Réforme des retraites suspendue : à quel âge pouvez-vous vraiment arrêter de travailler en 2026 ?
C’est officiel et acté : la réforme des retraites est suspendue jusqu’en 2028. Les députés ont tranché, et pour des millions de Français, tout change. L’âge légal de départ ne reculera plus comme prévu. Mais concrètement, qui est concerné, et à partir de quel âge peut-on souffler ?
Les réponses ne sont pas les mêmes selon votre année de naissance ou votre statut professionnel. Voici ce que vous devez savoir pour 2026.
La réforme Borne mise en pause : ce qui vient d’être voté

Le 12 novembre 2025, l’Assemblée nationale a adopté l’article 45 bis du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Ce texte suspend officiellement la réforme des retraites entrée en vigueur en 2023.
Le vote a été sans appel : 255 voix pour, 146 contre. Puis, en nouvelle lecture le 5 décembre 2025, les députés ont confirmé cette suspension avec 162 voix pour, 75 contre et 46 abstentions, après que le Sénat avait tenté de la supprimer.
Résultat : l’âge légal de départ à la retraite, qui devait progressivement grimper jusqu’à 64 ans, est désormais gelé à 62 ans et 9 mois. Et ce, jusqu’au 1er janvier 2028 au minimum, comme le rapporte BFMTV.
Nés en 1963 ou 1964 : votre âge de départ est fixé
Si vous êtes nés en 1963 ou 1964, la situation est claire. Vous pouvez partir à la retraite à 62 ans et 9 mois.
Une condition s’applique : avoir validé 170 trimestres, soit environ 42 ans et demi de cotisation. C’est le seuil requis pour bénéficier d’une pension sans décote.
Sans la suspension, ces générations auraient dû attendre plus longtemps selon le calendrier progressif de la réforme Borne. La suspension efface cette contrainte supplémentaire. Pour estimer précisément votre situation, le simulateur officiel de départ à la retraite a déjà été mis à jour.
Nés au premier trimestre 1965 : une bonne nouvelle inattendue

Cette génération est celle qui bénéficie le plus directement de la suspension. Sans ce vote, les personnes nées au premier trimestre 1965 auraient dû attendre 63 ans et 3 mois avant de pouvoir liquider leurs droits.
Deux trimestres supplémentaires de cotisation leur auraient également été réclamés. Grâce à la suspension, elles pourront partir à 62 ans et 9 mois, comme les générations précédentes.
C’est un gain concret de plusieurs mois de retraite supplémentaire. Pour aller plus loin, vous pouvez également consulter l’outil Mon estimation retraite mis à jour après la suspension.
Nés après avril 1965 : votre sort reste en suspens
Pour les générations nées après le premier trimestre 1965, la situation est temporairement figée. Leur âge de départ à la retraite ne sera défini qu’à l’issue de la période de suspension.
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Cela signifie qu’aucune décision ne sera prise avant 2028 au plus tôt. Le gouvernement a prévu une conférence sociale sur le travail et les retraites pour préparer la future réforme avec les partenaires sociaux. En attendant, ce que la suspension implique concrètement pour les trimestres cotisés mérite d’être étudié de près.
Pour ceux qui souhaitent anticiper, il peut être utile de vérifier le seuil de revenus qui change tout pour valider vos trimestres en 2026.
Pompiers, policiers, soignants : ce que ça change pour la fonction publique

La suspension bénéficie aussi aux catégories dites « actives » et « super-actives » de la fonction publique. Pompiers, policiers, soignants et autres agents concernés peuvent déjà partir plus tôt que le commun des salariés en raison de la pénibilité de leur métier.
Avec la suspension, leurs droits seront alignés sur la règle actuelle dès septembre 2026. Le gouvernement a précisé que ce délai est nécessaire pour permettre aux caisses de retraite d’adapter leurs systèmes informatiques.
Le ministre du Travail a indiqué que cette extension concernerait 20 % de personnes supplémentaires par rapport à ce qui était initialement prévu. C’est une part significative des assurés qui récupère ainsi une souplesse sur leur calendrier de départ.
Combien va coûter cette suspension ?
La question financière est inévitable. Suspendre la réforme, c’est aussi repousser les économies qu’elle devait générer pour le système de retraites. Le coût est chiffré avec précision.
La suspension représente 300 millions d’euros en 2026, puis 500 millions en 2027. En 2028, la facture grimpe à 1,9 milliard d’euros. Ce sont des sommes qui devront être compensées d’une façon ou d’une autre.
Pour financer ce manque à gagner, un amendement a été adopté : il relève de 1,4 point la CSG sur les revenus du capital. Ce mécanisme est censé générer un gain de 2,7 milliards d’euros pour les caisses publiques. Une mesure qui fait débat, dans un contexte où les impôts 2026 sont déjà sous pression.
Récapitulatif : votre situation selon votre année de naissance

Pour y voir clair, voici ce que la suspension implique selon votre profil :
Nés en 1963 ou 1964 : départ possible à 62 ans et 9 mois, sous réserve de 170 trimestres validés.
Nés au 1er trimestre 1965 : même règle, soit un gain de plusieurs mois par rapport à ce que la réforme Borne prévoyait.
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Nés après avril 1965 : âge de départ non encore défini, décision attendue au plus tôt en 2028 après une nouvelle réforme.
Catégories actives de la fonction publique : droits alignés sur la règle actuelle dès septembre 2026, avec 20 % de bénéficiaires supplémentaires concernés.
Il peut également être utile de vérifier si vous avez droit à cette astuce méconnue permettant de toucher sa retraite dès 57 ans, ou de connaître le montant exact dont vous avez besoin pour vivre dignement à la retraite en France.
Ce qui attend les retraités actuels et futurs en 2026
La suspension ne touche pas que les actifs en attente de leur départ. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de changements pour les retraités. Le calendrier 2026 de l’Agirc-Arrco, de la Cnav et de la Carsat vient de tomber, avec des décisions lourdes pour les pensions.
Par ailleurs, les exonérations fiscales disponibles pour les retraités après 65 ans restent un levier méconnu que beaucoup n’utilisent pas. Tout comme l’abattement de 10 % sur les retraites, dont le maintien en 2026 est désormais confirmé.
Pour les retraités qui perçoivent une pension complémentaire, il est également utile de surveiller pourquoi certains retraités voient leur pension Agirc-Arrco augmenter ou diminuer en 2026.
Et la suite ? Ce qui se prépare pour 2028
La suspension n’est pas une suppression. Le gouvernement est clair : une nouvelle réforme des retraites sera préparée d’ici 2028, en concertation avec les partenaires sociaux. Une conférence sociale est prévue pour structurer ces discussions.
Ce que cela implique concrètement pour les générations nées après 1965 reste donc incertain. L’âge légal pourrait à nouveau être revu à la hausse, selon les conclusions de cette concertation et l’état des finances publiques.
En attendant, aucune hausse de l’âge légal n’est prévue avant le 1er janvier 2028. Une certitude qui, pour beaucoup de Français, représente un vrai soulagement à court terme. Pour rester informé des évolutions, suivre ce que le Sénat a décidé pour les retraites dans le budget 2026 et les prochaines annonces du gouvernement reste indispensable.