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Agirc-Arrco : pourquoi certains retraités voient leur pension augmenter… ou diminuer

Publié par Killian Ravon le 19 Fév 2026 à 18:30

Depuis janvier 2026, la pension Agirc-Arrco de près de 14 millions de retraités peut changer sans que le montant “brut” bouge. En cause : l’actualisation des prélèvements sociaux (dont la CSG), calculés à partir du revenu fiscal de référence. Résultat, certains constatent un net un peu plus élevé, tandis que d’autres découvrent une retenue plus importante sur leur complémentaire.

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Pension Agirc-Arrco : un retraité tient un relevé montrant le montant brut, les prélèvements de CSG et le montant net versé, sur une table avec calculatrice et euros.
En 2026, un simple changement de taux de CSG peut faire varier le montant net versé de la pension Agirc-Arrco, à la hausse comme à la baisse.

Le premier réflexe, quand on voit un virement différent, c’est de penser à une revalorisation. Pourtant, en ce début d’année 2026, le basculement le plus fréquent ne vient pas d’une hausse décidée par l’Agirc-Arrco. Mais d’un changement de taux de prélèvements sociaux appliqués à la pension.

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Derrière ce mécanisme, il y a une règle simple sur le papier. Votre caisse applique un taux de CSG (et éventuellement la CRDS et la Casa) en fonction de votre situation fiscale. Ce qui l’est moins, c’est le décalage temporel. En 2026, l’administration s’appuie sur votre revenu fiscal de référence de 2024 (l’avis d’impôt reçu en 2025). Ce qui peut faire basculer des foyers d’un palier à l’autre, parfois pour la première fois.

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Dans les faits, deux scénarios se dessinent. Une partie des retraités voit la pension nette grimper parce que le taux retenu baisse ou parce qu’une exonération s’applique. D’autres, au contraire, subissent un prélèvement plus fort : le virement recule, alors même que la pension “brute” n’a pas changé.

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Pension Agirc-Arrco : ce qui change en 2026, ce n’est pas toujours la pension… mais la CSG

Chaque début d’année apporte son lot d’ajustements. Les retraites de base ont bien été revalorisées au 1er janvier 2026 (+0,9 %). Conformément à l’indexation légale sur l’inflation rappelée par Service-public.

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Mais la retraite complémentaire Agirc-Arrco fonctionne avec ses propres rendez-vous, et surtout avec ses propres retenues. Le régime rappelle que la pension complémentaire est soumise à des prélèvements sociaux obligatoires. Dont les taux sont déterminés chaque année à partir du revenu fiscal de référence. Du nombre de parts et du lieu de résidence, puis transmis par l’administration fiscale.

Autrement dit, vous pouvez avoir deux lignes qui bougent en même temps dans l’année. La revalorisation éventuelle de la pension (souvent à l’automne pour l’Agirc-Arrco) et le niveau de prélèvements sociaux (dès janvier). C’est précisément ce second point qui explique la majorité des “surprises” visibles sur le virement de début 2026.

Un détail compte aussi : le calendrier de paiement. L’Agirc-Arrco verse la pension “d’avance et en début de mois”, avec une mise en paiement le premier jour ouvré. Selon l’organisme, le virement de janvier 2026. Par exemple, est déclenché le vendredi 2 janvier (le 1er étant férié). Puis la date d’apparition sur le compte dépend du délai bancaire.

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C’est pour cela que beaucoup de retraités se comparent entre eux. Et ne voient pas la même chose le même jour. La caisse peut avoir mis en paiement à la même date. Mais la banque crédite parfois sous un à deux jours ouvrés. Voire un peu plus autour des week-ends et jours fériés.

Une hausse de CSG se traduit directement sur le virement net. Crédit : Wikimedia Commons.

Les seuils de CSG 2026 : qui paye quoi, et à partir de quand ?

Il existe quatre situations de CSG sur les pensions. Exonération (0 %), taux réduit (3,8 %), taux médian (6,6 %) et taux normal (8,3 %). À cela peuvent s’ajouter la CRDS (0,5 %) et la Casa (0,3 %) selon les cas. Comme le rappelle l’Assurance retraite.

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Le point clé, c’est le revenu fiscal de référence (RFR) et le nombre de parts. Pour 2026, l’Assurance retraite détaille les seuils en métropole en précisant qu’ils ont été revalorisés pour suivre l’inflation (hausse annoncée de 1,8 % sur les seuils).

Pour une personne avec 1 part fiscale, le tableau officiel indique une exonération si le RFR 2024 est inférieur à 13 048 €. Le taux réduit s’applique entre 13 049 € et 17 057 €, le taux médian entre 17 058 € et 26 471 €, et le taux normal au-delà de 26 472 €. On peut alors se demander combien on payera d’impôts sur cette base.

Côté couples (2 parts), la logique est la même mais les seuils montent. L’exonération s’applique en dessous de 20 016 €, puis vient le taux réduit entre 20 017 € et 26 167 €, le taux médian entre 26 168 € et 40 603 €, avant le taux normal au-delà de 40 604 €.

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Des mécanismes de lissages utiles

Un mécanisme de “lissage” peut aussi éviter certains basculements trop brutaux, notamment du taux réduit vers un taux supérieur : Service-public rappelle que certains passages ne s’appliquent que si le dépassement de plafond a duré deux années consécutives. En clair, une hausse ponctuelle du revenu ne déclenche pas toujours immédiatement une hausse de CSG, selon la tranche concernée.

Là où cela devient très concret, c’est sur la pension nette. Prenons un ordre de grandeur simple : si une personne passe de l’exonération au taux réduit de 3,8 %, le prélèvement augmente mécaniquement sur la base imposable, et le virement baisse. À l’inverse, si le taux diminue, le net remonte sans que le brut change.

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Pourquoi certains basculent en 2026 : l’effet “RFR 2024” et l’impression de double peine

Beaucoup de retraités se demandent pourquoi cela arrive “maintenant”. La réponse tient dans le décalage de deux ans : les prélèvements appliqués en 2026 sont calculés à partir du RFR 2024, affiché sur l’avis d’imposition reçu en 2025.

Or, le RFR peut évoluer même si l’on n’a pas l’impression de “gagner plus”. Une revalorisation de pension, une hausse d’une retraite complémentaire, des revenus de placement, ou un changement de situation familiale peuvent suffire à faire franchir un seuil. Le résultat, c’est ce sentiment de “double peine” : on a eu une hausse à un moment, puis on perd plus tard via un prélèvement.

À ce stade, l’Agirc-Arrco est très claire sur l’effet immédiat. Si votre taux de prélèvements sociaux augmente en 2026, vous observez dès janvier une diminution du montant net versé ; si le taux baisse, le net augmente dès janvier.

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Il ne faut pas non plus confondre avec la revalorisation des retraites de base au 1er janvier 2026. Cette hausse de 0,9 % concerne les pensions de base, et elle apparaît sur la pension de janvier (versée ensuite selon le calendrier de chaque caisse). Autrement dit, vous pouvez voir une ligne “base” monter, pendant que la ligne “complémentaire” baisse à cause de la CSG.

Dans la pratique, certains retraités ne regardent que le total versé sur le compte. C’est là que la confusion s’installe : un virement global peut sembler stable, alors qu’il masque une hausse d’un côté et une baisse de l’autre. À l’inverse, un recul net peut être attribué à tort à une “décision” de la caisse, alors qu’il s’agit d’une règle fiscale appliquée automatiquement.

Le RFR et les seuils déterminent le taux appliqué en 2026. Crédit : Steve Buissinne (Pixabay).
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Comment vérifier rapidement si votre prélèvement est normal

La première étape consiste à reprendre l’avis d’imposition reçu en 2025 et à repérer le revenu fiscal de référence 2024. Ensuite, il faut comparer ce montant aux seuils 2026 correspondant à votre nombre de parts, comme le tableau publié par l’Assurance retraite.

Un second contrôle est utile : regarder les justificatifs de paiement. L’Agirc-Arrco renvoie vers l’espace personnel, où l’on retrouve les informations liées au paiement et, selon les services, des outils de simulation ou d’aide. Il est d’ailleurs possible de consulter chaque virement pour en comprendre le détail.

En cas de hausse inattendue, un point de vigilance existe : le “lissage” évoqué par Service-public et l’Assurance retraite. Si vous pensez être concerné mais que le taux appliqué semble contredire votre situation sur une seule année, il peut être pertinent de vérifier l’historique sur deux ans, car certains franchissements doivent être constatés deux années de suite pour s’appliquer.

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Si, malgré tout, l’écart reste incompréhensible, il ne s’agit pas forcément d’une erreur… mais cela peut arriver. Dans ce cas, la caisse rappelle généralement que les informations fiscales sont communiquées par l’administration et intégrées automatiquement, et qu’un contact via l’espace personnel ou le service client permet de signaler une anomalie.

Les prélèvements sociaux peuvent augmenter ou baisser selon la tranche. Crédit : Joe lope.

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Ce qu’il faut retenir

Au fond, le changement visible sur le virement Agirc-Arrco de début 2026 est souvent la conséquence directe de votre situation fiscale 2024. Les seuils ont été revalorisés, ce qui peut faire sortir certains retraités d’une exonération ou, au contraire, leur permettre de repasser à un taux plus doux.

Du côté de la caisse, l’effet est mécanique : hausse de prélèvements, net en baisse ; baisse de prélèvements, net en hausse. Et comme la pension complémentaire est payée en début de mois, le constat se fait vite, parfois avant même d’avoir eu le temps de relire son avis d’imposition.

Si votre virement bouge, ne partez pas du principe qu’il s’agit d’une revalorisation (ou d’une “coupe” décidée) : commencez par vérifier le taux de CSG appliqué et votre RFR 2024. En quelques minutes, la comparaison avec les seuils 2026 permet déjà de comprendre dans quel camp vous êtes : ceux qui respirent un peu, ou ceux qui voient apparaître un prélèvement plus lourd sur leur complémentaire.

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Quand les seuils bougent, certains retraités basculent de tranche. Crédit : Sally Philipsen.

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