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Où vont les moustiques quand il fait froid ?

Publié par Elsa Fanjul le 05 Oct 2026 à 13:53
Moustique immobile sur un mur de cave en pierre

Les soirées fraîches reviennent, et avec elles un silence presque suspect : plus de bourdonnement près de l’oreille. Mais les moustiques n’ont pas fait leurs valises pour le sud.

Ils se cachent, parfois à quelques mètres de votre salon, sous une forme que vous ne soupçonnez pas. Et l’une d’elles se prépare dès septembre.

Ces femelles qui passent l’hiver en sommeil dans une cave près de chez vous

Chez le moustique commun, ce sont des femelles déjà fécondées qui tiennent bon. Elles cherchent un refuge : une cave, une grotte, un bâtiment abandonné.

Là, elles restent presque immobiles pendant plusieurs mois. Leur organisme tourne au ralenti et la production d’œufs s’arrête. Les scientifiques appellent cette pause la diapause.

Le plus malin, c’est la préparation. Elle démarre avant les premières gelées, sous l’effet des jours qui raccourcissent et des températures qui baissent.

Les femelles délaissent alors le sang. Elles se tournent vers les sucres, notamment le nectar, pour fabriquer des graisses. Ces réserves nourriront leur corps durant tout l’hiver, sans qu’elles bougent une aile.

Le choix de l’abri compte aussi : une température trop élevée fait dépenser l’énergie plus vite. Quant au rôle de l’humidité, les études ne s’accordent pas toutes. Le débat reste ouvert.

Si vous vous demandez ce qui attire vraiment ces insectes, le vrai du faux sur ce qui les attire remet quelques idées en place. Mais le plus troublant ne concerne pas les femelles de cave.

Chez le moustique tigre, c’est la mère qui programme l’hiver de ses œufs

Le moustique tigre (Aedes albopictus) joue une tout autre partition. Dans les régions tempérées, il passe principalement l’hiver sous forme d’œufs, pas d’adultes.

Tout se décide chez la mère. Quand les jours raccourcissent, elle pond des œufs dont l’éclosion sera bloquée par la diapause. La larve reste enfermée dans son œuf tout l’hiver.

Elle ne sortira qu’au retour de conditions favorables, pour poursuivre son développement dans l’eau. Autrement dit, le petit attend dans sa coquille que la météo lui donne le feu vert.

Reste à savoir quand cette mise en veille s’enclenche. Si vous pensiez qu’elle suivait la première vague de froid, la réponse risque de vous étonner. Elle rappelle d’ailleurs pourquoi les moustiques se réfugient chez vous après les orages : ils cherchent toujours l’abri avant que le temps ne tourne.

Pour le mesurer, des chercheurs ont mené une étude publiée en 2015. Pendant deux ans, ils ont récolté chaque semaine des œufs de moustiques tigres à Cagnes-sur-Mer.

Au laboratoire, ils les ont placés dans des conditions favorables à l’éclosion. Les œufs qui restaient vivants sans éclore étaient considérés comme étant en diapause.

Verdict : fin septembre, environ 95 % des œufs viables récoltés étaient déjà dans cet état. La pause s’installe donc bien avant la forte baisse des températures. C’est le raccourcissement des jours, pas le froid, qui sonne l’alerte.

Soucoupe, seau retourné et récupérateur d'eau sur une terrasse d'automne

Pourquoi un moustique bourdonne encore dans la maison en plein hiver

Vous l’avez peut-être déjà vécu : un moustique qui tourne dans la chambre en janvier. Cela dérange la belle histoire de l’hibernation, mais ça s’explique. Pour un point de départ plus concret sur les nuisances, le cri d’alarme d’une habitante du Val-de-Marne montre à quel point ces insectes peuvent gâcher le quotidien.

Tous les moustiques ne connaissent pas la même pause saisonnière. Certaines populations du moustique commun peuvent continuer à se nourrir et à se reproduire, à condition de trouver un lieu assez chaud.

Il leur faut aussi de l’eau, car leurs larves en ont besoin pour se développer. Chaleur plus eau : la recette suffit à faire tourner le cycle de vie, même en plein hiver.

Une étude publiée en 2025 en donne un exemple concret. Pendant deux hivers, des chercheurs ont exploré différents abris en Italie centrale.

Dans des établissements de santé chauffés, ils ont trouvé des moustiques adultes actifs. Ils ont même repéré des larves dans l’eau d’un sous-sol inondé.

Le constat est simple. À l’intérieur de certains bâtiments, les conditions permettent au cycle de se poursuivre malgré la saison.

Ailleurs, la relève attend le printemps, sous forme de femelles au repos ou d’œufs prêts à éclore. Le silence de l’automne marque donc une interruption d’activité, pas un départ. Les moustiques n’ont pas déserté les lieux : ils patientent.

Voilà la réponse complète : en cave, en œufs, ou parfois bien au chaud dans un bâtiment. Reste la question qui vous concerne vraiment : que faire dès maintenant ?

Ce que vous pouvez faire dès l’automne pour calmer le printemps

La bonne nouvelle, c’est que la riposte se joue maintenant, surtout contre le moustique tigre. Le principe est simple : priver les futures larves d’eau.

Concrètement, il s’agit de vider les soucoupes, de retourner les seaux et de ranger à l’abri de la pluie les récipients inutilisés. Ce sont ces petites réserves, souvent oubliées, qui servent de nurserie.

Les récupérateurs d’eau peuvent, eux, être couverts d’une moustiquaire bien ajustée. Vous gardez votre eau de pluie, mais les femelles ne peuvent plus y pondre.

Et côté terrasse, les vieux réflexes ont leurs adeptes. Certains jurent par le marc de café brûlé pour chasser les moustiques, un classique des soirées d’été.

Si vous préparez déjà le prochain jardin, les plantes anti-moustiques qui fonctionnent vraiment selon la science méritent un coup d’œil avant de remplir vos jardinières.

Un dernier point : ne pas s’inquiéter si un moustique vous visite en hiver. Cela ne veut pas dire que l’été revient. C’est simplement qu’un abri chauffé et un peu d’eau lui ont suffi.

Le moustique ne disparaît jamais vraiment : il se met en pause. Et vous, vous avez quelques semaines pour lui retirer ses nurseries avant son réveil.

Et si les moustiques n’étaient pas les seuls à défier le froid, ces insectes qui survivent une semaine sous l’eau vont vous laisser perplexe. Quant à savoir jusqu’où va l’instinct de survie, les 47 jours d’un chat enfermé dans un appartement racontent une tout autre histoire.

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