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« Nous n’avons déclenché aucune guerre » : Poutine réécrit encore l’histoire, quatre ans après

Publié par Elodie le 31 Juil 2026 à 9:28

Quatre ans après le début du conflit, Vladimir Poutine n’a pas changé une virgule à son discours. Ce dimanche 26 juillet, face au personnel de la marine russe, le président russe a répété que Moscou n’était responsable de rien. Une position martelée depuis 2022, mais qui prend une tournure de plus en plus surréaliste face aux faits.

Vladimir Poutine, sans limites ?

Un discours répété devant la marine russe

À Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine s’est adressé aux membres de la marine russe avec une phrase désormais bien rodée : « Nous n’avons déclenché aucune guerre ». Selon des propos rapportés par le Kyiv Post, le chef du Kremlin a affirmé que la Russie s’était contentée de « réagir aux actions militaires » lancées par « le régime actuel de Kiev », avec, selon lui, le soutien de l’Occident.

Ce n’est pas un dérapage isolé. C’est une ligne de communication assumée, répétée à chaque prise de parole publique depuis le début du conflit en février 2022. Le contexte géopolitique reste tendu, entre les tentatives de médiation américaines et les changements possibles du côté français, notamment autour de la réforme des retraites qui occupe l’agenda intérieur pendant que la diplomatie internationale patine sur le dossier ukrainien.

Le discours du dirigeant russe s’accompagne systématiquement d’une réécriture historique. Cette fois, il a évoqué « l’Ukraine de la rive gauche », qu’il présente comme ayant toujours fait partie de la Russie, une théorie rejetée aussi bien par Kiev que par la grande majorité des historiens spécialistes de la région.

Le Donbass, nouvel angle de sa relecture historique

Au-delà de la question de la responsabilité du conflit, Poutine s’est aussi attardé sur le sort du Donbass. Selon lui, les autorités soviétiques auraient initialement prévu d’intégrer cette région à la république soviétique russe, avant que les dirigeants bolcheviques ne décident de la rattacher à l’Ukraine soviétique.

« Il faut maintenant remettre les choses dans le cours normal de l’histoire », a-t-il insisté, comme s’il s’agissait de corriger une simple erreur administrative vieille de plusieurs décennies. Cette petite phrase résume assez bien sa méthode : transformer une agression militaire actuelle en simple redressement historique.

Ce type de discours n’est pas nouveau. En décembre 2025 déjà, lors de sa conférence de presse annuelle télévisée, le président russe avait tenu des propos similaires, assurant que Moscou n’avait pas « déclenché cette guerre ».

Il avait alors préféré évoquer un « coup d’État armé anticonstitutionnel en Ukraine » pour expliquer le déclenchement des hostilités, une formulation qui, elle non plus, ne correspond à aucune réalité vérifiée par les observateurs internationaux ou les avertissements glaçants émis à plusieurs reprises sur l’état du conflit en Europe.

Zelensky : « Poutine ne souhaite pas arrêter la guerre »

La déclaration de ce dimanche intervient alors que les tentatives de Donald Trump pour négocier un accord de paix entre Moscou et Kiev n’ont, à ce jour, débouché sur aucune avancée concrète. Volodymyr Zelensky a bien été reçu à la Maison Blanche, sans qu’aucun progrès diplomatique tangible n’ait été annoncé à l’issue de cette rencontre.

Ce mercredi 29 juillet, le président ukrainien a livré son analyse, sans détour. Selon lui, Vladimir Poutine « ne souhaite pas arrêter la guerre », même s’il a « perdu l’initiative » sur le terrain. Une phrase qui contredit frontalement le discours du Kremlin sur une Russie simplement défensive.

« Nous demandons chaque jour à interrompre le conflit, ou au moins qu’il y ait un cessez-le-feu pour que les diplomates puissent négocier. C’est ce que les Européens souhaitent, les Américains également, mais Poutine ne veut pas », a insisté Zelensky.

Un constat glaçant, presque trois ans et demi après le début des combats, et qui rappelle à quel point le climat international reste incertain, un peu comme d’autres changements attendus ailleurs qui tardent eux aussi à se concrétiser malgré les annonces répétées.

Derrière la rhétorique du Kremlin, un constat s’impose : plus de quatre ans après le début du conflit, le discours de Vladimir Poutine n’a pas bougé d’un iota, quand la situation sur le terrain, elle, continue d’évoluer sans lui. Reste à savoir combien de temps l’histoire officielle version Moscou pourra encore tenir face aux faits.

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