Beauval expose un squelette marin de 9 mètres vieux de 66 millions d’années… et le met en vente aux enchères

Un squelette de reptile marin géant, 9 mètres de long, un surnom qui claque — « Nessie » — et un destin inattendu : être vendu aux enchères dans un zoo. Jusqu’au 26 juin 2026, le ZooParc de Beauval expose un élasmosaure quasi complet, vieux de 66 millions d’années. Derrière le spectacle, une histoire de science, de mythe et une vente publique qui pourrait expédier ce fossile à l’autre bout du monde.
Un prédateur marin de 9 mètres ressuscité au cœur de Beauval
Précisons d’entrée : l’élasmosaure n’est pas un dinosaure. C’est un reptile marin, membre du groupe des plésiosaures, qui régnait sur les océans du Crétacé supérieur il y a 66 à 80 millions d’années. Son anatomie frappe immédiatement. Un cou démesuré, une petite tête, un corps massif à l’échelle d’un bus scolaire. Ce cou lui servait d’arme de chasse furtive : à la manière d’un héron, il fondait sur ses proies — poissons, céphalopodes, ammonites — hors de leur champ de vision, puis les happait en un éclair.
Le spécimen exposé à Saint-Aignan, dans le Loir-et-Cher, a été découvert en 2021 dans le bassin de Khouribga, au Maroc, une région de phosphates célèbre pour ses gisements fossilifères du Crétacé. Quasi intégralement conservé à l’état original, ce qui est rarissime pour un animal de cette taille et de cet âge. Installer un tel géant dans la réserve des hippopotames, au point n°92 du plan du parc, c’est un choix visuel puissant.
Mais pourquoi l’appeler Nessie ? La réponse tient en une coïncidence morphologique troublante.
Le monstre du Loch Ness a enfin un visage — et il mesure 9 mètres
Long cou, petite tête, corps massif, taille estimée à plus de 10 mètres : la description du monstre du Loch Ness ressemble trait pour trait à un plésiosaure. Dès le début du XXᵉ siècle, certains auteurs avançaient sérieusement l’hypothèse d’un survivant des mers mésozoïques, planqué dans les profondeurs d’un lac écossais. La célèbre photo de 1934 dite « du colonel Wilson », longtemps présentée comme preuve ultime, s’est révélée être un canular pur et simple.
Expéditions par sonar, caméras sous-marines, analyses ADN environnemental : rien n’a jamais confirmé l’existence de Nessie. Mais la légende persiste. Et Beauval joue dessus avec intelligence, en plaçant la créature la plus proche du mythe dans un cadre grand public. Petite anecdote savoureuse : lors de la première description officielle de l’élasmosaure en 1868, le paléontologue Cope avait placé le crâne… au bout de la queue. Son rival Marsh s’était empressé de corriger publiquement cette bourde mémorable.
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Reste la question que personne n’attendait : ce fossile exceptionnel va être vendu. Pour de vrai.

Vente aux enchères le 21 juin : un élasmosaure adjugé pour la Fête des Pères
La conservation des espèces est au cœur de l’événement. Le dimanche 21 juin 2026, jour de la Fête des Pères, le commissaire-priseur Aymeric Rouillac mettra le squelette sous le marteau, avec l’expertise du Dr Frédéric Lacombat. Un crâne de mosasaure sera aussi proposé. L’accès ? Dès 5 euros de don via HelloAsso, intégralement reversés à Beauval Nature pour la protection des espèces menacées. Aucun billet d’entrée au parc n’est requis si vous venez uniquement pour la vente.
Le message de Beauval est limpide. Mettre en miroir un géant englouti par la cinquième extinction de masse et les 35 000 animaux que le zoo protège aujourd’hui sur 46 hectares, c’est rappeler une vérité brutale : la disparition d’une espèce, c’est définitif. Après le 26 juin, le squelette changera de mains. Et peut-être même de continent.
Un reptile marin de 66 millions d’années, exposé à côté des hippopotames, bientôt adjugé au plus offrant : Beauval vient d’inventer le cabinet de curiosités grandeur nature. Si vous êtes dans le Loir-et-Cher avant fin juin, foncez — parce qu’après, Nessie aura peut-être pris la direction d’un salon privé à Dubaï. Et ça, ça serait vraiment dommage.