« Un yoyo émotionnel » : après 23 jours de cavale, ce chien fugueur du Pays basque cède à la fléchette

Vingt-trois jours. C’est le temps qu’il aura fallu à Brigitte pour retrouver Rocky, son chien fugueur disparu le 6 août 2026 dans les collines sauvages de Bardos, au Pays basque. Drone, caméra de surveillance, cage artisanale : rien ne semblait pouvoir approcher l’animal, terrifié par la moindre présence humaine. Il aura fallu un dernier recours, spectaculaire, pour mettre fin à cette traque hors norme.
23 jours de cavale dans les collines du Pays basque
Tout bascule le 6 août 2026. Ce jour-là, Rocky, un chien décrit comme très craintif, s’échappe et disparaît dans les vastes étendues de la région Xarnegu. Un territoire aussi beau que piégeux, où le relief et la végétation offrent mille cachettes, un peu comme sur ces grands cours d’eau français qui serpentent loin de tout regard.
Brigitte se fait alors prêter un drone par François, un inconnu manifesté spontanément sur les réseaux sociaux. Trois survols plus tard, toujours rien. La chaleur de cet été 2026, l’un des plus intenses jamais enregistrés selon ces relevés météo, ne facilite rien : Rocky se terre, invisible, pendant que sa maîtresse dépose chaque jour de la nourriture près de son dernier repaire supposé.
Cage artisanale, caméra planquée : la traque qui vire à l’obsession
Un couple finit par apercevoir l’animal et prévient aussitôt Brigitte. La joie tourne court : « Il est inapprochable. Dès qu’il perçoit une présence humaine, il fuit », confie-t-elle. Faute de cage professionnelle disponible, Daniel, son compagnon, et Jean-Pierre, un ami, en fabriquent une de leurs mains, un peu à la manière de ces passionnés qui bricolent des dispositifs malins pour observer la faune.
Rocky, méfiant, contourne le piège sans jamais y entrer. Une caméra de surveillance est alors installée : les images confirment que c’est bien lui qui vient manger la nuit, mais il détale au moindre bruit. Dans une région où l’on rappelle sans cesse les bons gestes à adopter en pleine sécheresse estivale, chaque sortie nocturne tourne à l’exercice de patience.
« C’est un yoyo émotionnel. Un soir je le vois sur l’écran, je pleure de joie, le lendemain je suis à nouveau impuissante », raconte Brigitte. Une chienne en chaleur est même évoquée sur les réseaux pour l’attirer, tandis qu’une médium animalière tente d’apporter du réconfort. Rien n’y fait : Rocky reste insaisissable.

La fléchette anesthésiante, ultime recours d’une vétérinaire spécialisée
À bout de forces, Brigitte contacte FauneVet, une vétérinaire bordelaise spécialisée dans le sauvetage d’animaux sauvages et fugueurs, un peu comme on traque parfois des phénomènes discrets qui échappent au grand public. C’est elle qui prend la décision finale : approcher Rocky à bonne distance et le flécher avec une dose anesthésiante.
Premier tir, dose insuffisante : le chien en profite pour s’éloigner encore, sous une chaleur qui, comme le rappellent ces prévisions de vague de chaleur, n’a laissé aucun répit cet été. La vétérinaire réitère. En quelques minutes, Rocky s’endort enfin, permettant sa récupération en toute sécurité grâce à Jeannot et sa chienne, qui l’avait repéré.
Cette fin heureuse doit beaucoup à la mobilisation du groupe Facebook local « Au Pays de Xarnegu et alentours » : des centaines de personnes ont relayé les avis de recherche, prêté du matériel, surveillé les champs. « Je ne remercierai jamais assez cette communauté et mon compagnon qui m’a épaulée tout au long de cette histoire », souffle Brigitte, épuisée mais soulagée.
Vingt-trois jours de traque, une fléchette et tout un village mobilisé : voilà ce qu’il aura fallu pour qu’un chien retrouve enfin son panier. Aujourd’hui, Rocky dort paisiblement à la maison. Et si son histoire prouve une chose, c’est qu’à Bardos, personne n’a jamais envisagé de baisser les bras.