Un promeneur de 65 ans tué en Lozère : le chasseur a vu « quelque chose bouger dans des fougères »

Un dimanche d’octobre, une balade en forêt, une battue aux sangliers qui se tient non loin. Ce 18 octobre, à Cassagnas, en Lozère, la promenade d’un homme de 65 ans s’est achevée de la pire des façons. Une phrase prononcée par le procureur de Mende résume le drame, et un chiffre de l’Office français de la biodiversité rend l’affaire encore plus rare.
Cassagnas, midi, une battue aux sangliers : ce que l’on sait du drame
Les faits se seraient déroulés ce dimanche 18 octobre, aux alentours de midi, dans la commune de Cassagnas, en Lozère. Un village d’une centaine d’habitants, où tout le monde ou presque se connaît.
Selon les informations d’Ici, relayées par Le Parisien, une battue aux sangliers était en cours. Un promeneur de 65 ans se trouvait dans le secteur. Un chasseur de 50 ans, habitant de la commune, a fait feu.
Les secours sont arrivés rapidement sur place : pompiers et gendarmes d’abord, puis un hélicoptère dépêché en urgence. Malgré cette mobilisation, la victime n’a pas pu être sauvée.
Ce genre de drame réveille toujours la même question, celle de la cohabitation entre chasseurs et promeneurs en forêt. Elle revient chaque automne, et les dates d’ouverture de la chasse, département par département, rappellent que la saison est longue.
Mais que s’est-il passé, précisément, dans les secondes qui ont précédé le tir ?
« Quelque chose bouger dans des fougères » : la version du procureur
C’est le procureur de la République de Mende, cité par le média local, qui a livré les premiers éléments. Selon lui, le chasseur aurait vu « quelque chose bouger dans des fougères et a tiré ».
Une phrase brève, presque banale, qui dit pourtant tout du risque. Un mouvement dans la végétation, une réaction immédiate, et un homme à terre.
Le tireur aurait donc confondu le promeneur avec un animal. À ce stade, il s’agit de la version rapportée par le parquet, et l’enquête doit encore établir les circonstances exactes de l’accident.
La victime, elle, aurait été gravement touchée. Elle aurait succombé à deux arrêts cardiaques successifs, alors même que les pompiers et les gendarmes étaient déjà sur place.
Dans ce type de situation, la question de la visibilité et de l’identification de la cible est centrale. Elle rejoint d’autres histoires où un chasseur a pris une femme pour un cerf.
Reste à savoir ce que va décider la justice, et ce que ce dimanche change pour les statistiques de la chasse.

Garde à vue et homicide involontaire : ce que prévoit la suite
Pour comprendre la portée de ce drame, il faut d’abord regarder ce qu’a recensé l’autre cas qui a fait réagir récemment : des élus de plus en plus inquiets.
Le chasseur de 50 ans a été placé en garde à vue pour homicide involontaire. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de l’accident.
La garde à vue n’est pas une condamnation. Le tireur reste présumé innocent tant que la justice ne s’est pas prononcée, et ce sont les investigations qui diront ce qui s’est réellement passé dans ces fougères.
Mais c’est le chiffre de l’Office français de la biodiversité qui donne à cette affaire sa dimension particulière. En juillet, l’OFB avait recensé 92 accidents de chasse pour la saison 2025-2026.
Parmi eux, quatre étaient mortels, et tous impliquaient uniquement des chasseurs. Autrement dit, aucun non-chasseur n’avait été tué dans un incident de ce type depuis quatre ans.
Le drame de Cassagnas met donc fin à une série. Et il intervient dans un contexte où les chiffres globaux, eux, vont plutôt dans le bon sens.
Une baisse de 49 % en 20 ans, mais un dimanche qui rouvre le débat
Selon le même rapport, le nombre d’accidents de chasse a baissé de 49 % en 20 ans. La tendance est donc nettement orientée à la baisse sur le long terme.
Cela n’enlève rien à la gravité de ce qui s’est produit en Lozère. Pour les proches d’un promeneur parti marcher un dimanche, les statistiques ne pèsent pas grand-chose.
Ce que l’enquête devra préciser, c’est le déroulé exact de la battue et les conditions du tir. Les gendarmes vont reconstituer la scène, et c’est le parquet de Mende qui conduira la suite de la procédure.
Ce type de drame nourrit aussi les inquiétudes des automobilistes et des riverains en période de chasse. Sur la route, le réflexe face à un sanglier selon les gendarmes fait partie des conseils d’automne à connaître.
Et les erreurs d’identification ne concernent pas que les humains : un cochon domestique a déjà été abattu par erreur par un chasseur.
Pour la commune de Cassagnas, il faudra surtout encaisser le choc. Dans un village d’une centaine d’habitants, le tireur et la victime appartiennent à un même paysage.
La suite dépendra des conclusions de l’enquête, que le procureur ne manquera pas de commenter.
Un homme est mort en se promenant, et un autre devra répondre de son tir : en Lozère, une simple fougère qui bouge a suffi à briser une série de quatre ans sans victime non-chasseur.
Et si la question de la sécurité en forêt vous trotte dans la tête, ce qui est arrivé à une jument dans la Nièvre montre que ce n’est pas un cas isolé.
Et pour changer complètement de décor, cet animal d’Afrique de 1,5 tonne plus meurtrier que le lion a de quoi surprendre.