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Agirc-Arrco : après le gel, ce revirement inattendu pourrait changer votre retraite en 2026

Publié par Killian Ravon le 03 Fév 2026 à 7:04

Le gel a fait l’effet d’une claque. Depuis l’automne, des millions de retraités du privé ont compris une chose : leur complémentaire ne bougera pas. Pas un centime de plus. Et, dans un contexte où chaque facture grimpe, ça ressemble à une punition silencieuse. Pourtant, depuis quelques jours, une fissure apparaît dans ce blocage.

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Après le gel, les partenaires sociaux rouvrent le dossier Agirc-Arrco : les retraités espèrent une revalorisation en 2026.
Revalorisation Agirc-Arrco 2026 : un couple de retraités suit les négociations et l’évolution possible de sa pension complémentaire.

Une discussion que tout le monde croyait enterrée revient sur la table. Et derrière, une promesse implicite se dessine : 2026 pourrait ne pas rester l’année “zéro”. Mais avant d’y croire, il faut comprendre ce qui s’est vraiment passé. Et surtout, ce qui peut encore se jouer.

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Des pièces en euros, symbole du pouvoir d’achat au cœur des débats sur les pensions. Crédit : Santeri Viinamäki.
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Quand le gel devient un symbole (bien au-delà d’un chiffre)

Ce qui a mis le feu aux poudres, ce n’est pas seulement l’absence de hausse. C’est la façon dont elle s’est imposée. À l’automne, les partenaires sociaux n’ont pas réussi à s’entendre sur la revalorisation des pensions complémentaires. Résultat : aucune augmentation n’a été décidée pour la valeur de service du point au moment habituel, début novembre.

Pour les retraités, la traduction est brutale. Leur pension complémentaire dépend directement de cette valeur de service. Et elle est aujourd’hui affichée à 1,4386 €. L’administration le rappelle noir sur blanc. Dans les faits, le point est resté inchangé au 1er novembre 2025, à 1,4386 €. C’est même indiqué sur un contenu d’information d’Agirc-Arrco, qui cite cette valeur à cette date. Et les séries statistiques confirment que ce niveau se retrouve encore en janvier 2026. Ce “1,4386 €” a donc fini par devenir un marqueur. Pas seulement un paramètre technique. Un symbole de gel social. Car derrière, il y a un volume colossal de personnes concernées. On parle d’environ 14 millions de retraités du privé. Et quand ce nombre-là comprend que “cette année, c’est zéro”, la tension monte vite.

Des retraités, premiers concernés par l’évolution de la retraite complémentaire. Crédit : Pixabay.
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La mécanique de la revalorisation, et la zone grise qui fâche tout le monde

Pourquoi ce sujet est-il aussi inflammable ? Parce qu’il repose sur une règle, mais aussi sur une marge politique. Chaque année, la revalorisation est censée tenir compte de l’inflation, tout en intégrant une contrainte de soutenabilité. L’administration explique que la base de discussion peut être l’inflation (hors tabac), diminuée de 0,4 point, avec une marge de manœuvre.

Autrement dit, même quand une “fourchette” existe, il faut trancher. Et trancher, c’est choisir entre pouvoir d’achat immédiat et prudence financière. Ce choix-là, en 2025, a tourné à l’affrontement. Pour beaucoup de retraités, le ressenti est simple : “On avait une hausse possible. On a eu un gel.” Et le gel, lui, ne se compense pas. C’est là que l’histoire devient intéressante. Parce que ce dossier n’est plus seulement un sujet de retraite. Il s’est transformé en monnaie d’échange dans un bras de fer beaucoup plus large.

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La Défense, symbole du monde patronal impliqué dans la gouvernance paritaire. Crédit : Gugalcrom123.
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Une réunion, un “climat plus apaisé”… et une condition posée par les syndicats

Mercredi 28 janvier, les numéros un syndicaux et patronaux se sont retrouvés au siège du Medef. Officiellement, il s’agissait de fixer un agenda de négociations plus large. Emploi, modèle productif, assurance-chômage. Mais très vite, la retraite complémentaire s’est invitée au centre de la pièce. Le point crucial, c’est ce qui ressort du compte rendu : les “irritants” empoisonnent les relations paritaires, et la revalorisation des complémentaires en fait partie. Dans ce contexte, les organisations ont cherché à sortir du face-à-face stérile. La tonalité aurait été “constructive”, et l’idée d’une reprise des discussions sur la revalorisation a commencé à circuler. Côté syndical, le message est limpide : pas de suite sur le reste si Agirc-Arrco reste verrouillé. La reprise du dialogue passe par là. Et c’est précisément à ce moment-là que la porte s’entrouvre.

Revalorisation Agirc-Arrco 2026 : le “retour du dossier” change tout

Selon Notre Temps, qui s’appuie sur des informations attribuées à la presse économique, le patronat aurait accepté de rouvrir la discussion. Et un nouveau rendez-vous est évoqué pour mi-mars 2026. Sur le papier, c’est déjà un événement. Car, jusque-là, le gel paraissait acté, presque définitif. Et l’idée même de revenir dessus semblait politiquement impossible. Sauf que… il y a un mur. Un mur juridique et calendaire. Le Parisien explique que le régime ne peut pas faire n’importe quoi quand il veut : “une seule revalorisation par an” serait possible, et une hausse “dès maintenant” se heurterait à une impossibilité avant la fin de l’année.

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Et là, on comprend le piège : tout le monde peut vouloir “corriger” le gel. Mais corriger quand, exactement ? Parce que la revalorisation, historiquement, intervient au 1er novembre. Pas au 1er janvier. Les hausses récentes l’illustrent : 1,6 % au 1er novembre 2024, et 4,9 % au 1er novembre 2023. Donc oui, une revalorisation en 2026 peut se profiler. Mais elle pourrait surtout viser un versement en novembre 2026. Pas un rattrapage immédiat. C’est moins spectaculaire. Mais c’est potentiellement beaucoup plus réaliste.

L’ancienne Bourse de Paris, décor parfait pour illustrer les arbitrages économiques et sociaux. Crédit : Guilhem Vellut.

Ce que les retraités doivent surveiller, sans se faire piéger par l’annonce

Il y a deux niveaux de lecture. Le premier est émotionnel. Entendre “on rouvre les discussions” donne l’impression d’un retournement rapide. Comme si les pensions pouvaient être reboostées en quelques semaines. Sauf que, pour l’instant, la valeur du point est bien stabilisée à 1,4386 €, et elle reste le repère officiel. Le second est politique. Cette reprise de contact arrive au moment où les partenaires sociaux doivent aussi avancer sur l’assurance-chômage. Autrement dit, le dossier Agirc-Arrco sert aussi de test de confiance. Et ce test va compter. Parce qu’un accord sur un sujet peut débloquer la suite. Et un échec peut tout refiger. C’est exactement pour ça que le paiement des retraites cristallise autant les attentions : il sert de signal pour réparer le dialogue social.

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Pourquoi 2026 devient une année charnière, même si la hausse n’arrive pas tout de suite

Ce dossier arrive au pire moment pour les retraités. Le pouvoir d’achat est sous pression. Et la retraite complémentaire, chez beaucoup, représente une part décisive du revenu mensuel. En parallèle, la retraite de base évolue selon un autre calendrier. En 2026, une revalorisation des pensions de base a été évoquée autour de l’indexation sur l’inflation, ce qui accentue l’écart ressenti quand la complémentaire, elle, reste figée. Résultat : la comparaison devient explosive. “Pourquoi la base bouge et pas la complémentaire ?” Même si les règles ne sont pas les mêmes, la perception, elle, est immédiate.

Une table de négociation : l’image qui résume le retour du dialogue social. Crédit : U.S. Department of State.
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La vraie question qui plane sur mi-mars

Mi-mars, si la discussion se rouvre vraiment, la question ne sera pas seulement “combien”. Elle sera “quand”. Parce qu’une revalorisation possible ne vaut rien si elle arrive trop tard pour compenser l’érosion. Mais une hausse impossible juridiquement est un piège politique : elle crée une attente que personne ne peut satisfaire. C’est pour ça que le calendrier le plus plausible ressemble à un compromis. Pas un rattrapage immédiat. Plutôt un accord pour novembre 2026, afin d’éviter une nouvelle année de guerre ouverte. Et si cet accord passe, il aura une conséquence très concrète : il mettra fin au sentiment d’impasse.

Aujourd’hui, une chose est sûre : la valeur de service du point reste à 1,4386 €, et les pensions complémentaires se calculent toujours sur cette base. Mais l’autre réalité, c’est que le dossier Agirc-Arrco est redevenu un levier central du dialogue social. La revalorisation “inattendue” pourrait donc se profiler. Oui. Sauf qu’elle ne prendra sans doute pas la forme d’un rattrapage rapide. Et c’est précisément là que se joue la suite : entre l’attente des retraités, la contrainte du calendrier, et la volonté des partenaires sociaux de ne pas exploser en plein vol.

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