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Nouveaux affrontements et pillages place de la République à Paris, la CRS8 en renfort

Publié par Elodie le 18 Oct 2026 à 18:00
600 blessés, 2 000 interpellés, pillages en direct : le lendemain du 17 octobre, la place de la République s'embrase à nouveau

Paris n’a pas eu le temps de souffler. Au lendemain d’une nuit de violences et de pillages, la place de la République a de nouveau vu monter la tension ce dimanche. Les CRS ont chargé, les pompiers sont intervenus, et le bilan officiel s’alourdit d’heure en heure. Reste une question : que va dire Emmanuel Macron à 20 heures, et que contient vraiment ce bilan ?

Place de la République : un dimanche qui rallume la mèche

Tout commence en début d’après-midi. Selon une source policière citée par CNews, des rassemblements s’organisent place de la République, à Paris, en réponse à des appels sur les réseaux sociaux à « poursuivre le mouvement ». Environ 1 000 personnes seraient sur place.

La manifestation n’est pas déclarée. Les forces de l’ordre se déploient et font usage de grenades lacrymogènes pour disperser un groupe de manifestants réunis au pied de la statue.

Les incidents reprennent en fin de journée. Vers 17h23, de nouvelles tensions éclatent dans le 10e arrondissement, non loin de la place. Des individus bloquent la rue Beaurepaire et incendient des vélos et des trottinettes.

Des CRS mènent plusieurs charges, les pompiers interviennent, et la CRS8 est appelée en renfort. Le scénario de la veille semble vouloir se rejouer, à plus petite échelle.

Pour comprendre l’ampleur de ce qui se prépare, il faut remonter à la matinée du 17 octobre, quand les premiers incidents avaient éclaté dès le matin. Mais c’est le bilan chiffré du lendemain qui donne le vertige.

Des chiffres qui montent heure après heure

Au fil de la matinée, les bilans se succèdent. À 08h11, la préfecture de police de Paris parle de 855 personnes interpellées dans la capitale, « un chiffre record ».

Puis le parquet de Paris annonce 517 gardes à vue : 346 majeurs et 171 mineurs, dans un bilan « pas encore consolidé ». Les arrestations ont duré toute la nuit, jusqu’à 6 heures du matin, surtout pour recel de vol, groupement en vue de commettre des violences ou dégradations.

La préfecture met en avant des groupes violents de « volume inhabituel », de 500 à plus de 1 000 personnes. Selon elle, l’action des forces de l’ordre a empêché leur convergence, avant de stabiliser la situation à partir de 23 heures.

Le drame n’est pas absent du tableau : un manifestant est mort à Paris, victime d’un malaise boulevard Magenta. La préfecture évoque une personne décédée après un arrêt cardiorespiratoire.

Ailleurs, la nuit a été chaotique. À Marseille, des commerces barricadés auraient été pillés, et des témoignages évoquent un « drive-in du pillage » rue Paradis. À Nice, la préfecture fait état d’une quarantaine d’interpellations. Et le dispositif de 10 000 policiers annoncé en amont n’a visiblement pas suffi. Alors, quel est le bilan complet ?

Plus de 600 blessés, 2 000 interpellés : le bilan du ministre

La réponse tombe en début d’après-midi, sur X, de la bouche du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Plus de 2 000 personnes ont été interpellées et plus de 600 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers ont été blessés.

Le matin même, les chiffres étaient de 1 800 interpellations et plus de 500 blessés. Le ministre précise que ce bilan sanitaire « n’est malheureusement que provisoire » et que les dégâts matériels sont « considérables », notamment pour plusieurs centaines de commerçants.

Selon lui, des exactions ont débuté dès le matin à Marseille, commises par plusieurs milliers d’individus d’ultragauche. Ils auraient ensuite été rejoints par des délinquants qui ont pillé des commerces à Paris, Lyon, Bordeaux, Rennes, Strasbourg, Grenoble, Nice, Limoges et ailleurs.

Dans la nuit, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait déjà parlé de 1 200 interpellations et 150 blessés, estimant être arrivé à un « point de non retour ». Le ton est donné : « Il est temps de choisir son camp. »

Autre épisode, loin de Paris : un incendie a touché un centre de rétention près de Lyon, à l’aéroport de Saint-Exupéry, selon une source policière. Six personnes ont été intoxiquées par les fumées. Mais ce sont désormais les responsabilités politiques qui occupent le terrain.

Rang de policiers casqués sur une place parisienne enfumée

Qui est responsable ? La classe politique se déchire

Tout le monde a un coupable, rarement le même. Marine Tondelier réclame la démission de Laurent Nuñez, jugé « incapable de prévoir un dispositif adéquat ». Elle accuse « des villes entières abandonnées aux casseurs » pendant que des manifestants pacifiques étaient violentés.

Du côté du Rassemblement national, Jordan Bardella a rendu visite à un commissariat parisien. Il affirme attendre que le président « demande pardon et s’en aille », et assure que des mouvements politiques « veulent la guerre civile ».

À gauche, Olivier Faure dénonce dans Le Parisien des casseurs qui « pourrissent un mouvement aussi puissant que joyeux », porté par les lycéens et les étudiants. Pour comprendre cette colère de la jeunesse, la réaction du Premier ministre face au mouvement lycéen éclaire le contexte.

Les maires, eux, parlent d’une seule voix. Emmanuel Grégoire, Benoît Payan et Grégory Doucet demandent à être reçus par le Premier ministre. Ils exigent un diagnostic précis de « l’enchaînement d’événements » ayant abouti à cette situation.

Benoît Payan s’interroge sur les ordres donnés : lancer des lacrymogènes sur les manifestants plutôt que protéger les commerçants pillés ? À Nice, Éric Ciotti réclame des renforts, après le retrait d’une compagnie de CRS envoyée à Marseille en pleine journée.

Reste l’essentiel : ce que le chef de l’État dira à 20 heures. C’est la dernière pièce du puzzle.

Ce qui attend le pays dès ce soir

Le calendrier est serré. Emmanuel Macron réunit à 17h30 le Premier ministre et les ministres concernés. Une cellule interministérielle de crise suit à Matignon à 19 heures, centrée sur l’économie, le commerce, les assurances et le suivi judiciaire.

Le président maintient, à ce stade, son déplacement de lundi à mercredi dans quatre pays du Golfe : Koweït, Émirats arabes unis, Bahreïn et Qatar. Le ministre de l’Intérieur doit répondre en direct à Anne-Claire Coudray, au 20h de TF1, juste après l’allocution. Il se rendra aussi à Marseille lundi.

Beaucoup de commentateurs doutent déjà des mots à venir. Pour sonder ce que le président pourrait glisser entre les lignes, ce que l’on attendait de son allocution donne quelques pistes.

Reste l’inquiétude des commerçants. Plusieurs centaines ont tout perdu, et la question des assurances est déjà posée. Le coût de ces nuits, lui, n’est pas chiffré.

La suite se jouera sur le terrain judiciaire. Le ministre promet des enquêtes pour identifier les auteurs, qui devront répondre de leurs actes devant la justice. D’autres rassemblements sont-ils à craindre ? Les appels à « poursuivre le mouvement » circulent déjà.

Ce dimanche en dit long : la flambée de la veille n’est pas retombée, et le bilan s’alourdit à chaque communiqué. Reste à savoir si la parole présidentielle apaisera quoi que ce soit.

Et si vous voulez voir ce qu’une ancienne plume de l’Élysée raconte de l’homme derrière le pupitre, ses cinq ans passés à ses côtés réservent des surprises. Quant au décor choisi pour parler aux Français, ce détail qui en dit long pourrait bien vous faire regarder l’écran autrement.

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