Amendée dans un camp militaire creusois pour avoir tendu l’oreille au brame : les lieux où l’écouter sans danger
Elle voulait juste entendre le cerf. Elle a fini avec un procès-verbal. À La Courtine, dans la Creuse, une amatrice de brame s’est fait repérer par un drone au beau milieu d’un camp militaire.
L’histoire a fait le tour des réseaux en quelques heures. Et elle pose une vraie question : où peut-on écouter ce spectacle sonore sans se mettre dans le rouge ?
Bonne nouvelle : les endroits ne manquent pas. Mauvaise nouvelle : la saison touche à sa fin.
Le drone, le camp, le PV : retour sur l’histoire de La Courtine

Le camp de La Courtine est un site militaire en activité, au cœur de la Creuse. L’accès y est strictement encadré, avec des zones interdites au public, des tirs, des manœuvres.
C’est dans ce périmètre qu’une promeneuse a été repérée depuis les airs par un drone. Résultat : une verbalisation. Elle espérait sans doute y trouver un coin tranquille, loin de la foule, où les cerfs se répondent à la tombée de la nuit.
Sauf qu’un terrain militaire n’est pas une forêt comme les autres. Y entrer sans autorisation expose à une amende, sans parler du danger bien réel que représentent les zones de tir.
Moralité : le brame se mérite, mais pas n’importe où. Et pour savoir où aller, il faut d’abord comprendre ce qui se passe dans les bois.
Pourquoi les cerfs hurlent-ils chaque automne ?
Le brame, c’est la parade nuptiale du cerf élaphe. Chaque année, de la mi-septembre à la mi-octobre, les mâles lancent un cri rauque et puissant qui porte à plusieurs kilomètres.
L’objectif est double. Séduire les biches, d’abord. Impressionner les rivaux, ensuite, pour éviter d’en venir aux mains, ou plutôt aux bois.
Pendant cette période, les mâles mangent à peine et s’épuisent. Ils peuvent perdre une part importante de leur poids en quelques semaines. C’est précisément pour cela qu’il faut les laisser tranquilles : chaque dérangement leur coûte de l’énergie.
Alors, où aller pour écouter sans déranger ? Voici les adresses qui reviennent le plus souvent chez les amateurs.
Les forêts où le spectacle est garanti (et légal)
Premier réflexe des Franciliens : le domaine national de Chambord, dans le Loir-et-Cher. Ses 5 400 hectares clos de murs abritent une belle population de cerfs, et le domaine organise chaque saison des sorties encadrées au crépuscule.
Autre classique : la forêt de Rambouillet, dans les Yvelines. Accessible, vaste, elle attire les familles dès septembre. Les cerfs y sont nombreux, et les parcours balisés permettent d’écouter sans quitter les sentiers autorisés.
Les amateurs de montagne regarderont plutôt du côté des Vosges. Les massifs forestiers y offrent une ambiance particulièrement impressionnante : les cris résonnent dans les vallées, le brouillard fait le reste.
Et ce n’est pas tout : beaucoup de parcs naturels régionaux et d’offices de tourisme proposent des sorties accompagnées. C’est souvent la meilleure option, car un guide sait où se placer sans perturber les animaux.
Les règles d’or pour ne pas gâcher le spectacle

Venir pour écouter, c’est bien. Venir sans faire fuir les cerfs, c’est mieux. Quelques gestes simples font toute la différence.
Restez sur les chemins autorisés. Éteignez la lampe torche dès que possible, ou utilisez une lumière rouge faible. Parlez bas, voire pas du tout. Et surtout, n’imitez jamais le cri du cerf : cela peut provoquer des affrontements inutiles.
Gardez aussi vos distances. Un cerf en pleine période de rut peut se montrer agressif si on s’approche trop. Une paire de jumelles fait très bien l’affaire.
Enfin, respectez les horaires. Le brame se joue surtout à l’aube et au crépuscule. Arrivez avant la tombée de la nuit, installez-vous, et laissez la forêt faire le reste.
Il vous reste peu de temps pour en profiter

Nous sommes le 16 octobre : la saison touche à sa fin. Le pic du brame se situe généralement entre la fin septembre et le début octobre, et l’activité décroît ensuite.
Dans certaines régions, il reste quelques soirées où l’on peut encore entendre des mâles attardés. Mais rien n’est garanti, et cela dépend beaucoup de la météo et des massifs. Mieux vaut vérifier auprès des offices de tourisme ou des gestionnaires de chaque site avant de prendre la route.
Si vous ratez le coche cette année, notez-le pour septembre prochain. Et en attendant, si vous cherchez une autre idée de sortie, la météo des vacances de la Toussaint pourrait bien vous donner des idées d’escapade en forêt.
Quant à notre promeneuse de La Courtine, elle aura au moins appris une chose : le meilleur spot n’est pas toujours celui qu’on croit. Parfois, il suffit de pousser la porte d’une forêt ouverte à tous.