rappelle à quel point les répercussions des frappes dans la région dépassent largement le seul terrain militaire, jusqu’à faire grimper le prix du baril de pétrole ou perturber le trafic aérien, comme l’ont montré les vols annulés par Transavia ce printemps à cause des tensions autour du détroit d’Ormuz.

Quelques secondes après l’explosion, la liaison est coupée net. L’écran affiche un message froid, presque absurde tant il contraste avec ce qui vient de se produire : « No input signal ». Plus rien. Le direct s’arrête là, en pleine catastrophe.

Selon les informations données par Al-Manar, Ali Chbib et son cameraman, Mohammad Berjawi, ont tous les deux été blessés dans l’explosion. La chaîne n’a pas précisé, à ce stade, la gravité exacte de leurs blessures.

Écran de télévision noir après interruption du direct

Le rappel brutal d’un métier à haut risque

Ce qui frappe dans ces images, au-delà du choc immédiat, c’est ce qu’elles disent du métier de correspondant de guerre. Ali Chbib ne se trouvait pas sur un plateau protégé. Il était sur le terrain, là où l’armée israélienne mène ses opérations pour tenter de déloger des groupes armés dans la région.

Un journaliste qui couvre une zone de bombardements actifs n’a aucune garantie d’immunité. Ce n’est pas un jeu de télé-réalité où l’on distribue des totems de protection : c’est un choix professionnel qui expose concrètement à un danger réel, chaque jour, chaque prise de parole.

Ce type d’incident s’inscrit dans un contexte plus large de tensions qui dépassent largement le seul Liban. Entre les avertissements sur un embrasement en Europe et les inquiétudes autour d’une Russie jugée de plus en plus menaçante, le climat international rend ce genre de reportage sur le terrain toujours plus périlleux.

Ali Chbib venait informer, montrer, interroger. Il n’avait rien demandé d’autre que de faire son métier au moment où la frappe a retenti tout près de lui.

Ce jour-là, à Nabatieh al-Fawqa, un simple direct télévisé s’est transformé en preuve vivante du danger que courent les journalistes présents sur les zones de conflit. La caméra a tout capté, jusqu’au silence de l’écran noir. Reste une question qui dépasse ce seul incident : combien de reportages de ce genre faudra-t-il encore avant que la sécurité de ceux qui informent depuis le terrain soit réellement garantie ?

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