Avec une retraite de 1 750 € par mois, combien d’impôts faudra-t-il payer en 2026 ?
Avec le budget 2026 désormais en vigueur. Beaucoup de retraités veulent surtout une réponse simple. Combien restera-t-il, une fois les prélèvements passés par là ? Le problème, c’est que la “facture” ne se résume pas à l’impôt sur le revenu. Entre CSG, CRDS, Casa et mécanismes comme la décote, on peut être non imposable… Tout en voyant sa pension amputée chaque mois.
Pour y voir clair, on prend un cas concret. Une personne seule qui perçoit 1 750 € de retraite brute par mois. L’objectif est de distinguer ce qui relève des prélèvements sociaux, de l’impôt sur le revenu. Et du net réellement disponible en 2026, en s’appuyant sur les règles officielles.
Budget 2026 : ce qui pèse (vraiment) sur une pension de retraite
On parle beaucoup du barème de l’impôt sur le revenu, parce que c’est lui qui fait basculer un foyer dans l’imposition ou non. Pour 2026, les tranches applicables (pour une part) restent celles indiquées par l’administration fiscale : 0 % jusqu’à 11 497 €, puis 11 % jusqu’à 29 315 €, etc. Selon le site impots.gouv.fr, ce barème sert de base au calcul dès qu’on connaît le revenu net imposable.
En parallèle, un autre prélèvement est bien plus visible sur les pensions : la CSG, à laquelle s’ajoutent la CRDS et, dans certains cas, la Casa. Les taux de CSG sur les retraites varient (0 %, 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 %) selon le revenu fiscal de référence, comme l’indiquent notamment les retraites de l’État.
Dernier point important pour 2026 : les seuils utilisés pour déterminer le taux de CSG ont été revalorisés. L’Assurance retraite rappelle que ces seuils augmentent en 2026 (avec une hausse annoncée de 1,8 %), ce qui peut faire basculer certains retraités d’un taux à un autre.
Impôts retraite 2026 : le calcul sur 1 750 € brut par mois, étape par étape
Partons du montant de départ : 1 750 € bruts par mois, soit 21 000 € bruts par an. À ce niveau de pension, beaucoup de profils se situent au taux médian de CSG (6,6 %), auquel s’ajoutent la CRDS (0,5 %) et la Casa (0,3 %) quand on n’est pas exonéré. L’Assurance retraite précise d’ailleurs que la Casa ne s’applique que si la CSG est au taux médian (6,6 %) ou normal (8,3 %). Il est crucial de bien calculer ses impôts pour éviter les mauvaises surprises.
Concrètement, si l’on retient ce scénario courant (CSG 6,6 % + CRDS 0,5 % + Casa 0,3 %), on arrive à un taux global de 7,4 % de prélèvements sociaux sur la pension brute. Sur 21 000 € annuels, cela représente environ 1 554 € prélevés sur l’année, soit environ 129,50 € par mois. Même sans impôt sur le revenu, c’est déjà une baisse nette et régulière.
Une nuance compte ensuite pour l’impôt : toute la CSG n’est pas “déductible” du revenu imposable. Dans le cas du taux médian, une partie de la CSG peut être déduite du revenu imposable, ce qui réduit la base sur laquelle l’impôt sur le revenu est calculé (règle rappelée dans la documentation fiscale et les explications officielles sur le calcul).
Pourquoi l’impôt sur le revenu peut tomber à 0… ou rester symbolique
Une fois les prélèvements sociaux pris en compte dans la déclaration, l’autre grande marche est l’abattement de 10 % sur les pensions, qui diminue mécaniquement le revenu imposable. C’est un point très surveillé ces derniers mois, car cet abattement a été beaucoup discuté dans le débat public autour des finances. Selon Le Monde, il a fait partie des pistes évoquées dans les réflexions budgétaires, preuve que la loi est politiquement sensible.
Après ces déductions, on compare le revenu net imposable au barème. Et c’est là que beaucoup de retraités ont une surprise : l’impôt calculé peut être faible… puis réduit par la décote. Service-public explique que, pour une personne seule, la décote correspond à la différence entre 889 € et 45,25 % de l’impôt brut (avec application automatique quand on est sous certains seuils).
Avec une pension brute de 1 750 € par mois, et en restant sur un cas “standard” (personne seule, pas d’autres revenus marquants, taux médian de CSG), on arrive généralement à un résultat de ce type : l’impôt sur le revenu est faible, souvent de l’ordre de quelques dizaines à quelques centaines d’euros par an après décote. Dans une estimation prudente fondée sur le barème officiel et la formule de décote, on obtient environ 170 € d’impôt annuel, soit environ 14 € par mois.
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Mais un autre mécanisme peut faire basculer le résultat à zéro : l’abattement spécifique pour les personnes âgées ou invalides, qui s’applique sous conditions de revenus. Quand cet abattement s’ajoute au reste, l’impôt peut être totalement effacé par la décote, ce qui aboutit à un impôt sur le revenu nul dans certains profils.
Le vrai “net” à regarder en 2026 : l’écart entre non-imposable et ponction mensuelle
Ce cas illustre bien un malentendu fréquent. Être “non imposable” ne veut pas dire que les prélèvements s’arrêtent, parce que la CSG/CRDS/Casa restent prélevées à la source sur la pension, indépendamment de l’impôt sur le revenu. Alors que les virements se profilent, les retraités de l’État rappellent noir sur blanc que la CSG, la CRDS et la Casa peuvent être prélevées sur la pension brute, sauf exonération.
Dans notre exemple, même si l’impôt sur le revenu est annulé (selon la situation), la personne conserve environ 1 554 € de prélèvements sociaux annuels dans le scénario à 7,4 %. Cela pèse davantage qu’un petit impôt résiduel, et c’est souvent ce qui explique l’impression d’une pension “grignotée” malgré un taux d’impôt faible.
Autre élément à garder en tête : le taux de prélèvement à la source, quand il existe, est déjà intégré sur les versements. L’Assurance retraite rappelle que la caisse reçoit le taux transmis par l’administration fiscale et l’applique, puis reverse l’impôt prélevé.
Ce qui peut tout changer d’un retraité à l’autre
À 1 750 € bruts mensuels, la conclusion n’est pas universelle, car plusieurs paramètres font varier le résultat. Le plus déterminant, c’est le taux de CSG, qui dépend du revenu fiscal de référence (N-2) et des parts. Parfois, le prélèvement à la source peut aussi expliquer une baisse inattendue.
Des revenus annexes (location, placements), une situation de couple, ou des crédits/réductions d’impôt peuvent aussi changer l’atterrissage final. Même un impôt faible peut disparaître si la décote joue à plein. Alors qu’il restera présent si le revenu imposable dépasse légèrement les seuils.
Enfin, le bon réflexe consiste à séparer trois lignes dans sa tête. La pension brute, les prélèvements sociaux automatiques, et l’impôt sur le revenu. C’est ce trio qui dit ce qu’il reste vraiment à la fin du mois. Bien plus que la simple mention “imposable / non imposable”.
Que retenir ?
Avec 1 750 € bruts de retraite par mois. L’impôt sur le revenu en 2026 est souvent très faible et peut même être nul selon l’âge. Le niveau de revenu fiscal de référence et l’application de la décote. En revanche, les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, Casa) continuent de s’appliquer et représentent. Dans un scénario courant au taux médian, environ 1 554 € par an.
En clair, pour comprendre son niveau de vie réel, le bon indicateur n’est pas seulement “combien d’impôt je paie”. Mais “combien il me reste après prélèvements sociaux et éventuel impôt”. C’est là que se joue l’essentiel du budget retraite en 2026.
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