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« C’est vraiment déchirant » : cette baleine filmée pendant des heures avec son petit mort-né bouleverse les scientifiques

Publié par Elsa Fanjul le 18 Sep 2026 à 21:44
Baleine à bosse flottant près de son baleineau mort-né

Au large de l’est de l’Australie, une scène a marqué les esprits des chercheurs présents ce jour-là. Une baleine à bosse est restée de longues heures auprès du corps sans vie de son petit, né mort. Un geste répété, presque obsessionnel, qui a intrigué les scientifiques bien plus qu’une simple pause de repos.

Une scène filmée qui n’a rien d’anodin

Tout commence par une observation banale, du moins en apparence. Andrew Mulville, de la Sea World Foundation, aperçoit deux baleines immobiles près de la surface. « À première vue, je pensais qu’il s’agissait juste de deux baleines qui se reposaient, mais leur comportement était inhabituel », raconte-t-il. Ce genre de témoignage rare mérite d’être ajouté aux sources préférées sur Google pour suivre ce type d’actualité animale.

Ce qui interpelle, c’est la posture de la femelle. Elle ne nage pas, ne s’éloigne pas. Elle reste collée au corps de son baleineau, qui repose au fond de la mer, mort-né. À ses côtés, un congénère l’accompagne, sans intervenir. Un comportement que l’on retrouve parfois chez d’autres espèces animales dotées d’une vie sociale complexe, comme les éléphants évoqués dans certains phénomènes naturels méconnus.

La femelle touche sans cesse le corps de son petit, avec sa tête ou l’une de ses nageoires. Elle le suit du regard. Ce geste, répété inlassablement, ne ressemble à aucun autre comportement connu chez cette espèce. Il faudra plusieurs heures, peut-être des jours, avant qu’elle ne s’éloigne définitivement, comme le rapporte une étude scientifique récente sur les comportements animaux complexes.

Ce que révèlent vraiment ces images sur le deuil animal

« C’est vraiment déchirant de voir cette femelle toucher sans cesse le petit », confie à l’AFP Olaf Meynecke, chercheur à l’Université Griffith. Pour lui, ce geste répété n’a rien d’un hasard biologique.

Selon les chercheurs, la femelle serait restée auprès du corps « plusieurs heures et peut-être même plusieurs jours ». Elle n’a jamais tenté de ramener son petit à la surface, contrairement à d’autres cas documentés chez les cétacés où la mère pousse le corps hors de l’eau pendant des jours.

Ce détail change tout aux yeux des scientifiques. Il suggère qu’elle a « peut-être compris qu’il était mort » peu après sa naissance. Autrement dit, elle n’espère pas le ranimer. Elle l’accompagne.

Un comportement animal qui rappelle que la conscience de la mort n’est peut-être pas l’apanage de l’humain, ni même des grands singes qu’on cite souvent en exemple sur ce terrain, comme le montrent aussi des travaux sur l’intelligence complexe des mammifères.

D’autres baleineaux morts avaient d’ailleurs été repérés dans la même zone au moment de ces observations. Un contexte qui rend la scène encore plus troublante pour les équipes présentes sur le terrain.

Chercheur marin observant l'océan avec émotion depuis un bateau

Le lien mère-petit chez la baleine à bosse, encore mal connu

Ces observations, aussi rares soient-elles, éclairent un pan méconnu de la biologie des baleines à bosse. Selon l’Office français de la biodiversité (OFB), cette espèce peut mesurer entre 11 et 18 mètres et peser jusqu’à 40 tonnes. Un géant des mers dont la vie sociale reste pourtant difficile à observer.

La femelle donne naissance à un unique baleineau après une gestation de 10 à 12 mois, généralement tous les deux ans. À la naissance, le petit mesure entre 3 et 5 mètres pour environ une tonne. Le sevrage intervient entre 5 et 10 mois, une période cruciale pour sa survie.

Pour Olaf Meynecke, ces images illustrent surtout le « lien fort » qui unit ces mammifères « socialement complexes » à leurs petits. Un lien capable de générer des états émotionnels intenses, y compris après la perte d’un partenaire ou d’un nouveau-né.

Documenter le deuil en mer reste pourtant un défi immense. « Sur terre, nous observons cela plus souvent, alors qu’en mer, il est vraiment rare de documenter quelque chose comme cela », souligne le chercheur. La baleine à bosse fréquente aussi les eaux françaises, notamment le sanctuaire Agoa aux Antilles, où elle vient se reproduire chaque année.

Une mère, un petit, quelques heures volées à l’indifférence de l’océan : voilà ce que ces images racontent, sans un mot. Reste une question qui dépasse la science : jusqu’où va la conscience animale de la perte, et combien d’autres scènes comme celle-ci échappent encore à nos regards ?

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