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Pourquoi 80% des chats roux sont mâles : la science vient enfin de percer ce mystère génétique

Publié par Elsa Fanjul le 25 Juil 2026 à 10:00
Chat roux au regard curieux près d'une fenêtre

Tu as déjà remarqué que presque tous les chats roux que tu croises sont des mâles ? Ce n’est pas un hasard, et les amoureux des félins se posent la question depuis des générations sans jamais obtenir de réponse claire. Deux équipes de chercheurs, travaillant chacune de leur côté, viennent enfin de percer ce mystère vieux comme la domestication du chat. Et la réponse cache bien plus qu’une simple histoire de couleur de pelage.

Un mystère féline qui résistait à la science depuis des décennies

Environ 80 % des chats au pelage orange sont des mâles. Ce déséquilibre statistique, connu de longue date, intriguait autant les scientifiques que les propriétaires de matous. Les chercheurs soupçonnaient depuis longtemps un lien avec le chromosome X, sans jamais réussir à mettre la main sur le gène exact responsable de ce phénomène.

C’est chose faite. Des équipes de l’Université de Stanford, aux États-Unis, et de l’Université de Kyushu, au Japon, ont mené leurs recherches en parallèle et sont arrivées à la même conclusion. Elles ont identifié la mutation génétique précise qui déclenche l’apparition du pelage roux chez le chat domestique, une découverte qui s’ajoute à la longue liste des petits mystères du vivant que la science finit par élucider.

Cette avancée ne tombe pas du ciel : elle répond à une question posée depuis des siècles par les observateurs de la nature, un peu comme certaines énigmes anciennes que l’on redécouvre parfois avec étonnement aujourd’hui. Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique Current Biology, référence mondiale en biologie.

ARHGAP36, le gène qui change tout sur le chromosome X

Le coupable a un nom : ARHGAP36. Ce gène, situé sur le chromosome X, est normalement bridé par une petite section d’ADN qui limite son activité. La mutation découverte par les deux équipes supprime justement ce frein génétique. Résultat : le gène s’active bien plus que la normale, et c’est cette suractivation qui déclenche l’apparition du pelage orange.

Pour comprendre pourquoi ce sont surtout les mâles qui héritent de cette robe flamboyante, il faut revenir aux bases de la génétique féline. Comme chez les humains, les chats mâles possèdent un chromosome X et un chromosome Y, tandis que les femelles en ont deux, tous deux des X. Chez un mâle, un seul chromosome X porteur de la mutation suffit à activer ARHGAP36 et à colorer tout le pelage en orange.

Chez une femelle, en revanche, il faut que la mutation soit présente sur ses deux chromosomes X pour obtenir le même résultat. Une configuration statistiquement bien plus rare.

Quand une chatte n’hérite de la mutation que sur un seul chromosome, le résultat donne souvent ces fameux pelages calico ou écaille de tortue, mélange de noir, de blanc et d’orange que l’on ne retrouve quasiment jamais chez les mâles, une exclusivité aussi curieuse que les petites bizarreries que le hasard réserve parfois.

Gros plan sur le pelage calico d'un chat

Un gène qui pourrait aussi influencer le comportement des matous

Voici le twist que personne n’attendait : ARHGAP36 n’est pas juste un gène de pigmentation. Il joue un rôle dans la régulation cellulaire et reste actif dans de nombreux tissus du corps, y compris le cerveau et les glandes hormonales. Autrement dit, ce fameux gène orange touche potentiellement bien plus que la couleur du poil.

De nombreux propriétaires jureraient que leurs chats roux sont plus joueurs, plus sociables, parfois carrément plus « foufous » que leurs congénères. Un mythe de plus, ou une vraie piste scientifique ?

Les chercheurs de Stanford n’ont pas observé de différence significative dans l’expression du gène au niveau cérébral entre chats roux et non-roux, mais ils n’excluent pas un effet indirect sur le comportement, une nuance qui mérite d’être creusée, un peu comme on découvre parfois des causes insoupçonnées derrière des phénomènes du quotidien.

Autre piste avancée : comme la majorité des chats roux sont des mâles, l’impression de caractère plus affirmé pourrait simplement venir de traits comportementaux déjà plus fréquents chez les mâles en général, indépendamment de la couleur. Sur le plan chimique, tout se joue entre deux pigments : l’eumélanine, responsable des teintes noires et brunes, et la phéomélanine, à l’origine des tons jaunes, rouges et orangés. En activant ARHGAP36, la mutation favoriserait justement la production de phéomélanine.

Fait amusant : cette mutation ne date pas d’hier. Des peintures médiévales du XIIe siècle montrent déjà des chats au pelage calico, preuve que le trait existait il y a au moins 900 ans. Le généticien japonais Hiroyuki Sasaki, à la tête de l’étude de Kyushu, envisage désormais d’analyser l’ADN de chats momifiés d’Égypte ancienne pour remonter encore plus loin dans le temps.

Voilà donc un mystère millénaire résolu grâce à un minuscule fragment d’ADN manquant. La prochaine fois que tu croiseras un chat roux, tu sauras exactement pourquoi il a de fortes chances d’être un mâle. Et toi, ton chat roux correspond-il à la réputation de « foufou » qu’on leur prête si souvent ?

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