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Un couple achète sa maison de rêve à Los Angeles, des ours squattent leur piscine chaque semaine

Publié par Elsa Fanjul le 01 Sep 2026 à 11:18

Imaginez : vous achetez la maison de vos rêves près de Los Angeles, avec piscine et vue sur les montagnes. Sauf qu’un détail change tout le tableau. Plusieurs fois par semaine, de vrais ours viennent piquer une tête chez vous.

C’est exactement ce qui arrive à Brian Gordon et Ricardo Martinez, un couple installé à Monrovia, dans la banlieue de Los Angeles. Leur histoire, aussi drôle qu’inquiétante, cartonne désormais sur les réseaux sociaux.

Une découverte qui a d’abord fait peur

Quand Brian a acheté la maison il y a quatre ans, il ignorait totalement ce qui l’attendait. « Je n’avais d’ailleurs jamais vu d’ours en vrai », raconte-t-il à la BBC.

Sa première réaction a été logique : construire un mur haut, épais, surmonté de fil barbelé. Un chantier coûteux qu’il a finalement abandonné.

Plutôt que de fortifier sa maison comme un bunker, le couple a choisi une autre voie : apprendre à vivre avec ces visiteurs sauvages. Une décision qui allait transformer leur quotidien.

Le compte Instagram qui a tout changé

Brian a créé un compte dédié, @poolbearlife, où il partage les allées et venues de ses invités à quatre pattes. Les internautes y découvrent des ourses accompagnées de leurs oursons, en plein bain de piscine.

« Elles aiment venir ici, gratter les arbres, faire une sieste et sauter dans la piscine quand il fait chaud », explique-t-il. Tant que personne ne se met en danger, tout va bien selon lui.

Mais avant d’en arriver à cette cohabitation presque zen, il y a eu une période bien plus tendue. Et pas franchement glorieuse.

Cris, avertisseurs sonores et pistolet à paintball

À Monrovia vivent environ 1 600 ours. La maison du couple se trouve au pied des montagnes de San Gabriel, juste à côté de la forêt nationale d’Angeles, qui couvre 2 830 km².

Dès leur installation, Brian et Ricardo ont tenté de faire fuir les animaux à grands cris et coups d’avertisseurs sonores. Ils utilisaient même un pistolet de paintball chargé de billes en caoutchouc.

« C’était horrible », se souvient Ricardo. « Ça ne me semblait pas juste. » La situation ne s’arrangeant pas, le couple a fini par changer complètement de stratégie.

« Tant qu’ils ne s’introduisent pas chez nous et qu’ils ne fouillent pas dans nos poubelles, ça ne nous dérange pas qu’ils passent par là », expliquent-ils désormais. Une philosophie qui a payé, à condition de respecter certaines règles strictes.

Maddie, Nappy et Punky : les stars du compte

Leur visiteuse préférée s’appelle Maddie, une oursonne repérée en 2023 et qui adore nager. « C’est notre petit trésor », confie Ricardo. Après avoir perdu ses précédents petits, elle est revenue cette année avec une nouvelle portée.

Il y a aussi « Nappy », une grande maman ourse un peu grincheuse qui passe des heures à somnoler dans l’eau. Et « Punky », une ourse espiègle qui, ado, cassait tous les accessoires de piscine et dérivait tranquillement sur un cupcake gonflable.

Des scènes attendrissantes qui rappellent d’autres histoires insolites, comme cet homme évacué à cause des incendies qui avait retrouvé un ours réfugié chez lui à son retour. La Californie regorge décidément de rencontres inattendues avec la faune sauvage.

Ce que dit vraiment la science sur ces rencontres

Wilson Sherman, chercheur à l’Université de Californie, étudie ces interactions entre humains et ours noirs. Plus de 60 000 individus vivent dans l’État et s’approchent de plus en plus des zones habitées.

« Ce sont des omnivores très intelligents qui savent très bien s’adapter », explique-t-il. « Ils mangent de tout et ont appris à trouver de quoi se nourrir dans les zones habitées. »

Le problème, c’est que lorsque la situation dégénère, ce sont souvent les ours qui trinquent. Plusieurs ont déjà été abattus ces dernières années en Californie.

Le drame qui a marqué le couple

En mars 2026, une ourse a été tuée après s’être jetée sur une femme qui se promenait avec son chien à Monrovia. Brian et Ricardo connaissaient bien cet animal, surnommé « Blondie ».

Ils n’avaient jamais eu de problème avec elle et Brian a même lancé une pétition pour empêcher sa mort. En vain : des analyses ADN l’avaient aussi reliée à l’attaque d’un habitant en juin 2025.

« C’est le dernier recours lorsqu’un animal représente un danger pour la sécurité publique et ne peut pas être relâché en toute sécurité », précise un porte-parole du ministère californien de la Pêche et de la Faune.

La règle d’or pour éviter le pire

Pour limiter les conflits, Wilson Sherman insiste sur un point simple : rendre sa maison et ses poubelles totalement inaccessibles. Ne jamais laisser traîner de nourriture à l’extérieur, sous aucun prétexte.

« Pour un ours, trouver une boîte remplie de pizza, après avoir passé beaucoup de temps à chercher des vers et des carottes, ça change vraiment la donne », résume-t-il.

Brian confirme : le couple n’utilise même plus ses poubelles classiques. « J’apporte nos déchets à mon bureau plusieurs fois par semaine », explique-t-il, conscient que la moindre négligence pourrait tout faire basculer.

Attention à la « disneyfication »

Que pense le chercheur des vidéos publiées par le couple ? « Cela aide les gens à comprendre que les ours nous ressemblent », reconnaît-il. Mais il met aussi en garde contre une idéalisation dangereuse.

« Il y a toujours le risque de la disneyfication, d’une image trop idyllique de la réalité. Ce ne sont pas des ours en peluche, ce sont avant tout des animaux sauvages. »

Brian et Ricardo en sont parfaitement conscients. « Là où nous vivons, cela fonctionne. Nous restons à un endroit et les ours sont de leur côté », conclut Ricardo. « Mais nous ne voulons pas forcément qu’ils s’en aillent. »

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