Immonde : son border collie star des réseaux est volé, vendu 24 € à un restaurant… et mangé

Un border collie célèbre sur les réseaux sociaux chinois, 1,5 million d’abonnés, une vie d’aventures filmées aux quatre coins du pays. Et puis, un jour de mai, plus rien. Ce qui est arrivé à Chutou dépasse tout ce que son maître aurait pu imaginer — et la suite a bouleversé la Chine entière.
Chutou, le border collie star que la Chine entière connaissait
Chutou n’était pas un chien ordinaire. Ce border collie de huit ans parcourait la Chine avec son maître Guo, blogueur de voyage très suivi sur Douyin, l’équivalent chinois de TikTok. Ensemble, ils avaient construit une communauté fidèle, fascinée par leurs périples filmés à travers le pays.
Le duo fonctionnait comme une mécanique rodée : Guo cadrait, Chutou cabotinait. Leur complicité crevait l’écran. Les vidéos de leurs aventures accumulaient des millions de vues, et le border collie était devenu une véritable star à part entière dans l’univers des réseaux sociaux chinois.
Les faits remontent au 11 mai dernier, dans le district de Ningling, province du Henan, au centre de la Chine. Guo se trouvait alors à l’étranger et avait confié Chutou à son père. Ce jour-là, le border collie a tout simplement disparu du domicile familial.
Des images de vidéosurveillance ont révélé la scène : deux individus emportent le chien à bord d’un scooter électrique. Méthodique, rapide, sans hésitation. Comme un fait divers glaçant capté en temps réel. Guo a immédiatement écourté son voyage pour se lancer à la recherche de son compagnon.
Deux semaines de recherches pour découvrir l’impensable
Pendant quatorze jours, Guo a ratissé la zone. Il a fini par identifier l’homme qu’il soupçonnait d’avoir enlevé Chutou. Il lui a proposé 10 000 yuans — environ 1 320 euros — pour récupérer son animal. Une somme considérable dans cette région rurale.
La réponse l’a anéanti. Le border collie avait déjà été revendu à un restaurant local pour 180 yuans, soit à peine 24 euros. Abattu, préparé, puis servi comme plat, selon les informations rapportées par le Daily Star et plusieurs médias chinois.
Le suspect a affirmé avoir pris Chutou pour un chien errant. Guo a balayé cette défense d’un revers de main : son border collie portait un collier et un traceur GPS. Difficile de confondre un animal équipé avec un chien abandonné.
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Mais c’est la déclaration du mis en cause qui a mis le feu aux poudres sur les réseaux. Selon plusieurs témoignages rapportés par la presse : « Le chien est mort, alors arrêtez d’en faire toute une histoire. Je n’ai enfreint aucune loi. » Aucun remords. Aucune excuse. Une phrase qui a provoqué une onde de choc bien au-delà du cercle des abonnés de Guo.

Un drame qui relance le débat sur la protection animale en Chine
L’affaire a pris une ampleur nationale. La police du comté de Ningling a ouvert une enquête, et Guo cherche désormais à obtenir réparation par voie judiciaire. Il avait acheté Chutou en 2018, alors que le border collie n’avait que trois mois. Huit ans de vie commune, de routes partagées, de souvenirs filmés — effacés en quelques heures pour 24 euros.
Sur Douyin, les réactions se comptent par centaines de milliers. « J’ai pleuré en regardant les anciennes vidéos de Chutou », écrit un internaute. « Une âme si joyeuse a connu une fin aussi tragique. Ceux qui l’ont volé, tué et mangé doivent en répondre », lance un autre.
En Chine, aucune loi nationale n’interdit la consommation de viande de chien. Mais cette pratique, autrefois banale dans certaines régions, recule année après année. Des villes comme Shenzhen l’ont déjà officiellement interdite. Le cas de Chutou cristallise un malaise grandissant : comment un animal domestique, identifié, équipé d’un GPS, peut-il finir dans une assiette sans que personne ne soit inquiété ?
Le vide juridique est béant. Et tant qu’il le restera, d’autres Chutou risquent de connaître le même sort.
Vingt-quatre euros. C’est le prix auquel la vie de Chutou a été estimée par ceux qui l’ont volé. Huit ans de complicité, 1,5 million de personnes touchées, et un pays entier qui se demande quand ses lois protégeront enfin ceux qui ne peuvent pas parler. Et vous, pensez-vous qu’un pays sans loi de protection animale peut encore se le permettre en 2026 ?