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Un chasseur abat un sanglier de 165 kg à Locmalo, dans le Morbihan : en pleine saison des rencontres, voici les bons réflexes en forêt

Publié par Elsa Fanjul le 31 Oct 2026 à 19:03

165 kilos. C’est le poids du sanglier abattu à Locmalo, dans le Morbihan, un record pour la région. De quoi donner des frissons à ceux qui comptent marcher en forêt pendant les vacances de la Toussaint.

Alors, faut-il renoncer à sa balade ? Pas du tout. Mais mieux vaut connaître les bons gestes, car cette période de l’année est justement celle des rencontres.

Un mastodonte de 165 kg : ce que révèle le record de Locmalo

Le spécimen de Locmalo sort clairement de l’ordinaire. Un sanglier adulte pèse en général entre 60 et 100 kg, les gros mâles dépassent parfois les 120 kg. Là, on parle d’un animal hors norme, de la taille d’un petit poney.

Ce gabarit n’a rien d’une menace permanente pour les promeneurs. Il montre surtout que la population de sangliers se porte bien dans l’Ouest, avec des animaux qui vivent longtemps et mangent à leur faim.

Et justement, la nourriture est la clé de tout. Voilà pourquoi l’automne change la donne.

Énorme sanglier dans une forêt bretonne en automne

Pourquoi octobre et novembre sont la saison des mauvaises surprises

À l’automne, les sangliers se gavent. Glands, châtaignes, faines : la forêt est un buffet géant, et l’animal doit faire des réserves avant l’hiver. Il passe donc des heures à fouiller le sol, souvent à la tombée de la nuit ou au petit matin.

S’ajoutent les battues de chasse, qui dérangent les bêtes et les poussent à bouger. Un animal dérangé, qui change de zone, croise plus facilement un sentier de randonnée.

Autre facteur : les journées raccourcissent. Vous marchez parfois à l’heure où les sangliers sortent. Les rencontres en fin d’après-midi sont donc fréquentes en cette période.

Mais que faire, concrètement, quand le buisson se met à bouger devant vous ?

À pied : les gestes qui évitent le drame

Premier réflexe : ne pas courir. Un sanglier atteint 40 km/h, vous ne gagnerez jamais la course. Courir peut aussi déclencher son instinct de poursuite.

Restez calme, reculez doucement sans lui tourner le dos, et laissez-lui une voie de sortie. Dans l’immense majorité des cas, il préfère fuir plutôt qu’affronter un humain.

Parlez d’une voix posée, sans crier. Ne le fixez pas dans les yeux trop longtemps, ça peut passer pour un défi. Et surtout, n’essayez jamais de le nourrir, de le toucher ou de le photographier de près.

Le vrai danger, c’est la laie accompagnée de ses marcassins. Si vous apercevez de petits rayés, éloignez-vous tout de suite et contournez largement : une mère qui protège ses petits peut charger.

Avec un chien : le piège que beaucoup sous-estiment

Randonneur calme face à un sanglier en forêt

C’est là que ça se complique. Un chien qui flaire un sanglier a souvent envie de le poursuivre, et il peut l’amener droit sur vous en se faisant courser. Le plus sûr reste de le garder tenu en laisse en forêt, comme le rappelle d’ailleurs l’obligation de laisse en forêt qui s’applique au printemps.

Si le sanglier apparaît, rappelez votre chien calmement et attachez-le immédiatement. Ne tentez pas de vous interposer et ne lâchez pas la laisse : un chien qui s’enfuit vers l’animal met tout le monde en danger.

En cas de charge sur votre compagnon, ne vous jetez pas dans la mêlée. Les blessures causées par les défenses (les « broches ») sont profondes et rapides. Un passage chez le vétérinaire s’impose dès que possible.

Et au volant, le scénario est encore différent.

En voiture : le réflexe qui sauve (et celui qui tue)

La nuit tombe tôt, et les collisions avec la grande faune explosent à l’automne. Un animal de 165 kg lancé sur la route, ça se compte en carrosserie détruite, voire en vies.

Si un sanglier surgit, freinez fort mais restez dans votre voie. Les embardées pour l’éviter causent bien plus d’accidents graves que la collision elle-même. Gardez les deux mains sur le volant.

Dans les zones forestières, ralentissez, surtout au crépuscule. Un sanglier traverse rarement seul : quand un passe, d’autres suivent souvent. Attendez quelques secondes avant de redémarrer.

Après un choc, mettez vos feux de détresse, enfilez le gilet jaune, sortez par le côté sécurisé et prévenez les secours. Ne vous approchez pas de l’animal blessé : même touché, il peut être dangereux.

Sanglier traversant une route forestière devant une voiture

Faut-il vraiment avoir peur ? La réponse est plus rassurante qu’on le croit

Les attaques de sangliers contre des promeneurs restent rarissimes en France. L’animal est farouche et fuit presque toujours l’humain. Les incidents surviennent surtout quand il est acculé, blessé ou qu’il protège ses petits.

Il faut aussi composer avec les battues. Pendant la saison de chasse, renseignez-vous sur les jours de battue de votre secteur : les panneaux en mairie et à l’entrée des bois l’indiquent. Un gilet orange ou des couleurs vives restent une bonne idée. Le drame survenu en Lozère, où un promeneur a été tué lors d’une battue, rappelle que la visibilité compte autant que les gestes face à l’animal.

Alors bonne balade de Toussaint. Gardez les yeux ouverts, restez discret, et la forêt vous le rendra. Et si la faune sauvage vous passionne, jetez un œil à l’heure exacte où sortent les renards : de quoi transformer votre prochaine sortie en vraie séance d’observation.

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