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Malinois, Border Collie, Berger australien : la race n°1 au classement des chiens les plus intelligents n’est pas celle que vous croyez

Publié par Elsa Fanjul le 26 Juin 2026 à 10:00

Malinois, Border Collie, Berger australien… Tout le monde a son avis sur la race de chien la plus futée. Mais quand un neuropsychologue de l’université de la Colombie-Britannique a testé scientifiquement l’intelligence de plus de 130 races, le classement final a surpris même les éleveurs les plus chevronnés. Et la vraie bombe, c’est une race que personne n’attend dans le top 5.

Oubliez les intuitions et les vidéos TikTok : ici, on parle de données mesurées sur des milliers de chiens. Voici ce que la science dit vraiment — et pourquoi votre toutou est peut-être plus malin (ou moins) que vous ne le pensez.

Comment mesure-t-on l’intelligence d’un chien ?

Avant de parler classement, il faut comprendre la méthode. Le professeur Stanley Coren a publié ses travaux dans The Intelligence of Dogs, un ouvrage devenu la référence mondiale. Il a interrogé 199 juges de concours canins nord-américains et croisé leurs observations avec des tests cognitifs standardisés.

Chien Border Collie passant un test d'intelligence canine

Coren distingue trois formes d’intelligence canine. L’intelligence instinctive, liée à ce pour quoi la race a été sélectionnée : garder un troupeau, rapporter du gibier, pister un fuyard. L’intelligence adaptative, soit la capacité du chien à résoudre seul un problème nouveau.

Et enfin, l’intelligence de travail et d’obéissance : la vitesse à laquelle un chien apprend un nouvel ordre et le retient. C’est cette dernière qui sert de base au classement — et c’est là que les surprises commencent. Car certains comportements canins qu’on croit instinctifs révèlent en réalité une intelligence bien plus complexe.

Le critère qui change tout

Dans le protocole de Coren, un chien du « premier tier » comprend un nouvel ordre en moins de 5 répétitions. Et il obéit à la première commande dans 95 % des cas. Pour comparaison, un chien moyen a besoin de 25 à 40 répétitions.

Autrement dit, certaines races apprennent cinq à huit fois plus vite que la moyenne. C’est un écart considérable — l’équivalent, chez l’humain, de la différence entre mémoriser un numéro de téléphone du premier coup et avoir besoin d’une semaine.

Mais attention : intelligence d’obéissance ne veut pas dire soumission aveugle. Certaines races très intelligentes, comme le Husky sibérien, se classent mal parce qu’elles choisissent de ne pas obéir. On y reviendra. D’ailleurs, le langage corporel des chiens en dit souvent bien plus que leur obéissance apparente.

Le top 5 selon la science — et l’intrus que personne n’attend

Cinquième place : le Dobermann. Oui, ce chien souvent réduit à son image de « garde du corps » est en réalité l’un des plus rapides apprenants au monde. Développé en Allemagne à la fin du XIXe siècle par un percepteur d’impôts qui voulait un compagnon de protection, le Dobermann combine vitesse d’exécution, mémoire et capacité d’adaptation.

Caniche standard au bord d'un lac à l'aube

Quatrième place : le Golden Retriever. Surprise ? Pas tant que ça pour les connaisseurs. Derrière sa bouille adorable — celle-là même qui le rend irrésistible sur les réseaux — se cache un chien capable d’apprendre des séquences complexes de commandes.

Troisième place : le Berger allemand. La valeur sûre. Utilisé par les forces de l’ordre et les armées du monde entier, il excelle dans des tâches qui demandent initiative et discernement. D’ailleurs, si vous hésitez entre lui et le Malinois, la différence entre ces deux races est plus subtile qu’on ne le croit.

Deuxième place : le Caniche. Et c’est là que ça devient intéressant.

Le Caniche : la race que tout le monde sous-estime

Quand on dit « Caniche », la plupart des gens imaginent un petit chien frisé avec un nœud rose sur la tête. Une peluche de salon. C’est exactement l’inverse de la réalité scientifique.

Le Caniche — dans sa version standard, royale ou même miniature — devance le Berger allemand, le Dobermann, le Golden Retriever, le Malinois et le Berger australien. Selon les données de Coren, il comprend un nouvel ordre en moins de 5 essais et obéit au premier signal dans plus de 95 % des cas.

Historiquement, le Caniche n’est pas un chien de compagnie. C’est un chien de chasse aquatique, sélectionné pour rapporter le gibier dans l’eau glacée. Son nom vient de l’allemand Pudel, qui signifie « éclabousser ». La coupe ridicule qu’on lui inflige ? À l’origine, elle servait à protéger ses articulations du froid tout en allégeant le reste du corps pour nager.

Ce chien crée aussi des liens émotionnels très profonds avec son maître, ce qui renforce encore sa capacité d’apprentissage. Mais alors, qui le dépasse ?

Le numéro 1 : sans appel depuis 30 ans

Première place : le Border Collie. Et ce n’est même pas serré. Ce chien de berger originaire de la frontière anglo-écossaise domine tous les classements d’intelligence canine depuis la publication des travaux de Coren en 1994.

Un Border Collie nommé Chaser a appris le nom de 1 022 objets différents et pouvait les retrouver sur commande. Il faisait aussi de l’inférence par exclusion : face à un objet inconnu parmi des objets connus, il déduisait que le nouveau nom correspondait au nouvel objet. Un raisonnement qu’on ne pensait réservé qu’aux primates.

Border Collie concentré devant des jouets au sol

Le Border Collie apprend en moins de 5 répétitions, obéit dans 95 % des cas, et surtout, il anticipe. Beaucoup de propriétaires rapportent que leur Border comprend de nouvelles commandes avant même qu’on ait fini de les enseigner.

Mais cette intelligence a un revers. Sans stimulation mentale suffisante, le Border Collie développe des comportements obsessionnels : tourner en rond, fixer les ombres, mordiller compulsivement. Certains vétérinaires déconseillent d’ailleurs cette race aux familles qui ne peuvent pas lui offrir au minimum deux heures d’activité quotidienne.

Et le Malinois dans tout ça ?

Parlons-en, puisqu’il est dans le titre. Le Malinois belge ne figure pas dans le top 5 de Coren. Il se classe généralement entre la 22e et la 26e position selon les études. Pourtant, c’est lui que les unités d’élite militaires choisissent en priorité, devant le Berger allemand.

Pourquoi ? Parce que le Malinois compense un apprentissage légèrement plus lent par une réactivité physique hors norme, une endurance supérieure et un « drive » — une motivation au travail — que peu de races peuvent égaler. C’est un athlète cognitif, pas un intellectuel de salon.

Le Berger australien, lui, se situe autour de la 42e place. Excellent chien de travail, mais pas le génie qu’on imagine. Son regard intense, souvent interprété comme un signe d’intelligence, relève davantage de l’instinct de berger que de la compréhension abstraite.

Pourquoi votre chien « bête » est peut-être un génie incompris

Le classement de Coren ne mesure qu’un seul type d’intelligence. Le Lévrier afghan, dernier du classement avec la 138e place, est considéré comme le « moins intelligent ». En réalité, il a été sélectionné pendant des siècles pour chasser seul dans les montagnes, en prenant ses propres décisions. Il n’obéit pas parce qu’il n’en a pas besoin.

Le Beagle, lui, se classe autour de la 72e position en obéissance. Mais son nez contient 220 millions de récepteurs olfactifs — contre 5 millions chez l’humain. Cette race exceptionnelle excelle dans la détection de drogues, d’explosifs, et même de certains cancers. Une forme d’intelligence que le classement ne capture pas.

Même les animaux les plus intelligents du règne animal ne brillent pas dans tous les domaines. L’intelligence est toujours relative à un contexte. Votre chien qui vous lèche les pieds au lieu de rapporter la balle n’est pas idiot : il communique simplement autrement.

Le vrai enseignement de ce classement ? Le chien le plus intelligent n’est pas forcément le meilleur compagnon. C’est celui dont l’intelligence correspond à votre mode de vie. Et parfois, le chien le plus malin de la pièce, c’est celui qui a compris qu’en vous regardant avec la tête penchée, il obtient tout ce qu’il veut.

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