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CSG des retraités en 2026 : ces nouveaux seuils qui peuvent faire baisser votre pension nette, malgré la hausse de janvier

Publié par Killian Ravon le 15 Jan 2026 à 13:25

La revalorisation de 0,9 % des pensions de base au 1er janvier 2026 était attendue. Mais pour une partie des retraités, la « bonne nouvelle » risque d’être absorbée, voire dépassée. Par un autre mécanisme beaucoup plus discret.

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Un couple de retraités passe au crible son relevé de retraite : en 2026, un changement de seuils de CSG peut réduire le montant net versé chaque mois.
Couple de retraités français lisant un relevé de retraite avec une calculatrice sur la table, illustrant l’impact des nouveaux seuils de CSG sur la pension nette.

Le basculement vers un taux de CSG plus élevé, une potentielle mauvaise surprise pour les seniors. En cause, des seuils revalorisés moins vite que certains revenus fiscaux de référence. Ce qui peut réduire le montant net versé chaque mois.

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Manifestants dans les rues de Paris lors d’un mouvement contre la réforme des retraites en 2010.
Les débats sur le financement des retraites reviennent régulièrement dans l’actualité, et les prélèvements sur pension restent un sujet sensible.
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Une hausse de pension… puis un prélèvement qui change la donne

Depuis le 1er janvier 2026, les pensions de retraite de base ont bien été revalorisées de 0,9 %. Conformément à la règle d’indexation sur l’inflation rappelée par l’administration. Cette hausse s’applique largement (régime général via la Cnav et les Carsat, MSA, etc.). Et elle se voit sur les paiements de début d’année.

Sauf que, dans le même temps, le niveau de prélèvements sociaux qui s’applique à votre pension peut évoluer. Et c’est là que la baisse de « net » apparaît, parfois de façon brutale, quand on franchit un seuil. Le prélèvement le plus connu, c’est la contribution sociale généralisée, la fameuse CSG. Pour les pensions, il existe quatre situations. Une exonération à 0 %, puis trois taux, réduit à 3,8 %, médian à 6,6 % et normal à 8,3 %.

Ces taux ne son pas choisis « à la carte ». Ils dépendent du revenu fiscal de référence, le RFR, et il y a un décalage temporel. En 2026, l’administration regarde le RFR de 2024 indiqué sur votre avis d’imposition reçu en 2025. En clair, même si vos revenus ont changé récemment. C’est votre situation fiscale d’il y a deux ans qui sert de base.

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Grande manifestation à Paris contre une réforme des retraites, foule dense avec pancartes.
Les prélèvements sociaux sur les pensions s’inscrivent dans un débat plus large sur l’équilibre financier du système.

Les nouveaux seuils 2026 : qui bascule, et à partir de quand ?

Les seuils ont été revalorisés en 2026 de 1,8 %, pour suivre l’inflation moyenne annuelle hors tabac. Le problème, c’est que cette revalorisation des seuils peut être moins dynamique que l’augmentation du RFR de certains foyers. Notamment après les revalorisations de retraites intervenues ces dernières années, comme celle de 5,3 % au 1er janvier 2024 (Retraités : voici les exonérations fiscales dont vous pourrez profiter).

Concrètement, pour une personne avec une part fiscale (cas typique d’un retraité vivant seul), l’exonération totale de CSG s’applique si le RFR 2024 est inférieur à 13 048 €. Le taux réduit correspond à un RFR entre 13 049 € et 17 057 €, le taux médian entre 17 058 € et 26 471 €, et le taux normal au-delà de 26 472 €. Pour un couple à deux parts, les seuils passent à 20 016 € pour l’exonération, puis 26 167 €, puis 40 603 €, avant le taux normal au-delà de 40 604 €.

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La conséquence est simple : un foyer situé juste sous un plafond en 2025 peut se retrouver juste au-dessus en 2026, sans avoir eu l’impression de « s’enrichir ». C’est l’un des effets classiques d’un barème qui progresse moins vite que certains revenus nominaux, même quand le pouvoir d’achat ne suit pas au même rythme.

Carte Vitale française, carte d’assurance maladie, photographiée en gros plan.
CSG, CRDS et Casa financent, entre autres, la protection sociale : leur impact se voit directement sur le net versé.

CSG, CRDS, Casa : le vrai choc, c’est l’addition

La CSG n’est pas seule. Sur les pensions, peuvent s’ajouter la CRDS au taux de 0,5 %. Et la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (Casa) au taux de 0,3 %. Leur application dépend du taux de CSG.

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Si vous êtes exonéré de CSG, vous êtes aussi exonéré de CRDS et de Casa. Si vous êtes au taux réduit de 3,8 %, vous payez la CRDS mais pas la Casa. Ainsi si vous êtes au taux médian ou normal, vous payez les trois. Résultat : un passage du taux réduit au taux médian ne change pas seulement « 3,8 % vers 6,6 % ». Il déclenche aussi la Casa, et l’écart sur le net devient plus sensible.

Autre point souvent mal compris. Il existe un mécanisme de « lissage » pour éviter un basculement trop immédiat depuis le taux réduit. L’Assurance retraite explique que, lorsqu’on est au taux réduit. Le taux ne peut augmenter que si le dépassement du seuil se produit sur plus de deux années de suite. En revanche, lorsqu’on passe du taux médian au taux normal, ce lissage ne s’applique pas : le changement peut être immédiat.

Gros plan d’une pièce de 1 euro, détails très visibles, photographie macro.
Un changement de taux de prélèvements sociaux peut représenter plusieurs euros de moins chaque mois sur la pension.
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La conséquence la plus visible, une pension nette qui recule dès 2026

La première conséquence est mécanique et immédiate. Si votre taux de CSG augmente, votre pension nette baisse, parfois dès les premiers versements de l’année ou lors d’une régularisation. Ce n’est pas qu’une question de « quelques euros ». Sur une pension brute de 1 600 € par mois, un écart de plusieurs points de prélèvements sociaux représente rapidement des dizaines d’euros mensuels. Et, pour certains foyers, ce recul peut dépasser la revalorisation de 0,9 % pourtant appliquée au 1er janvier 2026.

Il y a aussi un effet psychologique très fort : le retraité entend parler d’augmentation « officielle » (ce que prévoit vraiment l’Agirc-Arrco face à l’inflation), puis constate une somme nette identique, voire plus basse. Ce décalage alimente une incompréhension durable, d’autant qu’il dépend de l’avis d’imposition N-2 : on a l’impression d’être sanctionné pour des revenus d’il y a deux ans, parfois sans lien avec la situation présente.

Enfin, ce basculement frappe surtout les zones « frontières ». Les montants de seuils ne sont pas des pentes progressives : on change de taux en franchissant une ligne. Le système vise la simplicité administrative, mais il crée une marche qui peut coûter cher, surtout lorsque plusieurs revenus se cumulent dans le foyer fiscal (pensions, revenus fonciers, intérêts, etc.), alors même que la pension seule n’a pas explosé.

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Couple âgé lisant, assis côte à côte, scène de vie quotidienne.
Pour comprendre son taux de CSG 2026, il faut se référer à l’avis d’imposition 2025 et au RFR 2024.

L’effet domino sur les impôts, les aides et la stratégie du foyer

La deuxième conséquence est moins visible, mais potentiellement durable : le taux de CSG agit sur votre fiscalité future et sur certains équilibres de revenus.

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D’abord, une partie de la CSG peut être déductible de l’impôt sur le revue quand vous êtes au taux médian ou au taux normal. L’administration économique rappelle que, pour les pensions, la part déductible est de 4,2 % au taux médian et de 5,9 % au taux normal, alors que la CRDS, elle, n’est pas déductible. Autrement dit, payer plus de CSG peut réduire un peu l’impôt sur le revenu l’année suivante, mais ce n’est pas un remboursement : c’est un amortisseur partiel, et il ne compense pas toujours la baisse mensuelle de pension nette.

Ensuite, le RFR lui-même sert de référence à de nombreux dispositifs. Sans entrer dans chaque cas particulier, il faut retenir que le RFR est un indicateur pivot : il peut conditionner l’accès à des exonérations, des tarifs sociaux ou des allégements, et il sert aussi à calculer le taux de CSG des années suivantes (ce que le gel des pensions change pour les complémentaires).

Les enjeux de la compréhension

En pratique, un foyer qui franchit un seuil peut se retrouver dans un enchaînement où le net baisse. Ce qui pousse à puiser dans l’épargne, tandis que le RFR, lui, reste élevé à cause de revenus patrimoniaux ou exceptionnels intervenus deux ans plus tôt.

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Il y a enfin une conséquence « de pilotage » : pour les retraités proches des seuils, la question devient moins « combien je touche » que « comment mon revenu fiscal se compose ». Un rachat de trimestre, une sortie de capital, des revenus fonciers ponctuellement élevés, une plus-value : ces éléments peuvent peser sur le RFR et déclencher un changement de taux. Le sujet n’est pas de contourner l’impôt, mais de comprendre le calendrier et les effets de seuil, pour éviter la surprise.

Pourquoi 2026 cristallise ces bascules

2026 concentre plusieurs dynamiques. Les seuils ont bien été revalorisés, mais selon une inflation moyenne annuelle hors tabac de 1,8 % en 2024. Or les pensions ont connu des revalorisations plus fortes certaines années récentes, comme la hausse de 5,3 % au 1er janvier 2024 rappelée par l’Assurance retraite et le Service des retraites de l’État.

Quand ces hausses se répercutent sur le revenu imposable, elles peuvent pousser le RFR au-delà d’un plafond, même si le niveau de vie n’a pas « bondi » au sens courant.

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Le résultat, c’est que des retraités jusque-là exonérés peuvent devenir assujettis, et d’autres peuvent monter d’un cran. Et, dans un Budget 2026 déjà contraint (énergie, santé, alimentation), une baisse de quelques dizaines d’euros par mois se ressent immédiatement.

Que retenir ?

La hausse de 0,9 % des pensions de base au 1er janvier 2026 est une réalité. Mais l’évolution du taux de CSG peut, pour une partie des retraités, neutraliser cette hausse ou faire reculer le montant net perçu. Les nouveaux seuils 2026, fondés sur le RFR 2024, dessinent une ligne de partage nette entre exonération, taux réduit, taux médian et taux normal.

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Pour éviter la surprise, l’enjeu n’est pas seulement de regarder sa pension brute, mais de comprendre sa situation fiscale à deux ans de distance, le rôle des autres revenus du foyer, et les effets de seuil. En 2026, plus que jamais, la retraite se joue aussi sur une ligne… d’avis d’imposition.